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De plus en plus d’herbe au menu des chèvres

Le 24 septembre, sur le site des Verrines de l’Inra, à Lusignan, la journée technique Cap’vert, destinée aux éleveurs et aux techniciens caprins, s’est concentrée sur la valorisation de l’herbe dans les systèmes d’élevage caprin, grâce à plusieurs ateliers thématiques.

L’enjeu des systèmes d’élevage caprins est de gagner en autonomie énergétique et alimentaire pour concilier performances économiques et environnementales.
L’enjeu des systèmes d’élevage caprins est de gagner en autonomie énergétique et alimentaire pour concilier performances économiques et environnementales.
© N.C.

Les systèmes alimentaires caprins ont évolué. Ils se caractérisent aujourd’hui par une dominante foin, maïs ensilage et retour du vert. Dans tous les systèmes (foin, affouragement, ration humide, pâturage) l’herbe est essentielle pour concilier économie, environnement et qualité des produits.
C’est pourquoi le réseau Redcap (*), qui regroupe 34 élevages de Poitou-Charentes et des Pays de la Loire, cherche à fournir aux éleveurs, en fonction de leur situation particulière (conditions pédoclimatiques, foncier, organisation du travail…) des références et outils pour progresser dans la valorisation de l’herbe des élevages caprins et pour valoriser l’autonomie alimentaire. Il veut ainsi atteindre 75% à 100 % d’autonomie alimentaire territoriale, une part d’herbe dans la ration supérieure à 60 % de la MS de la ration, moins de 450 g/l de lait de concentrés et déshydratés, tout en ayant des élevages économiquement viables, ont présenté François Bonnet, président du Brilac et du Rexcap (Réseau d'excellence caprine en Poitou-Charentes), et Raphaël Brunet, du GIE Elevage des Pays de la Loire, à l’entame de la journée technique Cap’vert.
Ces recherches sont menées en interaction avec le dispositif expérimental Patuchev de l’Inra, ont rappelé Jean-Marc Chabosseau, président du centre Inra de Poitou-Charentes et Marie-Pierre Jacqueroud, chef du service Productions laitières de l’Institut de l’élevage. Ce programme a été créé pour intégrer la prairie dans les systèmes de production et pour augmenter la part d’herbe pâturée et/ou récoltée dans la ration.
Vice-président de la région Poitou-Charentes, Benoît Biteau se réjouit de voir que grâce à ces innovations, le réseau d’excellence caprine est reconnu comme cluster réunissant sur un même territoire l’économie caprine, la politique, la recherche-développement et la formation.
Lors de cette première édition de Cap’vert, la diffusion des travaux de recherche et développement est passée par l’organisation d’ateliers présentant différentes pistes de valorisation de l’herbe (foin, prairie multi-espèces, pâturage, séchage en grange). « De l’herbe pour les chèvres, des euros supplémentaires pour l’éleveur »: l’intitulé de cet atelier donnait envie d’approfondir le sujet, à l’heure où le coût des matières premières augmente régulièrement, où il est de plus en plus question de sécuriser son exploitation face aux aléas climatiques, mais aussi où la demande des consommateurs en produits respectueux de l’environnement est forte.

L’herbe est sous-utilisée
La quantité d’herbe utilisée dans les rations affecte directement l’autonomie alimentaire et économique des élevages, l’occupation des surfaces et la qualité des produits, ont présenté Julia Chemarin, de la chambre d’agriculture de la Vienne, et Angélique Roué, de la chambre d’agriculture des Deux-Sèvres. L’herbe sous forme de foin ne constitue le plus souvent qu’un appoint fibreux dans la ration des chèvres. Elle est sous-utilisée. Pourtant, elle peut contribuer à l’autonomie alimentaire des élevages. Des analyses technico-économiques récoltées auprès de fermes de références du réseau Inosys montrent que cette autonomie gagnée, génère un coût global de l’alimentation des chèvres en baisse et une augmentation de la rémunération de l’éleveur.
Les deux conseillères ont toutefois indiqué que « chercher à améliorer ses revenus, via l’autonomie alimentaire, nécessite d’avoir une approche globale du système d’élevage ».
Parmi les leviers d’action, on trouve le travail sur la conduite de l’alimentation du troupeau, le choix des espèces végétales à cultiver, les rendements et la qualité des fourrages. « L’objectif n’est pas d’atteindre 100 % d’économie mais l’enjeu est de trouver le bon compromis et la bonne adéquation entre son sol, son troupeau, les conditions de vie recherchées et la rémunération souhaitée.»

(*) Les membres sont: l’Inra, Institut de l’Élevage, chambres d’agriculture, contrôles laitiers, Civam, BTPL et lycée Terre et Paysages Sud Deux-Sèvres.

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