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JA
Engager les filières dans l’installation des jeunes

Jeunes Agriculteurs tenait son assemblée générale mercredi 16 février à Saint-Gelais. Les adhérents du syndicat départemental veulent faire de la contractualisation un outil pour sécuriser les revenus.

La contractualisation a été au cœur des débats lors de l’assemblée générale des JA.
La contractualisation a été au cœur des débats lors de l’assemblée générale des JA.
© DR

«Dans les dix prochaines années, 50% des exploitations françaises changeront de main », alertait, mercredi 16 février, l’équipe de JA 79. Les jeunes agriculteurs, réunis à Saint-Gelais pour leur assemblée générale ont rappelé leur priorité : installer des jeunes avec des projets viables et vivables. Le rapport d’orientation présenté à la tribune par Vincent Touzot, président de JA Poitou-Charentes et membre de JA 79, allait dans ce sens. « La charte à l’installation en 1996 engageait l’ensemble de la profession dans ce combat pour l’avenir de l’agriculture. Nous programmons sa réactivation. Nous devons aller plus loin en livrant bataille avec les outils d’aujourd’hui. La contractualisation est de ceux-là. » Le syndicat, engagé de longue date au profit de cette cause professionnelle, arbore des résultats plus qu’honorables. Avec 75 installations en 2010, le département des Deux-Sèvres enregistre deux installations pour trois départs. « Pourtant, le sort réservé aux jeunes n’est pas très attractif », juge-t-on dans les rangs de l’assemblée. Les cinq premières années sont particulièrement difficiles. « Le montant des investissements est colossal. La rentabilité est hypothétique. Pour motiver les candidats à la reprise des exploitations, il faut sécuriser le système », appelle Benoît Vignaud, secrétaire général. A la table ronde, organisée en seconde partie de l’assemblée générale, Guillaume Mandin, secrétaire général adjoint, et Vincent Touzeau ont expliqué à Yvette Thomas, présidente de la Fédération régionale des coopératives agricoles, ce qu’ils attendaient de la relation contractuelle entre l’amont et l’aval. « Cet engagement mutuel doit bénéficier aux jeunes agriculteurs. Nous devons construire avec vous un système permettant de garantir aux jeunes, des prix rémunérateurs sur cinq années minimum. »



De la liberté
La contractualisation faisant appelle à la volonté des contractants de s’engager mutuellement, Isabelle Coutant, du CER, a profité de la tribune qui lui était offerte à cette table ronde pour rappeler aux agriculteurs toute la puissance que leur confère ce nouvel outil : « Vous êtes libres de signer ou non. A vous de faire valoir vos intérêts auprès de vos opérateurs ». Et Yvette Thomas de rebondir : « Oui, les outils de la coopération sont les vôtres. Exprimez-vous, faites entendre votre point de vue, portez vos idées au sein des conseils d’administration. Intéressez-vous au fonctionnement du marché. Et alors, ensemble, mettons en place les outils qui permettront à la production agricole d’aller de l’avant ». Sur l’objectif tout le monde s’accorde. Qu’ils soient de la production ou de la coopération, les hommes et les femmes engagés dans les filières veulent tous redonner à l’entreprise agricole stabilité et rentabilité. Reste à trouver et à s’accorder sur les moyens. Si les opérateurs reconnaissent l’intérêt pour les agriculteurs d’un engagement dans la durée, ils savent combien la volatilité des marchés rendra l’exercice difficile. « Et d’autant plus que la mode n’est pas à la fidélité. Il suffit de regarder les comportements en période de flambée des prix des céréales. Chacun aspire à retrouver sa liberté dans l’espoir, ici ou là, de faire un bon coup. Certains n’hésitent pas à quitter leur coopérative », regrette Yvette Thomas. Au risque de paraître « ringarde », souligne-t-elle, « je continue de penser que les coopératives sont des outils modernes qui sauront s’adapter au nouveau contexte ». Elle peut compter sur les jeunes agriculteurs pour faire avancer les choses. « JA sera force de proposition », certifie Jean-Baptiste Rasillard, l’œil rivé sur l’objectif du renouvellement des générations en agriculture. Déterminé à œuvrer, le syndicat départemental s’engage dans l’organisation d’une session nationale sur ce thème en février 2012. Si la candidature de JA 79 est retenue, pendant trois jours, tous les responsables installation de France seront en Deux-Sèvres. Nul doute que la contractualisation sera au cœur des débats.

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