Aller au contenu principal

Emploi : la vigilance s’impose en cas de coup de main ou d’entraide

L’entraide et le coup de main bénévole sont des pratiques courantes dans le secteur agricole. Toutefois, leur contour n’est pas toujours bien appréhendé par les agriculteurs. Le point pour éviter les sanctions pénales.

Le coup de main doit répondre à une urgence.
Le coup de main doit répondre à une urgence.
© Réussir

L’entraide ne concerne que les agriculteurs entre eux. Elle se définit comme un échange gratuit de services. Elle doit être effectuée entre agriculteurs et les services rendus doivent avoir la même importance. Le service lui peut être rendu par l'agriculteur prestataire lui-même, ses salariés, ou les membres de sa famille (conjoint, aides familiaux, associés d'exploitation...). La personne donnant l’aide doit alors contracter une assurance couvrant tous les risques entraînés par l’exécution du service car en cas d’accident de l’aidant, c’est à ce dernier qu’incombe la responsabilité.
L'entraide est un contrat à titre gratuit, il ne doit donc pas y avoir de rémunération en nature ou en espèces. Si une somme d'argent est versée, il n'y a plus contrat d'entraide mais contrat de travail, sauf dans le cas du remboursement des frais engagés. Lorsque l'échange n'est pas équitable, le versement d'une soulte est possible. C'est pourquoi il existe des tarifs d'entraide établissant le coût d'utilisation du matériel.

Coup de main occasionnel ou bénévole
Le coup de main peut être donné par n’importe qui (voisin, ami, cousin...) mais le cadre est très strict. Il doit être de courte durée, spontané, non planifié et non indispensable à la mise en valeur de l’exploitation. Il s’agit d’une aide non rémunérée qui est donnée de façon imprévue. Sur une exploitation agricole, il répond à une urgence comme, par exemple, aider à récupérer une vache qui s’est échappée d’un champ et qui vagabonde sur la voie publique. En revanche, une personne qui vient aider un agriculteur pour les moissons n’effectue pas un coup de main bénévole car les récoltes sont planifiées et sont indispensables à la mise en valeur de l’exploitation.
L’absence de rémunération s’entend de la rémunération en espèces mais aussi en nature (repas, prêt de matériel…). Si l’activité est régulière, rémunérée avec un lien de subordination, elle sera apparentée à une dissimulation de travail salarié et donc sanctionnable pénalement.
La responsabilité de l'aidé peut être engagée par l'aidant ou par les tiers victimes d'un accident causé par l'aidant dans le cadre du coup de main. Il appartient à chaque exploitant de se rapprocher de son assureur afin de s’assurer que sa responsabilité civile couvre bien les aides bénévoles et occasionnelles.
Pour tous les cas qui ne répondraient pas précisément aux critères énoncés ci-dessous, il est impératif d’effectuer une déclaration préalable d’embauche auprès de la MSA et de rédiger un contrat de travail afin que la personne qui intervient sur l’exploitation soit couverte par le statut de salarié.

Les contrôles de travail dissimulé
Ils peuvent être effectués par des agents de contrôle des caisses de MSA, de la direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l’emploi (Direccte), des officiers de police judiciaire ou de la Gendarmerie nationale. Ces corps de contrôle vérifient, face à une situation de bénévolat ou d’entraide alléguée, que les personnes exerçant une activité sur une exploitation ou une entreprise agricoles ne se pas trouvent placées, en pratique, en situation de salariat agricole. Si tel est le cas, les exploitants agricoles encourent le risque d’un procès-verbal pour travail dissimulé et certaines sanctions administratives : redressement de cotisations, majorations, annulations de mesures d’exonération de cotisations.

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout Caracterres.

Les plus lus

Emmanuelle et Pierre Hay restent solidaires et déterminés face à la situation.
Réserves: une famille sous pression
Depuis plusieurs mois, le quotidien de Pierre Hay, mais aussi celui de son épouse et de leur enfant, est rythmé par des attaques…
Après "Au nom de la Terre" et "La promesse verte", Édouard Bergeon, ici à Poitiers lundi dernier, sort "Rural" le 4 mars.
Un film "Rural", pour réconcilier agris et urbains
Dans quelques jours, Édouard Bergeon sort un nouveau long métrage qui évoque l'agriculture. "Rural" est un portrait de Jérôme…
C'est un T.Rex qui s'invite désormais sur le grand écran du pavillon Omnimax.
Le plein de nouveautés au Futuroscope
Après sa pause hivernale, le Futuroscope vient de rouvrir ses portes. Quatre nouveautés sont prévues en 2026, dont deux qui sont…
Les demandes de transport solidaire en Civraisien en Poitou ont augmenté de 40 %. Le Cif-SP est toujours en recherche de soutien financier et de nouveaux chauffeurs pour pérenniser le dispositif.
Mobilité rurale : des solutions en marche

Vivre en milieu rural, c'est souvent être un peu loin de tout. Pour garder ses habitants, le sud Vienne a déjà mis en place…

Damien et Latetitia Berthomier ont reçu le 1er prix des pratiques agroécologiques dans la catégorie "Prairies et parcours". LPO86
23 médailles pour la Vienne au Sia

À l'issue du Salon de l'agriculture, les producteurs de…

Emmanuel Turpeau et son épouse Sonia élèvent 110 Charolaises inscrites au Herd-book.
Le deux-sévrien Emmanuel Turpeau élu à la tête du Herd-book charolais

Emmanuel Turpeau, sélectionneur charolais à Bressuire, a été élu président du Herd-book de la race le 10 février.

Publicité