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Entreprises : Une menuiserie qui change le bois en or

Le bois, secteur d’avenir ? La menuiserie Vivanbois de Jazennes, près de Gémozac, affiche pour son dixième anniversaire une réussite florissante.

Vastes, bien situés et disposant des bureaux nécessaires pour développer son activité : les anciens bâtiments du fabricant d’ascenseurs Futurlift avaient tout pour séduire Yohann Arrivé. Mais un détail l’a poussé à franchir le pas : le pont roulant déjà installé, «très adapté à mon activité», a-t-il indiqué en présentant l’équipement.
Vastes, bien situés et disposant des bureaux nécessaires pour développer son activité : les anciens bâtiments du fabricant d’ascenseurs Futurlift avaient tout pour séduire Yohann Arrivé. Mais un détail l’a poussé à franchir le pas : le pont roulant déjà installé, «très adapté à mon activité», a-t-il indiqué en présentant l’équipement.
© AC

La crise de 2008 ? Pour Yohann Arrivé, cette année-là a plutôt fait office de commencement. Celui de son entreprise, Vivanbois, qui vient de fêter son dixième anniversaire avec l’inauguration de nouveaux locaux dans la zone d’activité de Jazennes.
Dix ans déjà, ou plutôt dix ans seulement pour bâtir une structure florissante dotée d’une belle santé économique. L’entreprise n’a connu que la croissance depuis sa création, et elle semble devenir exponantielle. En 2017, son chiffre d’affaires approchait des 3 millions d’euros ; un niveau presque atteint dès la fin de ce mois d’août 2018. Son fondateur ne compte pas s’arrêter là. «Le plus dur, ce n’est pas de grimper, c’est de tenir, explique-t-il. C’est pour ça que j’essaie toujours de grimper !» Et ça marche : année après année, l’entreprise bat ses propres records, au point d’être devenue «la plus grosse menuiserie à 50 km à la ronde».

L’humain avant tout

Une réussite qui a attiré l’attention de la sous-préfète de Saintes, Adeline Bard, chargée de mission sur l’emploi au niveau départemental, venue visiter l’entreprise début août en quête des clés de son succès. Dans son dialogue avec Yohann Arrivé, un facteur se détache du lot : l’humain. «La force de cette entreprise, ce sont ses salariés, explique-t-il. Je sais que si je suis en difficulté, mes gars sont là.» Pour s’assurer que tout se passe bien avec son personnel, il dispose de quelques critères pour les recrutements. Il s’assure notamment que les temps de trajets ne durent pas plus d’une demi-heure entre l’entreprise et le domicile, pour limiter la fatigue de ses salariés. Un critère parfois difficile à tenir avec la position excentrée de Jazennes, éloignée de Bordeaux ou de La Rochelle. «Mais on est à une heure de tout !» rappelle-t-il. Il a ensuite beaucoup de recours à l’intérim. «Ça me permet d’avoir une période d’essai très longue», explique-t-il. Plusieurs contrats ont débouché sur des embauches à long terme (Voir ci-dessous). Certains postes, comme les dessinateurs ou les conducteurs de travaux, sont plus difficiles à pourvoir que d’autres, «mais en ce moment j’en serais presque à refuser les gens !» Il s’est par ailleurs fixé une règle d’or : pas de débauchage chez ses concurrents. Dans ses nouveaux locaux, l’entreprise accueille une salle de repos grand confort. «Ma problématique, c’est : Qu’est-ce que je voudrais que mon patron fasse pour moi si j’étais à leur place ?», déclare Yohann Arrivé, qui n’a toutefois pas encore franchi le cap de l’intéressement des salariés. «Pas encore. Aujourd’hui, c’est de l’intéressement social.»
Autre clé du succès, sa relation avec les banques, «extraordinaire» selon lui. Il indique faire beaucoup de suivi sur ses propres chiffres et d’analyses sur son entreprise, ce qui a d’emblée incité les établissements à lui faire confiance.

«On a du mal à se fournir en qualité et quantité»

L’approvisionnement est un peu plus problématique. S’il travaille avec des intermédiaires du secteur, sa matière première, le bois, n’est pas issue de la production locale. Les épicéas et sapins, produits dans les pays nordiques et en Allemagne, arrivent par la mer dans les ports de La Rochelle ou Rochefort... Quand il est possible d’en avoir. Malgré le travail avec des négociants, «on a du mal à se fournir en quantité et en qualité». La concurrence des acheteurs chinois ou la spéculation chez certains fournisseurs représentent un véritable problème. Et le stockage des matériaux n’est pas la solution : en plus du risque de vol, certes moins présent qu’avec les métaux, se pose la question des coûts de stockage. La visite de la sous-préfète a également été l’occasion d’aborder certaines autres questions problématiques pour l’entrepreneur, comme la lourdeur de l’appareil administratif ou le sujet des charges maximales autorisées.

Une activité diversifiée

Des obstacles qui ne parviennent pourtant pas à entraver la dynamique de l’entreprise. Si la plaquette de l’entreprise présente de nombreuses maisons en bois, elles ne constituent pas l’essentiel de l’activité de Vivanbois, qui s’est diversifiée dès ses débuts. «Quand vous arrivez de nulle part, il faut montrer patte blanche pour faire de la maison en bois», explique Yohann Arrivé. L’activité de son entreprise s’étend donc sur un vaste panel d’applications du bois, de la charpente brute à l’agencement d’intérieur, comme la réalisation de parquets ou de comptoirs. Tous les travaux bois des nouveaux locaux ont d’ailleurs été directement réalisés par les salariés de l’entreprise, qui ont ainsi créé une belle vitrine pour leurs chantiers de rénovation, qui comprennent travaux énergétiques et isolation classique.
Et si l’activité est désormais multiple, la clientèle l’est également. Yohann Arrivé a choisi de diversifier ses chantiers, répartis entre commandes publiques, commandes privées d’appel d’offres et privés et pros en direct. Il a même créé un bureau d’études en interne, pour pouvoir répondre aux appels d’offre des marchés, devenus de plus en plus compliqués. Autant d’atouts qui lui permettent de ne pas être dépendants d’un petit nombre de clients. «C’est mon côté paysan : j’essaie de ne pas mettre tous mes œufs dans le même panier !»

 

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