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Chasse
« La chasse n’a pas besoin d’être défendue mais expliquée »

Le coup d’envoi de la chasse a été donné dimanche dernier. Plus que jamais, l’intérêt de la pratique pour la société doit être expliquée au plus grand nombre.
 

Les conditions de sécheresse et le passage de l’influenza aviaire ont décalé les prises de permis de quelques chasseurs, qui attendent un retour plus important du gibier.
© DR

À peine l’ouverture de la chasse a-t-elle été déclarée dimanche dernier que la fédération des chasseurs des Deux-Sèvres (FDC 79) ouvre ses portes au grand public, le temps d’une journée du patrimoine, le samedi 17 septembre. Cette volonté de communiquer sur « le sens de la chasse, son utilité pour la société », au-delà de l’activité de loisir, fait partie de l’axe fort de la politique du nouveau président Guy Talineau, qui se place là dans la continuité de son prédécesseur, Guy Guédon. S’appuyant sur un sondage faisant état de 57 % d’indécis en ce qui concerne la pratique, l’ancien trésorier de 66 ans (voir encadré ci-dessous) veut séduire ces populations. « La communication a été trop peu mise en valeur par les chasseurs. Aujourd’hui, les gens ne connaissent pas toutes les actions que nous réalisons ». Alors la fédération enchaîne les animations : la nuit du lièvre, le baguage des bécasses, la présence au sein de fêtes ayant trait à la nature, la signature de convention avec les associations de randonnées pédestres, le renouvellement des Eko’randos…

 

La communication a été trop peu mise en valeur par les chasseurs. Aujourd’hui, les gens ne connaissent pas toutes les actions que nous réalisons.

Dans le même temps, la FDC 79 veut être leader en matière d’éducation à la nature et elle se donne les moyens. Cela fait désormais quatorze ans qu’un employé à plein temps est dédié à ça. Environ 150 animations scolaires sont prévues chaque année, ce qui représente 4000-4500 élèves de la grande section à la sixième, auxquelles s’ajoutent des interventions plus techniques dans les lycées agricoles. « Cette politique a été initiée par Guy Guédon, qui l’a ensuite transmise au niveau national », rappelle son successeur depuis le mois d’avril.
Enfin, le dernier pilier de ce nouveau mandat est la reconquête de la biodiversité : mise en place de bandes enherbées, haies, chaumes de céréales sont prévus et le dialogue avec les agriculteurs reste fort. Sur le département, 1 600 ha ont fait l’objet d’une aide financière des chasseurs pour maintenir la biodiversité. Des actions qui sont favorisées par la mise en place du budget éco-contribution en 2019. « Nous avons plus de moyens pour réaliser des actions concrètes sur le territoire qu’il y a dix ans », se satisfait Guy Talineau.

Des chasseurs en attente

À la difficulté de séduire le grand public se rajoute cette année celle de séduire les chasseurs, dont certains sont dans l’attente de meilleures conditions de chasse. « Cela aura probablement une incidence sur le renouvellement des adhérents mais nous sommes tout de même optimistes, assure le président de la FDC 79. Les pluies vont faire reverdir la végétation ».
L’objectif est de rester proches du nombre d’adhérents de 2021 (10 060), porté par des inscriptions au permis de chasser en hausse (277 personnes).
En ce qui concerne les espèces chassables, les effectifs de sangliers ne cessent d’augmenter (+6 % fin août après +10 % l’année dernière), portant le nombre de prélèvements à 3 290. Un record. Face à cette présence, la préfecture a accordé une rallonge de deux mois (1er juin à la place du 1er août) pour réduire leur pression, alors que les dégâts qu’ils causent devraient doubler en 2022-2023 (estimation de 210 000 €, surtout du fait de la hausse des prix des denrées).

Les populations de lièvres se portent plutôt bien au vu des observations faites au printemps mais avec un pic de naissances entre mai et août, la sécheresse pourrait avoir un impact sur la reproduction. Quant aux pigeons ramiers, ils ne cessent de croître mais les récoltes précoces auront sûrement une incidence sur les prélèvements.
Enfin, il est à noter que deux nouvelles zones de gestion du petit gibier ont été mises en place : un groupement de gestion cynégétique en faveur de la perdrix grise sur le secteur de Val-du-Mignon et un groupement d’intérêt agro-sylvo-cynégétique en faveur du faisan commun dans le secteur de Clussais-la-Pommeraie.
 

Portrait de Guy Talineau : Cinquante ans dans le milieu de la chasse

À 66 ans, le nouveau président de la fédération des chasseurs 79 a déjà cinquante ans de chasse derrière lui et quarante comme administratif. Son mandat de président de l’ACCA de Saint-Rémy pendant vingt ans lui a permis de travailler sur le thème de la biodiversité. « Nous avons refait un terrain de 2,25 ha cynégétiquement parlant, sans toucher aux réserves financières, au prix des cartes et au nombre de lâchers », relate-t-il, en parallèle d’actions de création de mares, haies et autres accompagnements des agriculteurs. Sa deuxième casquette de président d’une chasse privée à Clessé pendant dix-huit ans l’a quant à elle mis dans les conditions d’une adaptation en profondeur. « Nous sommes passés d’une chasse de petit gibier à gros gibier, du fait de deux maladies. Nous avons dû changer de méthode et d’organisation. Ça a été une vraie gestion en fonction de la nature ».
Celui qui voit la chasse comme un moment de plaisir à partager avec une communauté d’amis est président de la FDC 79 mais aussi d’administrateur de la fédération Nouvelle-Aquitaine et co-gérant du trimestriel « Chassez en Nouvelle-Aquitaine ».

 

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