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Intempéries : Accompagner, aider et écouter les sinistrés

La grêle a frappé les deux Charentes, samedi dernier, dans l'après-midi. Les vignes ont été fortement touchées, tout comme les céréales.

Entre deux visites d'exploitations, arrêt devant un champ de colza.
Entre deux visites d'exploitations, arrêt devant un champ de colza.
© AC

Abattus mais pas vaincus, car «la passion du métier est là». Voilà en substance ce que l'on pouvait comprendre chez les agriculteurs, lundi matin, lors de la venue du Préfet, Fabrice Rigoulet-Roze sur les exploitations de Nicolas Baudry, à Clion et de Thomas Robin, à St Georges d'Antignac. Vignes et céréales totalement décimées. On peine à croire que, dans les champs, du maïs poussait. Le colza n'est guère mieux. La grêle tombée samedi 26 mai, dans l'après-midi a laissé de lourdes  séquelles. «10 minutes de grêle, c'est long.» explique Thomas Robin. «On regarde, on est impuissant. On pense à tout le travail fait et anéanti en peu de temps.» En plus des dégâts sur ses vignes (42 ha) et sur ses céréales (environ 80 ha touchés), la toiture de sa distillerie a été impactée ainsi que les tubes de jauges de ses citernes viticoles.

Accompagner les agriculteurs


Pendant la matinée, la FNSEA 17, JA17, la Chambre d'agriculture, la DDTM, la sous-préfète de Jonzac, Elise Dabouis, le sénateur Daniel Laurent, l'UGVC, le BNIC, ont réitéré des messages de soutien, de solidarité auprès des agriculteurs durement touchés. Jean-Baptiste Millecamps, le directeur de la DDTM se veut rassurant, «nos services feront preuve de compréhension dans le traitement des dossiers individuels». «Mais quid des contrôles  ?» lance Cédric Tranquard, président de la FNSEA 17. Il poursuit : «Si FranceAgrimer décide de contrôler des exploitations touchées, il sera difficile de les arrêter. Or, il faudrait tenir compte de cette situation. Moralement, les agriculteurs sont déjà touchés par la conjoncture actuelle. Les dégâts occasionnés par la grêle n'arrangent rien. N'oublions pas l'épisode de gel, l'année dernière. Le préjudice moral ne doit pas être occulté.» Au fil des jours, tout un travail d'accompagnement technique est mené par la Chambre d'agriculture. De son côté, la FNSEA 17 et JA 17 réalisent un recensement et une évaluation des dégâts auprès de leurs adhérents pour intervenir auprès de l'administration, notamment sur les dossiers Pac. Une fois le choc «assimilé», les agriculteurs évoquent les assurances climatiques. Certains sont assurés sur les vignes, d'autres pas. Pour Thomas Robin, installé depuis 12 ans, cela fait 10 ans qu'il a pris une assurance pour la viticulture. C'est la 5ème fois qu'il est touché. «La première année, où je me suis assuré, je m'en souviens très bien. C'était un vendredi. Quelques jours après, il a grêlé. J'ai eu des dégâts. Depuis, c'est comme une évidence pour moi.» Par contre pour les céréales, point d'assurance. «Vu les cours des céréales, cela n'encourage pas. Si c'est prendre une assurance pour manger le capital, où est l'intérêt ?» concède le jeune agriculteur. Du côté de la FNSEA 17, le président souhaiterait que se mette en place un dispositif avec des tarifs groupés. «C'est à développer» lance Cédric Tranquard. Reste aussi tout un travail de prise de conscience chez les agriculteurs sur la nécessité de s'assurer. Mais le prix à  l'hectare en décourage plus d'un, tout comme les franchises. Certains agriculteurs évoquent «des prix allant du simple au double». Daniel Laurent, également président du groupe d'études Vigne et Vin, va demander au gouvernement de trouver une solution. «La réserve  climatique a ses limites.» concède-t-il. Le sénateur émet l'idée que dans le cadre du projet de loi de finances 2019, les viticulteurs et les céréaliers puissent réaliser une réserve financière lorsque les récoltes sont bonnes. Il a posé une question en séance publique au Sénat. 
Lors de la séance de mardi dernier, la secrétaire d'Etat Prune Poirson n'apportait pas de précisions supplémentaires sur un nouveau dispositif spécial au-delà des achats de vendanges, des volumes complémentaire individuel ou le recours à l'activité partielle pour les salariés. Daniel Laurent, appuyé dans sa démarche par Alain Cazabonne (Gironde) restait sur sa faim. Brune Poirson insistait : l'idée est d'avoir davantage recours aux assurances récoltes et soulignait qu'elles étaient en partie financer à 65 % par le Feader. Mardi après-midi, le Préfet de Région, Didier Lallement, est venu en Haute Saintonge, à St Grégoire des Ardennes, chez Pierre Lhériteau puis direction Lussac, chez Pascal et Jean-Baptiste Chaignier. Il a réitéré un message de soutien. Mercredi prochain, une cellule d'urgence composée des représentants  de  la filière, des collectivités locales (conseil départemental et conseil régional) et des services de l'Etat sera installée. Il s'agit de proposer «dans les plus brefs délais» des mesures concrètes pour préserver l'activité économique des filières. Le Préfet de Région participera, dans les prochaines jours, à une réunion au BNIC. De son côté, le Département votera à la prochaine session, un rapport spécial afin d'aider immédiatement et directement les communes impactées. Il complètera  les mesures qui seront prises par l'Etat et apporte «tout son soutien aux charentais maritimes victimes de ces évènements climatiques.»

 

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