Aller au contenu principal

Dessine-moi la France laitière d'après les quotas

Les quotas laitiers et les choix faits par la France pour leur application ont maintenu une grande diversité d'exploitations dans un grand nombre de territoires. Le 1er avril 2015, les quotas laitiers disparaissent. Quel impact sur la France laitière ? C'est à cette question qu’une étude tente de répondre.

30% des vaches dans des exploitations de plus de 100 vaches
30% des vaches dans des exploitations de plus de 100 vaches
© Réussir

En 1984, lors de la mise en place des quotas laitiers, il y avait 380 000 exploitations laitières en France, aujourd'hui, elles sont environ 68 000 pour une production à peu près équivalente. Combien seront-elles à l'é­ché­ance de 2020 ? De 2030 ? L'application "à la française des quotas" a fixé la production laitière dans les territoires. Vers quelles régions la production laitière est-elle en train de se déplacer ? Une étude cosignée par l’Institut de l'Élevage, l’Inra et FranceAgriMer tente des projections.



Evolution


Les quotas laitiers disparaîtront au 1er avril 2015 mais les évolutions sont déjà largement amorcées. Depuis les années 2000, les élevages de plus de 100 vaches sont de plus en plus nombreux, ils regroupaient 3 % des vaches en 2000, ils en rassemblent désormais 16 %, plus de 25 % dans certaines zones de polyculture-élevage, jusqu'à 36 % en Vendée ou 39 % dans la Vienne (contre un peu plus de 50 % en Allemagne du nord). Ainsi, dans la perspective de la disparition des quotas laitiers, l'augmentation de la taille des élevages laitiers français s'accélère avec des évolutions différentes selon les territoires et une taille moyenne qui reste inférieure à celle des pays du nord de l'Europe. L'étude prévoit qu'en 2020, 30 % des vaches laitières françaises pourraient être dans les exploitations de plus de 100 vaches. En parallèle, l'écart entre plaine et montagne se creuse. Entre 2008 et 2013, les élevages de montagne ont gagné en moyenne 26 000 litres pour un quota moyen de 226 000 litres et ceux de plaine 47 000 litres pour un quota moyen de 380 000 litres.Depuis 2007, et le doublement des prix des céréales, la collecte a augmenté dans les zones de polyculture-élevage à bonne densité laitière et baissé dans les zones de faible densité.



Faire face à la volatilité des prix


Selon l'étude, cette évolution devrait se poursuivre, le recul pouvant être plus fort dans certaines zones de polyculture-élevage qu'en montagne qui va continuer à bénéficier de transfert d'aides directes dans le cadre de la nouvelle Politique agricole commune (PAC).  La France est aujourd'hui le troisième exportateur européen de produits laitiers, le deuxième sur les pays tiers derrière les Pays-Bas. Alors que la demande mondiale est toujours attendue en croissance, la capacité à faire face à la volatilité des prix reste le grand enjeu. Le niveau de la production future dépendra fortement de l'écart entre prix du lait et alimentation dans des exploitations qui continueront à produire avec de l'herbe et du maïs, mais aussi de la capacité des producteurs à mieux valoriser les facteurs limitants que sont les bâtiments, les équipements, la main d'œuvre et les surfaces. La poursuite des évolutions actuelles amène à 55 000 exploitations en 2020 gérant le même nombre de vaches laitières qu'en 2013 soit 3,7 millions et il faudra une politique volontariste de 1500 installations par an pour maintenir 36 000 exploitations à l'horizon 2035. Ce mouvement suppose un accompagnement pour permettre au secteur de reloger 1 million de vaches laitières à l'horizon 2030 dans 40 000 exploitations et d'investir près de 800 millions d'euros par an dans les bâtiments et équipements.

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout Caracterres.

Les plus lus

L'obligation d'une part conséquente de maïs dans la ration des troupeaux AOP rend encore plus difficile la question des fourrages, dans un été où les pâtures, comme les champs de maïs, sont grillés.
AOP : "Sans dérogation, c'est l'arrêt de mort pour nos élevages"

Le 20 juillet, le syndicat des laiteries Charentes-Poitou a annoncé la décision de son conseil d'administration de demander un…

Les gendarmes vérifient qu'il n'y a pas eu d'effractions sur les maisons signalées.
Partir en vacances l'esprit tranquille
Gratuit et ouvert à tous, le dispositif Tranquillité Vacances permet aux particuliers de signaler leur absence afin que les…
Incendies en Gironde : pas d'arrivée spontanée !

Dans un communiqué du 27 juillet, la chambre d'agriculture de Gironde, qui coordonne les interventions des agriculteurs sur…

Les JA du canton donnent rendez-vous, samedi 1er août pour la journée "À la ferme, c'est Marans". 
Tous " À la ferme c'est Marans ", avec les JA 

Ce samedi 1er août, les JA du canton de Marans organisent, pour la première fois, une fête dédiée à l'agriculture…

Mélanie Gourmaud et Pierre-Elie Simonnet sont décidés à mettre en place des actions tout au long de l'année pour défendre le revenu des agriculteurs.
Un "nouveau cap" pour la FNSEA de la Vienne
Après la démission d'une partie de son bureau en juin, la FNSEA de la Vienne s'est réunie la semaine dernière en assemblée…
Le festival La Petite Parenthèse se tiendra le samedi 22 août.
Une petite parenthèse, le temps d'un festival

Installé à Persac, le projet porté par Pierre-Vincent Gibaud, avec sa soeur Marie, et deux autres associés, se définit comme…

Publicité