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Conflit
Entremont a cédé sous la pression des éleveurs

La fin du conflit entre les producteurs de lait de l’Ouest qui ont obtenu satisfaction et l’entreprise Entremont, en Bretagne, illustre le rôle majeur de l’interprofession pourtant fustigée par Bruxelles et par Paris.

La mobilisation a été forte. En Ille-et-Vilaine, outre des camions et des usines bloqués, les producteurs ont aussi fait le siège devant deux centrales logistiques du groupe Brécé (près de Rennes et à Montauban-de-Bretange.
La mobilisation a été forte. En Ille-et-Vilaine, outre des camions et des usines bloqués, les producteurs ont aussi fait le siège devant deux centrales logistiques du groupe Brécé (près de Rennes et à Montauban-de-Bretange.
© DR
C’est par une victoire syndicale que s’est achevé, le 28 août, le bras de fer engagé entre Entremont et les producteurs. Lors de la rencontre avec des producteurs et les responsables syndicaux de la FRSEAO et de JA Ouest, et après une longue négociation, l’entreprise s’est engagée : à rembourser le manque à gagner sur juillet et à suivre les revendications syndicales sur août et septembre soit plus 49 euros/1 000 l comme les autres entreprises. Le conflit qui n’a cessé de s’amplifier entre le numéro un européen de l’Emmental et les producteurs de lait aura duré une dizaine de jours. Des dizaines de camions de collecte ont été arrêtées, au moins quatre ont été mis dans le fossé en Morbihan, un a « disparu » dans le Finistère. Des usines ont été bloquées dans ces mêmes départements. En Ille-et-Vilaine, outre des camions et des usines bloqués, les producteurs ont aussi fait le siège de deux centrales logistiques du groupe à Brécé (près de Rennes) et à Montauban-de-Bretagne. Un renfort d’éleveurs En début de semaine, les éleveurs bretons avaient reçu le renfort de leurs collègues des Pays de la Loire. De mardi à mercredi, 40 Angevins, Sarthois et Vendéens ont prêté main-forte aux Rennais en bloquant Brécé, relayés par le même nombre jeudi 28 août, toute la journée point d’orgue de l’action avec le blocage de tous les sites du groupe. L’entreprise a réagi par des menaces de poursuites judiciaires, d’arrêts de collecte et en faisant déloger les assiégeants par les forces de l’ordre, assiégeants qui immédiatement se reportaient sur le site le plus proche. Les producteurs ont durci le conflit « pour répondre aux provocations », selon les manifestants. « Si nous sommes évacués, Entremont ne pourra plus vendre ses produits. » Cette affirmation d’un responsable local laissait entrevoir que l’action aurait pu se déplacer dans les grandes surfaces. Avant l’issue du conflit, lors d’une conférence de presse sur le Space de Rennes, Jean-Michel Lemétayer, président de la FNSEA, et lui-même éleveur laitier, avait pris clairement et fermement la défense des producteurs. Pour lui, « ce dossier est d'une extrême gravité et pourrait rapidement devenir un dossier national », disait-il. Il demandait aux responsables de la société laitière « de revenir sur leur décision » de payer le lait de juillet moins cher que ce que les producteurs attendaient. Un terme à cette surenchère « Heureusement que les producteurs ont vivement réagi mettant ainsi un terme à cette surenchère à la baisse sur les prix », commentait Christophe Limoges. À la lumière des événements, le président de la section laitière de la FDSEA des Deux-Sèvres, milite « pour une contractualisation, seule alternative à la fin annoncée des quotas », « mais dans le cadre de l’interprofession ». Il estime que des prix soutenus sont la condition sine qua non pour ne pas démobiliser les éleveurs. Dans un contexte de retour à des excédents, qui tranche singulièrement avec celui d’il y a un an, il confirme « la nécessité absolue » de maîtriser la production. Concédant que le gouvernement avait aussi sa part de responsabilité dans la naissance de cette crise, le président de la FNSEA a indiqué qu'il avait demandé à Michel Barnier de réunir le plus rapidement possible les responsables de la profession laitière. Selon Jean-Michel Lemétayer, c'est au gouvernement de préciser les références à prendre en compte pour décider du prix du lait. Pour lui, « ce n'est pas la fixation du prix du fromage entre les entreprises et les distributeurs qui doit fixer le prix du lait payé aux producteurs ». Répondant à cet appel, le ministre de l’Agriculture a rencontré le 27 août, les responsables de la FNSEA, des JA et de la FNPL. Il a appelé les parties au dialogue et a confirmé sa volonté d’aider l’interprofession à trouver les nouveaux outils de pilotage.Une brèche ouverte par le gouvernement Entremont a tenté de s’engouffrer dans la brèche ouverte par cette dérégulation de la filière souhaitée par le gouvernement avant de faire machine arrière le 28 août. « C’est avec stupeur que les éleveurs de l’Ouest livrant à Entremont ont constaté un décrochage du prix du lait collecté en juillet de près de 20 euros/1 000 litres par rapport à l’environnement, et ce, sans la moindre discussion », soulignait, à la mi-août, un communiqué de la FNPL. Il s’en est suivi une pression syndicale locale à l’encontre de l’entreprise et nationale… auprès du ministre de l’Agriculture, Michel Barnier. L’enjeu était d’obtenir une évolution positive du prix du lait à 49 euros/1 000 litres pour le troisième trimestre. Ce chiffre résulte du calcul des différents indicateurs qui permettaient, il y a encore quelques mois, d’établir une recommandation nationale. Mais, surtout, il faut pour la FNSEA réhabiliter d’une manière ou d’une autre le rôle économique majeur de l’interprofession. Ce rôle d’arbitre, est un sujet primordial pour elle et les producteurs.
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