À la Confédération Paysanne, les paysannes montrent la voie
En assemblée générale le 21 février, la Confédération Paysanne est revenue sur son histoire. Elle offre aujourd'hui un visage très féminin.
En assemblée générale, la Confédération Paysanne de Charente a remonté le cours de son histoire. La naissance du syndicat a été évoquée au travers des témoignages du militant engagé André Puygrenier et d'Hélène Manguy (une des premières coexploitantes dès 1986 avant l'existence du statut), veuve d'Yves Manguy, premier porte-parole national de la Confédération paysanne. "C'est important de connaître cette histoire ; de savoir d'où l'on vient pour savoir où on va", rappelle Marina Lonardi, porte-parole de la Conf', du haut de ses 34 ans.
Sur le plan syndical, l'année écoulée a été marquée par plusieurs mobilisations. En premier lieu, les élections à la Chambre d'agriculture. "Nous avons maintenu notre représentativité avec la présence d'Agnès Fortin-Rousteau", rappelle Marina Lonardi, porte-parole de la Conf. "Malheureusement, on a peu collaboré avec la Chambre. On s'attendait à une autre dynamique et à travailler plus facilement avec la CR que la FNSEA." La Confédération Paysanne a été présente lors des manifestations contre la loi Duplomb et de "ras-le-bol des paysans", que ce soit contre le Mercosur ou contre l'abattage total en cas de présence de la DNC dans un troupeau.
En parallèle, la Confédération paysanne a participé à différentes instances agricoles. "Nous essayons de faire un retour. Il nous semble important d'être présents et actifs même avec une seule voix. Notre point de vue peut faire pencher la balance. Par exemple : en intervenant sur des agrandissements déguisés ou sur des dossiers qui demandent des informations complémentaires", reprend l'agricultrice.
La Confédération paysanne poursuit son groupe "femmes", lancé en 2024. "Nous faisons 3 ou 4 rencontres annuelles en non-mixité choisie pour parler de nos problèmes, qui peuvent être techniques ou humains", explique Marina Lonardi. "Il y a eu par exemple une formation coorganisée par la MSA sur le maniement de la tronçonneuse, pour gagner en confiance."
Cette dynamique autour de la place des femmes en agriculture porte ses fruits. La majorité du comité directeur du syndicat est féminin. "Nous avons de plus en plus de femmes syndiquées. On se retrouve, à l'inverse des autres syndicats, à chercher des hommes !", plaisante à moitié l'agricultrice.