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Poitou-Tabac
La qualité du tabac français séduit de nouveaux marchés

La coopérative connaissait ce mardi 7 janvier sa dernière assemblée générale. Au cours de l’année, afin de s’engager avec ambition dans l’avenir, elle fusionnera avec Nord et Loire Tabac ainsi qu’avec Alsatabac.

De gauche à droite : Guillaume Lefebvre, président de Nord et Loire Tabac ; Rémy Losser, président d’Alsatabac ainsi que de France Tabac et Philippe Suire, président de Poitou-Tabac.
De gauche à droite : Guillaume Lefebvre, président de Nord et Loire Tabac ; Rémy Losser, président d’Alsatabac ainsi que de France Tabac et Philippe Suire, président de Poitou-Tabac.
© C. P.

«Le job a été fait. La coopérative est sauvée », annonçait le président Philippe Suire, en préambule de l’assemblée générale de Poitou-Tabac.
Mardi 7 janvier, à l’espace régional aux Ruralies, il n’était pas question d’en rester là. Face à une assemblée générale nombreuse, l’élu professionnel a présenté les projets ambitieux nés du travail conduit ces trois dernières années. « Nous ne sommes pas sortis indemnes de la dernière réforme de la politique agricole commune », soulignait-il. Effectivement, en trois ans, le nombre de producteurs adhérents de la coopérative (60 en 2013) a été divisé par deux quand la surface cultivée, sur la même période, s’est réduite de 40% (598 ha en 2013, dont 550 en Virginie et 48,5 en Burley). « Nombreux étaient les pessimistes », s’est remémoré Philippe Suire. Les quelques irréductibles se sont pris en main. « La réputation à l’échelle mondiale de notre production est à la hauteur de ce qu’est la région du Cognac à la viticulture. Nous avons travaillé les débouchés en fonction de la qualité de notre produit. Aujourd’hui les résultats sont là », s’est-il réjoui.
Quand en 2004 les produits d’une exploitation tabacole se composaient à 75% des aides européennes et à 25 % de la vente du tabac, dix ans plus tard, à force de travail, les proportions se sont inversées.
Les producteurs de Poitou-Tabac, via l’usine située à Sarlat, se sont engagés dans un marché cadré par un cahier des charges exigeant.
« Aux Etats-Unis, Santafé, entreprise du groupe Reynolds, recherche un tabac sans dithiocarbamate ni hydraside maléique et avec un taux d’alcaloïdes (nicotine) faible », a précisé Guillaume Lefebvre, président de la coopérative Nord et Loire Tabac également engagé sur ce débouché valorisant. Les contraintes techniques pour honorer cette demande sont réelles. Mais le jeu en vaut la chandelle. Ce marché rémunère de 3,10 à 3,20 euros le kilo de tabac Virginie, prix auquel s’ajoute une prime de 20 centimes à 1 euro du kilo.
« Aujourd’hui la moitié de la production de Poitou-Tabac est orientée vers ce marché qui en 2013 a été valorisant. Si l’humidité et les caprices du temps n’ont pas joué en notre faveur pour la quantité, nous avons sur le plan de la qualité une année très intéressante. Le taux de nicotine très bas satisfait notre client », a précisé Philippe Suire.

De gros efforts pour rebondir
Ces opportunités travaillées redonnent espoir aux producteurs qui ont cru en l’avenir de leur filière. Toutefois, de grosses inquiétudes planent encore sur l’avenir des soutiens européens. « Nous allons être victimes d’une double peine, jugeait Rémy Losser, président de France Tabac. La convergence des aides va nous priver d’une partie des DPU dont nous étions bénéficiaires. Le second coup vient des règles inhérentes aux aides couplées. L’Union européenne a sorti  le tabac de la liste des productions éligibles. » Et de préciser que depuis quatre ans la filière a fait de gros efforts pour rebondir. Restructurations, nouveaux marchés, mécanisation pour rationaliser la production… « En nous retirant via l’article 38 ces soutiens publics, on détruit nos derniers espoirs. » Résolument optimistes, malgré ce risque auquel ils espèrent échapper, les tabaculteurs vont poursuivre leurs efforts de restructuration. « Cette assemblée générale est la dernière de Poitou-Tabac, annonçait Philippe Suire. Pour maintenir la dynamique amorcée ces dernières années, les trois coopératives du nord de la France préparent leur fusion. Prochainement Poitou-Tabac, Nord et Loire Tabac ainsi qu’Alsatabac ne devraient faire qu’une. Une entité forte de 2200 hectares cultivés avec efficacité.

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