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FNSEA 17 : Un éclairage sur le bio

Lors de la réunion cantonale à Surgères, Laurent Proux, agriculteur bio et président de la Corab était l’invité.

Laurent Proux, président de la Corab.
Laurent Proux, président de la Corab.
© AC

L’arrivée de l’hiver signifie réunions cantonales des actifs au sein de la FNSEA17. Lundi 18 décembre, l’une d’elles s’est déroulée à Surgères, dans les locaux de l’Enilia-Ensmic avec plus de 25 participants. Au cours de cet après-midi, beaucoup de sujets toujours d’actualité ont été traités : prairies permanentes, Cipan, Pac, SIE, zones défavorisées, glyphosate, tuberculose «un dossier compliqué», Etats généraux de l’alimentation. Sur ce dernier sujet, les marges arrières ont suscité une discussion. Jean-Jacques Gaucher, président cantonal d’Aigrefeuille estime qu’il faut être «vigilant». Pour Bernard Dubois, éleveur à Vandré et vice-président Interbev Nouvelle Aquitaine, «l’interprofession bovine est depuis longtemps sur ce dossier. C’est peut-être trop tôt pour le dire, mais cela va accoucher d’une souris.» Selon lui, dans le département, «la démarche Eleveur Engagé permet de se rapprocher des coûts de productions.» Pour les céréales,  les EGAL n’apporteront rien. «Il ne faut pas s’attendre à des miracles.»
La seconde partie de cette réunion était aussi tout intéressante, puisque Laurent Proux,  agriculteur bio à Migré et tout juste élu président de la Corab (coopérative régionale d’agriculture biologique) a été invité à dialoguer avec les agriculteurs. «De plus en plus d’agriculteurs font le choix de la bio. L’avenir est-il en bio? Il nous est apparu intéressant d’éclairer vos questionnements» lance Jean-Jacques Gaucher à l’auditoire.

Une autre conception de l’agriculture


Laurent Proux, installé sur 135 ha s’est tourné vers la bio en 2004 «suite à un questionnement personnel sur l’activité agricole.». Il reconnaît qu’il y a 13 ans, «c’est plus compliqué  d’être en bio. On ne savait pas où l’on allait au niveau du développement». La voix posée, sûre, l’agriculteur explique, argumente, détaille, écoute les remarques, répond avec franchise. Il parle de bio «locale et éthique», de magasins spécialisés.  Il présente les tenants et les aboutissants de la Corab, parle des contrats sur 3/5 ans. «On n’engage aucun semis tant que le contrat n’est pas signé. C’est l’agriculteur qui détermine son assolement. On anticipe. Voilà trois ans que j’ai réfléchi à la culture de cette année» Certes, il reconnaît qu’il préfère avoir «un cahier des charges exigeant, mais avec des débouchés cela permet d’avoir dans le temps, des prix.» Sans ambages, il évoque les contrôles, «chaque année. En plus de l’administratif, nous avons des contrôles aléatoires, avec des prélèvements sur les parcelles.»
Côté agronomie, il précise «le besoin d’avoir de bonnes connaissances. Il y a tout à découvrir. Nous revenons à des variétés anciennes car plus résistantes et mieux adaptées au terroir». Il prévient que «le raisonnement conventionnel est différemment du raisonnement bio. Quand on prend la herse étrille ou le pulvé, ce n’est pas le même état d’esprit.» 
Pour lui, à terme, la bio va représenter 20 à 40 % de la consommation. «Nous sommes dans un monde qui bouge. L’agriculture a son virage à faire. Si on fait du bio que pour des raisons économiques, ne le faites pas. Il faut avoir une envie de changer.» Des propos qui résonnent chez certains adhérents. Un échange très fructueux qui en a «interpellé» quelques uns.

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