Idemeca ouvre ses portes à l'Adaen
Quand un industriel, Neil MacLeod, met une partie de ses locaux à disposition de l'association des acteurs économiques de sa commune, présidée par un agriculteur, Benoît Lelaure. L'AntreTemps est née à Nouaillé-Maupertuis.
Pouvez-vous présenter l'association des acteurs économiques de Nouaillé-Maupertuis (Adaen) ?
Benoît Lelaure : L'association compte environ 26 entreprises adhérentes à Nouaillé-Maupertuis et avec un potentiel d'une cinquantaine d'entreprises. Ce sont principalement des solopreneurs, qui travaillent à leur domicile. Depuis 2019, l'Adaen s'est élargie à tous les acteurs économiques. Pour ma part, je suis agriculteur et ma présence de ce type d'association peut surprendre mais nous sommes des acteurs économiques du territoire et il me paraît important d'en faire partie pour faire entendre notre voix.
Et Idemeca ?
Neil MacLeod : Depuis 1951, Idemeca est spécialisée dans la fabrication de pièces acier, inox, alu pour des clients historiques comme Manitou ou la SNCF. Nous ne faisons pas d'export et nous avons même une activité de réparation au niveau local grâce à un stock de pièces important.
Le secteur agricole représente un tiers, voire la moitié de nos clients. Pour ma part, j'ai repris l'entreprise en 2012. Idemeca emploie aujourd'hui 23 personnes. Nous étions 31 il y a un an.
Dans un contexte de baisse de chiffre d'affaires, cela n'empêche pas Idemeca de mettre une partie de ses locaux à disposition d'une association d'acteurs économiques ?
Neil MacLeod : Nous étions à 4 millions d'euros de chiffres d'affaires en 2024 et 2,7 millions d'euros en 2025, dans un contexte politique incertain qui ne facilite pas l'industrie. Nous parviendrons à dépasser les 3 millions d'euros en 2026.
On peut toujours dire que ça n'est pas le bon moment d'engager d'autres projets mais je pense qu'il faut le faire. L'industrie ne doit pas être dans un vase clos. Ici nous avons de l'espace, 250 m2 par niveau et nous n'utilisons plus que le 1er étage. Les possibilités d'échange entre acteurs économiques m'intéressent beaucoup et cela fait aussi partie de la promotion de l'industrie et des personnes qui y travaillent.
L'AntreTemps c'est quoi ?
Benoît Lelaure : C'est un lieu, au rez-de-chaussée d'Idemeca, d'environ 250 m2 qui va pouvoir accueillir des entrepreneurs, télétravailleurs, porteurs de projets, dans un espace de travail partagé avec des bureaux et des salles de réunion. Il y a une vingtaine de postes possibles.
Cela répond à un besoin que nous avons identifié dans une enquête en ligne. Il y a un besoin d'espaces de travail et aussi de salles pour les associations et on s'est dit qu'occuper des locaux existants, et vides, c'était mieux que chercher à construire d'autres espaces.
Neil MacLeod : J'y vois aussi l'intérêt de mêler des profils économiques différents pour animer le site. De nouvelles opportunités économiques pourront sans doute naître dans ce lieu. Et de mon côté, je le vois aussi comme un juste retour à la commune qui est venue en aide à Idemeca à un moment de son histoire.
Une convention a été signée entre Idemeca et l'Adaen ?
Benoît Lelaure : Nous avons signé une convention à titre expérimental pour tester le dispositif avant de le formaliser complètement. Cette convention, dans le cadre d'un mécénat de l'entreprise Idemeca, met ses locaux disposition et à titre gratuit. Les charges (électricité, chauffage) incombent à l'Adaen.
Ce projet se fait aujourd'hui entre acteurs économiques, sans faire appel aux collectivités ?
Benoît Lelaure : Nous avons en effet envie de montrer que des acteurs économiques peuvent s'organiser et prouver aux élus que ça fonctionne et que l'on répond à un besoin et une attente. C'est un projet qui peut potentiellement intéresser deux communes (Nouaillé-Maupertuis et Mignaloux-Beauvoir), à cheval sur deux intercommunalités (Grand Poitiers et Vallées du Clain), sur un bassin de population d'environ 8 000 habitants.
Neil MacLeod : Les élus n'auront pas été moteurs mais ils pourront être acteurs ensuite. Si le projet fonctionne, des investissements seront sans doute nécessaires et nous ne manquerons pas de les solliciter.