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Rencontre
De l’entraide à l’assolement en commun, une innovation qui ne doit rien au hasard

Retrouvez cette semaine dans Agri79 deux pages consacrées à l'assolement en commun. Le 1er août , les parcelles de l’Earl du Sansaud à Crézières et celles de l’Earl Micheneau à Aubigné seront conduites dans le même assolement dans le cadre de la société en participation (SEP) assolement en commun (AC) Micheneau-Berton.

Annick Micheteau et Roland Berton ont conduit un projet d’assolement en commun.
Annick Micheteau et Roland Berton ont conduit un projet d’assolement en commun.
© Sylvie Beausse
La société en participation Micheneau-Berton pour un assolement en commun est l’aboutissement de quelques années de réflexion, d’informations puis de formation et de conseils. Cet outil formalise 25 années d’habitudes de travail en commun des deux exploitations voisines de 2 km. Roland Berton exploitant de l’Earl Sansaud s’est beaucoup documenté et informé depuis 4 ans sur les assolements en commun avant de se lancer dans le projet. « Cette formule était séduisante car chaque exploitation garde son identité, ses activités spécifiques, tout en mettant en commun les terres pour une conduite des cultures sur l’ensemble. Alors qu’en entraide, comme c’est le cas pour nous, les décisions en culture sont communes mais chacun garde son assolement, son plan de fumure, sa déclaration PAC, son organisation, ses charges de cultures, ce qui devrait être simplifié avec la SEP. » De son côté, Annick Micheneau, exploitante de l’Earl Micheneau, se sent bien à sa place dans cette nouvelle organisation à taille humaine où chaque exploitation reçoit en fonction de ce qu’elle met en commun. Son Earl continuera à produire des volailles fermières tandis que les terres seront gérées par la SEP avec le matériel de la SEP. Le groupement d’employeur avec un salarié qu’elle gérait, continuera, la SEP ne pouvant employer de la main-d’œuvre. La SEP utilisera également le bâtiment de stockage de céréales qu’elle détient contre rétribution au quintal stocké. « Plus que les économies d’échelle que nous pourrons réaliser, la SEP est la concrétisation technique, juridique, d’une entente, la formalisation d’une organisation de travail, entre deux exploitants et je m’y retrouve bien. » Genèse d’un projet collectif Annick et Roland se sont lancés dans le projet d’assolement en commun en découvrant dans le catalogue des formations de la chambre d’agriculture celle proposée sur ce thème qui a eu lieu en février 2007. Lors de ces trois journées où intervenants, de la chambre d’agriculture, d’Arvalis, de Gaec et sociétés, et témoignages de groupe se sont succédé, de nombreuses questions ont émergé pour trouver la solution qui correspondait à leurs attentes. La chambre d’agriculture a ensuite accompagné le projet. « Une synthèse en mars 2007 a permis de fixer les objectifs personnels et communs, puis en mai on a réalisé le diagnostic d’exploitation avec une approche technique du projet. En juin, avec Grégory Vrignaud, conseiller productions végétales et Daniel Colin, conseiller machinisme, on a défini le parc matériel nécessaire à la SEP. Depuis, on a tenu compte du projet d’assolement en commun pour renouveler le matériel. » Si Roland et Annick ont d’ores et déjà changé deux semoirs pour un nouveau avec un tracteur, changer la moissonneuse en copropriété, ils n’ont encore rien décidé pour les deux pulvérisateurs. Les aspects juridiques ont été étudiés en septembre 2007 avec Françis Varenne, de Gaec et Sociétés, et Jean-Jacques Dupont, conseiller juridique à la chambre d’agriculture pour étudier les montages et leurs conséquences juridiques, fiscales, sociales. « La presque dernière étape du projet a été la réalisation de simulations économiques avec Sébastien Caulliez, conseiller d’entreprise, ce qui nous a permis de mesurer les impacts sur le revenu de chaque situation, en entraide, avec assolement en commun avec ou sans transfert de matériel. » Pour ces deux étapes du projet, les comptables des deux Earl, Claude Cousin, du CER, et Xavier Patarin, d’Agricompta, ont été associés. « C’était important pour nous dans l’avancée de notre projet, finalement inédit dans le département, d’intégrer tous les intervenants sur les exploitations y compris nos banquiers. » Une première SEP intégrale À chaque étape de nouvelles questions se faisaient jour, chacuns, conseillers et agriculteurs, cherchaient les réponses dans les expériences existantes et dans ses connaissances. Dans le cadre du projet de développement, un document retrace les expériences des groupes d’assolement en commun et met l’accent sur les questions à se poser à chaque étape clé. Ce sera finalement une société en participation intégrale, cultures et matériel à charge, qui sera mise en place pour Annick et Roland. « Une première dans les groupes existants en France qui ont des montages juridiques parfois plus compliqués, mais chaque cas est particulier », a bien noté Roland. Les statuts rédigés, les propriétaires ont été avertis du changement d’exploitant sur les parcelles à partir du 1er août dans les délais légaux (2 mois avant). L’assolement commun est d’ores et déjà élaboré pour les 360 ha de cultures de vente, à partir des 2 années précédentes. Il reste à établir rapidement le règlement intérieur, qui doit traduire les modalités de fonctionnement du groupe, la répartition des tâches, des responsabilités, le temps de travail pour chaque exploitant, les surfaces cultivées, les clés de répartition du résultat, etc. Après les dernières moissons de chacune des Earl, tout devrait être prêt le 1er août pour ce nouvel outil d’agriculture en commun et de mutualisation des charges, des produits, des hommes et du matériel. Sylvie Beausse
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