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FCO : des décisions suspendues aux recherches sur l’étendue de la contamination

Les résultats de l’étude national sur l’étendue de la FCO sont attendus pour cette fin de semaine. Si tout le territoire passe en zone réglementée, les contraintes ne seraient pas plus sévères. La circulation des animaux serait facilitée.

«Le basculement de toute la France en zone réglementée est une bonne idée » estime Pascal Moinard, président du GDS des Deux-Sèvres. L’idée vient des départements les plus touchés par la FCO, et qui en ce début de semaine se trouvent toujours dans le périmètre interdit. Les treize nouveaux cas de FCO déclarés dans le Puy-de-Dôme, en fin de semaine dernière n’ont pas conduit les autorités sanitaires à élargir fondamentalement la zone de surveillance. En Deux-Sèvres, le nombre de communes concernées, dans le sud-est du département, reste limité à 32.
Cette fin de semaine, sont attendus les résultats du dépistage de la FCO par prise de sang dans le cadre de la surveillance du territoire. Dans la région, 60 élevages ont été ciblés et les prises de sang effectuées dans 29 élevages du département. Une proportion élevée, mais qui reflète la part des bovins des Deux-Sèvres dans le cheptel régional.
Si l’ensemble du territoire était touché par la FCO, toutes les régions seraient logées à la même enseigne et le périmètre interdit supprimé. « Il n’y aurait plus de restrictions aux échanges sur tout le territoire », souligne Pascal Moinard. Mais la question de l’export des animaux resterait entière. D’où l’idée d’activer au plus vite le plan de vaccination.
Neuf cent mille doses de vaccins supplémentaires, produits par le groupe Mérial, seraient disponibles mi-octobre, début novembre. Ces doses s’ajoutent au 1,3 million déjà disponibles annoncés par Stéphane Le Foll le 11 septembre. A ce jour et compte tenu des zones réglementées depuis la semaine dernière, les vaccins seront d’abord attribués aux 4 486 animaux des 26 élevages en zone d’interdiction, puis aux 32 000 bovins et aux 23 000 ovins reproducteurs (stations et autres) en zone réglementée. Par la suite, les bovins seront vaccinés en fonction de leur âge (broutard par exemple) et d’un droit de tirage (pourcentage). Dans un élevage, une catégorie d’animaux ne pourra donc être vaccinée dans sa totalité.

Déboires de 2007
Pascal Moinard se souvient des déboires de la dernière FCO, en 2007 et 2009, avec ses incidences jusqu’en 2009. «  Je sais que des éleveurs sont méfiants par rapport à une vaccination systématique, qui dans tous les cas ne pourra intervenir avant mars prochain. C’est pourquoi, il aurait fallu continuer à vacciner. Maintenant, il faudrait vacciner avant tout les jeunes et les animaux destinés à l’exportation. » Le président du GDS estime que « ce serait une erreur de ne pas vacciner, mais il ne faut pas le faire sans précautions. Il faut éviter les périodes critiques », quand les vaches sont gestantes, par exemple. Les premiers vaccins sont arrivés le 25 septembre dans les cabinets vétérinaires du Cantal principalement pour les animaux destinés à l’exportation.

Pertes sèches pour les marchés de la zone réglementée
Aucun marché n’a officiellement fermé ses portes alors qu’en 2007, certains étaient restés clos durant sept semaines. Pour autant, « l’impact économique est très important », explique Aurore Guenot, directrice de la Fédération française des marchés de bétail en vif.
« Nous l’avons estimé à 500 000 € », sur les deux premières semaines de perturbations. Car si tous les marchés ont gardé une activité, sur les foirails de la zone réglementée, elle a été très diminuée. Lors des séances dédiées aux animaux maigres, très peu voire aucun broutard n’était au rendez-vous.
C’était le cas ce mardi à Lezay où moins de quatre cents veaux et une trentaine de bovins gras sont passés dans les parcs. Le compte est bien loin des presque 2 000 têtes qui y beuglent habituellement. « Ce sont les contraintes administratives qui nous tuent », pointe Bernard Proust, le directeur. La règle générale impose que les bovins qui sortent de Lezay ne peuvent pas partir vers la zone indemne, tant que le zonage existe. Et dans les faits, les opérateurs ne profitent pas des dérogations à cause de la complexité des conditions.
Pendant ce temps, « les échanges se font quand même ». Ainsi, les lots qui se constituaient naturellement au marché et destinés à l’aval de la filière sont temporairement créés ailleurs. La principale crainte est que le temporaire dure car les habitudes sont parfois dures à changer. Après la crise de 2007 et les sept semaines de fermeture, « nous avions perdu 30 % de notre activité », se souvient Bernard Proust qui estime donc que les pertes pour Lezay vont au-delà des 2 500 à 3 000 € par marché de manque à gagner immédiat.
Ronan Lombard

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