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Lieu
La Cabane de Moins, la richesse d'un patrimoine naturel

Bientôt 36 ans que le site de la Cabane de Moins a été créé et 25 ans que des données sur de nombreuses espèces sont collectées avec un penchant marqué pour l'avifaune.

Une convention est sur le point d'être signée entre la FDC17 et le Centre d'études biologiques de Chizé pour assurer le suivi de la vipère aspic, une espèce protégée.
Une convention est sur le point d'être signée entre la FDC17 et le Centre d'études biologiques de Chizé pour assurer le suivi de la vipère aspic, une espèce protégée.
© FDC 17

Dire si certaines espèces sont en augmentation ou en déclin nous paraît impossible tant les 150 hectares constitués majoritairement de prairies humides représentent de façon imagée " une goutte d'eau dans la mer ".

Cependant, depuis 2015, des protocoles de suivis standardisés sur les comptages d'oiseaux hivernants ainsi que sur le suivi de la nidification ont été mis en place et nous renseignent de façon plus " scientifique " sur les tendances. Par exemple, la sarcelle d'hiver semble être une des espèces qui affectionne le plus les lieux. Il est vrai que l'étude menée depuis trois ans, et financée dans le cadre de l'Eco contribution (1/3 FNC et 2/3 OFB) sur sa stratégie d'hivernage, a contribué à une gestion du site adaptée pour son accueil. À l'inverse, les effectifs de bécassines des marais ont tendance à diminuer. Le bonheur des uns fait le malheur des autres me diriez-vous. Nous pensons plutôt que cette disparité est liée à un élément clé : la gestion des milieux.

L'objectif principal est de préserver la richesse de notre patrimoine naturel tout en agissant avec pragmatisme, bon sens et en respectant les choses simples très souvent fondamentales.

Le rôle de l'eau...

La gestion de la Cabane de Moins passe par un élément essentiel : l'eau. Une zone humide doit jouer le rôle d'une zone tampon lors de fortes précipitations et restituer cette eau lors de périodes plus chaudes, notamment l'été. Ici, nous gardons l'eau ! Et même le plus longtemps possible ! 

De novembre à avril, les mares, fossés débordent, les prairies sont inondées. 

Il en découle à la fin de l'automne des hivernages d'oiseaux migrateurs parfois forts intéressants. Mais que dire du printemps ! Le coassement assourdissant des batraciens, la fraie bruyante des carpes et ces éclosions d'insectes aquatiques exceptionnelles provoquant le survol incessant d'hirondelles et martinets venus chercher leur pitance. Certes les moustiques ne sont pas en reste, mais n'oublions pas que cette satanée bestiole constitue la base de la chaîne alimentaire pour de nombreuses espèces.

En période estivale, certains bassins peuvent être partiellement vidés grâce à des aménagements spécifiques. Cette eau permettra de maintenir un niveau constant sur des zones indispensables pour certaines espèces du moment comme les limicoles.

Côté prairies, nous vivons au rythme des saisons. Leur fauche a lieu tardivement très souvent après le 20 juillet, puis pâturées par des bovins, jusqu'en octobre. Nous avons la chance de travailler avec un éleveur compréhensif et souple, avec lequel nous avons établi un cahier des charges mais surtout un climat de confiance depuis près de 30 ans.

Depuis 3 ans nous nous efforçons de conserver un ourlet végétal d'au moins un mètre sur tout le périmètre de chaque parcelle lors de la récolte du foin. Cette action permet d'observer le développement d'une multitude d'insectes et de conserver une population de reptiles encore convenable. La vipère aspic, espèce protégée, mais menacée au niveau national et régional retrouve ici des conditions de vie normales. Par ailleurs, une convention est sur le point d'être signée entre la FDC17 et le Centre d'Études Biologiques de Chizé pour assurer son suivi. Quant à ce petit ourlet, s'il n'a pas été consommé par les bovins, il sera gentiment broyé fin octobre afin de maintenir l'ouverture du milieu.

... et des haies

Les bosquets, haies buissonnantes, hautes haies, de plus bordés d'un talus et d'un fossé sont notre péché mignon. Ici les haies s'expriment et ne sont pas taillées de façon rectiligne. La ramure des arbres est contrôlée, le port de chacun d'eux respecté. Le lamier est utilisé à bon escient. N'oublions pas que les " vraies haies " sont le berceau de la majorité des espèces d'oiseaux, mais pas seulement... Vous l'aurez bien compris, notre objectif majeur est de maintenir en état tous ces habitats avec si possible la création d'une interconnexion entre eux.

Sans oublier la roselière. Le site bénéficie d'une roselière d'un hectare pas facile à gérer. Son principal problème reste " le stockage " des sangliers en période de chasse. Alors, nous avons mis les moyens. Depuis 4 ans, elle est fauchée par l'INRAE de St Laurent de la Prée qui utilise ensuite les roseaux comme litière pour son troupeau de bovins. Le problème de la " bête noire " est ainsi partiellement résolu au détriment malheureusement des espèces qui y sont inféodées.

Dans le cadre de tous ses suivis, la FDC17 a su bénéficier d'aides financières extérieures, comme la Région Nouvelle-Aquitaine, le Département de la Charente-Maritime. Il y a 2 ans, un état des lieux a été réalisé. Il a permis de mettre en évidence la richesse de cet espace géré par les chasseurs avec pas moins de 18 habitats, 230 espèces d'oiseaux, 6 espèces de reptiles, 36 espèces de mammifères dont 21 espèces de chauves-souris sans compter les insectes et batraciens...

Certains penseront que ces pratiques de gestion sont d'un autre temps, qu'elles ne sont plus d'actualité. Probablement... mais ne sommes-nous pas les principaux responsables de tout cet appauvrissement environnemental dont on nous bassine à longueur de journée ? Nous pensons que toutes ces petites actions mêmes aussi petites soient-elles méritent d'être transposées à bien d'autres sites, et nous sommes sûrs qu'elles porteraient leurs fruits rapidement. Même si des points noirs majeurs subsistent comme la disparition des éleveurs en zone de marais, l'apparition et surtout l'absence de contrôle d'espèces exotiques envahissantes (animales et végétales), tant qu'il y a de la vie, il y a de l'espoir. Le monde de la chasse, par la valorisation de certaines réserves ACCA, a inéluctablement une carte à jouer. Des financements peuvent être trouvés pour développer des études et montrer l'importance de notre travail. Sortons un peu des espèces chassables et ouvrons nos esprits sur la diversité. Le virage lié à la biodiversité est déjà entamé. Sachons le négocier avec brio et fierté, nous chasseurs !

Comme le dit Alain Souchon,

On avance, on avance, on avance

C'est une évidence on a pas assez d'essence

Pour faire la route dans l'autre sens

On avance

On avance, on avance, on avance

Tu vois pas tout ce qu'on dépense. On avance

Faut pas qu'on réfléchisse ni qu'on pense

Il faut qu'on avance.

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