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Elevage et environnement
La production de méthane fait concurrence à la production de lait

Les fabricants d’aliments du bétail cherchent les bons équilibres pour que les rations créent les conditions optimales à la maîtrise de la production de méthane.

© N.C.

Les vaches pètent disent certains. Ce qui ne serait pas sans poser de problèmes à la planète ? Interrogés sur la problématique méthane, aujourd’hui couramment évoquée – honnêtement ou un peu moins, par les défenseurs du climat ou les détracteurs de l’agriculture -, les fabricants d’aliments du bétail rectifient. « Elles ne pètent pas, elles rotent. Ces rots sont effectivement chargés en méthane ». Cette précision à laquelle les Ets Arrivé Bellanné, Pasquier Vgt’al, et la coopérative Alicoop tiennent, peut paraître sans importance. Mais, si l’objectif de ce débat est bien la lutte contre le réchauffement climatique, ont-ils tous souligné, « il est essentiel de savoir de quoi l’on parle ».

Efficacité énergétique

Ces trois entreprises, présentes à l’open show génisses, à Lezay, les 9 et 10 juin, travaillent aux côtes des éleveurs à la maîtrise de ces émanations. Notre porte d’entrée, confient-ils tous, est économique. « Le méthane est un déchet de détoxification du rumen. Alors que le microbiote s’attaque aux fibres pour les digérer, il produit de l’hydrogène. Pour que la vache survive, cet élément chimique doit être évacué. Des microorganismes, consommateurs d’énergie, s’en chargent », décrit Séverine Brunet, responsable du pôle nutrition santé chez Alicoop. Un procédé naturel extraordinaire qui, dans le cadre d’une activité de production, est jugé comme contre-productif. « L’énergie ici consommée n’est pas mobilisée à la production du lait ou de la viande, priorité des éleveurs », résume Jean-Noël Merceron responsable ruminant chez Arrivé-Bellanné.

Maitriser la production de méthane

Valorex, groupe spécialisé dans la nutrition animale a développé, via une analyse fine du lait, un modèle de prédiction des émanations de méthane à partir d’une ration. « Cet outil nous permet d’ajuster la ration afin qu’un minium d’énergie soit transformée en méthane », explique Olivier Thibault en charge du secteur ruminant chez Pasquier Vgt’al.

Chaque entreprise, via ses outils de rationnement, équilibre ses rations. « Nous partons des objectifs de production de l’exploitant et de l’analyse du système fourrager de l’exploitation. A partir de-là, nous allons chercher les bons équilibres », détaille Séverine Brunet. Le rapport fourrage concentrés ajusté, en fonction de la volonté de l’exploitant, la coopérative cherche à améliorer l’efficacité de la ration avec des levures ou graines de lin extrudées. « Ces produits influencent à la baisse le caractère méthanogène de la ration ». Les huiles essentielles, en influençant la composition du microbiote, renforcent cette tendance.

Le principe d’approche est le même chez Pasquier Vgt’al et Arrivé-Bellanné. En revanche, les entreprises se démarquent par le choix des matières premières, additifs ou huiles essentielles incorporées dans la ration pour atteindre les bons équilibres. Chez Pasquier Vgt’al, on mise particulièrement sur la taostage des graines de lin. « Outre l’apport des profils d’acides gras, au pouvoir reconnu sur la production de méthane, cette option permet de développer l’autonomie alimentaire », expose Olivier Thibault. Chez Arrivé-Bellanné, l’incorporation de sainfoin déshydraté s’ajoute aux autres pistes pour maîtriser le phénomène. Elodie Barbier, responsable scientifique chez leur partenaire MG2MIX, firme de conseil en nutrition animale précise :  « Le tanin contenu dans la plante influence positivement la composition du microbiote et crée une symbiose des populations favorable à la maîtrise les rejets ».

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