Henri Bies-Péré - Président du Groupe Réussir
« La presse locale doit être LE titre de confiance qui véhicule les infos utiles pour les agriculteurs »
Henri Bies-Péré, président de Réussir depuis 12 ans, s'apprête à passer la main. Alors que le groupe de presse est en séminaire les 28 et 29 mai à La Rochelle, il revient sur le rôle de la presse spécialisée au sein du monde agricole.
Henri Bies-Péré, président de Réussir depuis 12 ans, s'apprête à passer la main. Alors que le groupe de presse est en séminaire les 28 et 29 mai à La Rochelle, il revient sur le rôle de la presse spécialisée au sein du monde agricole.
Pouvez-vous rappeler ce qu'est le groupe Réussir ?
Le groupe Réussir est l'enfant né d'une aventure collective décidée par les journaux de la Presse agricole départementale, il y a maintenant 40 ans. L'idée de mettre en commun des moyens financiers pour éditer une douzaine de magazines thématiques mensuels qui viennent apporter une information technique, économique et politique sur les filières agricoles. C'est aussi une régie commerciale nationale qui agit en synergie avec les régies locales. C'est une offre de contenu rédactionnel hebdomadaire mis à la disposition des rédacteurs en chef locaux pour construire leurs journaux. C'est enfin une activité d'« agence de presse » par l'intermédiaire de la société Agra, qui émet entre autres, de l'info en continu via Agra Live et des analyses complètes via Agra Hebdo.
Quels sont les atouts de la presse agricole départementale et du groupe Réussir ?
Un titre de presse agricole départementale est un atout important pour apporter une information de proximité qu'aucun autre titre de presse ne peut apporter. Dans ce monde qui va très vite et face aux réseaux sociaux sur lesquels il est difficile de faire la part entre les vraies infos et les fake news, la presse locale doit être LE titre de confiance qui véhicule les infos utiles pour les agriculteurs. N'oublions pas que nos titres sont lus aussi par les décideurs politiques et économiques, c'est donc un relai de nos préoccupations auprès de ces acteurs. Le groupe Réussir vient en complément sur les filières avec le même professionnalisme dans la retranscription de l'information scientifique te technique.
Depuis 12 ans, vous êtes le président du groupe Réussir. Quelles ont été vos motivations pour accepter ce poste ?
Dans mes engagements professionnels, j'ai toujours aimé les défis, les sujets qui permettent de continuer la construction d'outils initiée par nos prédécesseurs. Nous étions en 2014 au début de l'apparition du numérique, de la montée en puissance des réseaux sociaux, des attentes plus exigeantes de nos abonnés dans le contenu de nos revues. Avec l'arrivée d'un nouveau directeur, cela me semblait un challenge intéressant et l'occasion de relancer une dynamique dans tout le réseau PAD pour accompagner les mutations en cours. J'ai toujours été attentif à ce que Réussir soit au service des titres de la PAD et a ce que l'information véhiculée soit le reflet des évolutions de l'agriculture pour être au service des agriculteurs.
Vous passez la main lors du séminaire du groupe Réussir, à La Rochelle, les 28 et 29 mai. Pourquoi arrêtez-vous ?
J'ai eu l'honneur de présider ce groupe pendant douze ans, c'est déjà un bail pour un engagement. Il est sain dans toutes les organisations de ne pas rester trop longtemps dans une responsabilité. De nouveaux défis sont devant nous, j'animais une équipe au sein du conseil d'administration dans laquelle se trouvent des responsables actifs et engagés. Il est donc naturel qu'ils prennent le relai dans les organes de gouvernance. Par ailleurs je suis maintenant retraité de l'agriculture, j'ai transmis ma ferme à mon fils, il aussi naturel que je transmette mes fonctions professionnelles.
Quels sont vos meilleurs souvenirs et avez-vous des regrets ?
Comme souvent dans nos organisations, les meilleurs moments se vivent dans nos moments de partage que sont nos séminaires annuels. Mêlant a chaque fois des moments de réflexion, de prospective, de décisions stratégiques et des moments de convivialité qui cimentent la vie de réseau.
Je n'ai pas de regrets, nous savons dès le départ que nous ne sommes que de passage et que, forcément nous laisserons des chantiers en cours. Il ne faut donc pas avoir de regrets et avoir confiance en ceux qui conduiront ces chantiers à leur terme. C'est le cas pour moi.
Comment voyez-vous l'avenir de la presse agricole ?
La presse agricole départementale doit se réveiller très rapidement, elle a pris du retard dans sa transformation. Dans ce monde qui bouge vite, dans un secteur économique qui vit une vraie révolution (démographique, sociologique, numérique, climatique...) il est important que la presse agricole se prépare à accompagner des attentes différentes des « consommateurs d'information ». Si nous ne savons pas y répondre, d'autres le feront. Le groupe Réussir est dans le bon tempo et prêt à accompagner la PAD, à elle de savoir si elle veut monter dans le train, et donc faire les investissements nécessaires pour cela.