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Lait
Imaginer chaque jour comment se portera le marché laitier demain

Malgré un résultat déficitaire pour l’exercice 2011, la Coopérative laitière de la Sèvre cultive de belles perspectives d’avenir, confortées par l’intervention de Vincent Chatellier, économiste à l’INRA. « Il faut aller là ou ça rapporte », déclarait-il.

« Les comptes de la CLS sont déficitaires depuis trois exercices », a exposé Jean-Claude Naud, commissiare aux comptes (à gauche).
« Les comptes de la CLS sont déficitaires depuis trois exercices », a exposé Jean-Claude Naud, commissiare aux comptes (à gauche).
© D. P.
«Qui ne voit pas au loin verra ses ennuis de près. » Une phrase d’un certain Edgar Pisani reprise par Vincent Chatellier, économiste à l’INRA de Nantes, lors de l’assemblée générale de la Coopérative laitière de la Sèvre (CLS). Se projeter dans le temps mais aussi dans l’espace, voilà ce à quoi encourageait l’économiste vendredi 8 juin à la salle des fêtes de Celles-sur-Belle. « La planète monde, c’est elle qui offrira des opportunités. Il faut aller là où ça rapporte. De plus, d’ici dix ans, la demande mondiale en produits laitiers devrait croître de 15% voire 20% », expliquait-il.
Plutôt donc de belles perspectives pour la production laitière auxquelles s’ajoutent des chiffres tout aussi réjouissants :
« En lait de chèvre, un tiers de la production européenne est d’origine française et chaque année, 10 milliards de litres de lait de vache sont consommés dans le monde ». Et Vincent Chatellier de rappeler les atouts régionaux pour la production de lait de chèvre à savoir un secteur créatif, un lait de qualité, une forte concentration régionale et un marché captif versus quelques faiblesses comme notamment l’augmentation du coût de production et la concurrence du lait de vache
« qui ne sera que plus vive avec la suppression des quotas ». Après avoir égrené quelques-unes des faiblesses du marché du lait de vache, l’économiste a insisté sur les points positifs comme son niveau de consommation élevé dans le monde et le positionnement stratégique de la région, proche de la mer et des pays déficitaires.
L’assemblée générale de la CLS s’est donc terminée sur une vision optimiste pour le marché laitier même si la structure affiche un résultat déficitaire de 640 000 euros pour l’exercice 2011. Mais grâce à ses deux marques phares Sèvre-et-Belle et Échiré, cette dernière qualifiée « de pépite » par Yannick Euzenot, nouveau directeur général de la CLS, la coopérative espère redresser la barre.
« Nous devons développer notre chiffre d’affaires et en particulier à l’international. Nous sommes plus petits que les autres, aussi pour exister il faut faire différemment », précisait le nouveau directeur lors de la présentation du business plan de l’entreprise. Ce dernier ayant été décidé sous la présidence de Jean-Luc Moreau qui a vivement encouragé la nouvelle équipe chapeautée dorénavant par Patrick Roulleau.
Enfin, en termes de ventes, la CLS enregistre une hausse des volumes de lait de chèvre transformé de 13,23% en pasteurisé, de 1,18% en haut de gamme et de 8,66% en ventes totales soit environ 1 121 000 litres. Quant au lait de vache, l’année 2011 s’est terminée sans stocks avec une hausse des volumes vendus à Echiré de 8% et en beurre cru de 16%. « Quant au début de l’année 2012, les prix sont orientés à la baisse à hauteur de 16% », a conclu Guy Bonneau, directeur sortant de la CLS.          
Lait de vache : 46 millions de litres produits, 88 points de collecte dont 55% de GAEC. Le taux cellulaire moyen s’est lissé par rapport à 2010 mais la moyenne annuelle s’est dégradée : 284 000 cellules/ml en 2010 contre 298 000 en 2011. En 2012, la moyenne est pour le moment meilleure avec 272 000 cellules/ml. Quant aux taux, le butyrique affiche 2 points de moins qu’en 2010 et le protéique est dans les traces de 2010.

Lait de chèvre : 16 millions de litres produits (+5,4% par rapport à 2010), 72 points de collecte dont 40% d’EARL. Concernant le taux cellulaire, l’ensemble de la collecte dépasse le seuil de référence. Le taux butyrique est quant à lui plus faible en 2011 qu’en 2010 et le taux protéique s’est maintenu sur 2011.
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