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La révolution tranquille passe par le mélange des races

Ils font table rase des modes de conduite anciens du cheptel laitier, croisent les races et basculent en bio.

« Le croisement fait partie des solutions aujourd’hui mises en œuvre dans les élevages en recherche de valorisation », analyse Michel Lestable (à gauche), aux côtés de Jean-Lou Taunay.
« Le croisement fait partie des solutions aujourd’hui mises en œuvre dans les élevages en recherche de valorisation », analyse Michel Lestable (à gauche), aux côtés de Jean-Lou Taunay.
© B.A.

«Nous n’en sommes qu’au début », dit en préambule Jean-Lou Taunay, éleveur à Saint-Loup (17). Sous le soleil d’octobre, les Normandes et les Prim’holstein du Gaec La Voie Lactée profitent des vertes pâtures de l’exploitation convertie au mode biologique. Voici deux ans que cette « révolution » a été initiée par l’éleveur. Après deux décennies d’élevage laitier, il a réformé sa manière de penser. Il a nettement réduit la production de cultures de vente sur les 140 ha que compte sa ferme. Après avoir réimplanté des prairies, il a diminué la part du maïs dans l’alimentation au profit de l’herbe. Enfin, pour recréer des équilibres, il s’est engagé dans le croisement des races normande et prim’holstein présentes sur l’exploitation. « Nous livrons à Biolait, sous le logo AB, depuis janvier », précise l’agricutleur.
Dans quelques jours, le Gaec La Voie Lactée va sortir le premier EBE de l’exploitation convertie. « Il n’y a pas photo ! Par la réduction des charges de production et l’amélioration du produit, l’EBE sera deux fois plus qu’avec le système conventionnel intensif précédent ». La différence de prix (140 /1 000 litres de moyenne) entre lait bio et lait conventionnel se retrouve évidemment dans les résultats. Selon Michel Lestable, technicien de la race normande, « il faut aujourd’hui se concentrer sur la matière utile : TB et TP. La quantité n’est pas suffisante pour rémunérer la production. En faisant ce choix, certains producteurs biologiques peuvent atteindre 200  de plus-value. »
Le croisement de races mis en œuvre sur cette exploitation va dans ce sens. Il permet d’améliorer la fertilité et des taux sans dégrader la productivité. « En allant chercher la qualité, on est moins dépendant des prix du lait. Les taux apportent une valorisation supplémentaire, tout comme le produit viande dopé par des vaches de réforme à la conformation recherchée. Avec cette stratégie, on recrée des équilibres », juge Jean-Lou Taunay avant de préciser, « en conventionnel, le croisement est également un moyen de ramener de la valeur ajoutée. »

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