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Histoire locale
De Bourgneuf à Paris... en passant par les Balkans

À l'occasion des commémorations de la Grande Guerre, portrait de l'un des plus hauts gradés de l'armée française, Adolphe Guillaumat, né à Bourgneuf aux portes de La Rochelle.

Aujourd'hui, une rue de Bourgneuf rappelle les origines novibourgeoises du général Guillaumat.
Aujourd'hui, une rue de Bourgneuf rappelle les origines novibourgeoises du général Guillaumat.
© Montage et fond : K.B. / Portrait : Agence Meurisse

Des chefs militaires à l'origine de la victoire française de 1918, l'histoire populaire n'a retenu que peu de noms : les maréchaux Joffre et Foch, pour leurs nombreuses rues, Pétain, pour sa trahison ultérieure... Mais il y eut d'autres officiers plus discrets (et souvent beaucoup plus efficaces) pour œuvrer à la défaite de l'Allemagne. Et l'un d'eux, le général Adolphe Guillaumat, est né à Bourgneuf, en Aunis, le 4 janvier 1863

L'acte de naissance de Marie-Louis Adolphe (son prénom complet), disponible aux Archives départementales, témoigne que son père, prénommé Louis, est alors sous-lieutenant en charge du recrutement à La Rochelle. Et c'est peu ou prou le seul témoignage disponible sur le rattachement du futur général au département de la Charente-Inférieure... Sa carrière est celle d'un militaire de la Troisième République : après un passage au lycée de Nantes, il entre à St-Cyr dont il ressort major en 1884. Son baptême du feu a lieu à l'autre bout du globe, en Chine, lors de la guerre des Boxers où il se distingue. À son retour en France, il occupe plusieurs postes dans des écoles militaires, commande un temps le lycée militaire de La Flèche, puis évolue dans les hautes sphères du ministère de la Guerre. 

À la tête de l'armée d'Orient

Sa carrière aurait pu s'arrêter là sans le déclenchement de la Première guerre mondiale. À la tête de troupes pendant la première bataille de la Marne en septembre 1914, il participe aux combats de Champagne en 1915. Fin 1916, il prend le commandement de la IIème armée, forte de 650 000 hommes, pour sécuriser le front de Verdun où vient de s'achever l'une des batailles les plus meurtrières de la guerre. 

Mais c'est un autre champ de bataille qui l'appelle un an plus tard : le front des Balkans. Afin d'alléger la pression sur le front de l'Ouest (entre la Suisse et la Mer du Nord), les pays de l'Entente (France et Royaume-Uni principalement) ont encouragé la Grèce et la Roumanie à les rejoindre dans le conflit, face notamment à la Bulgarie et l'Empire Ottoman. C'est à la tête de ces « armées alliées d'Orient » qu'Adolphe Guillaumat est placé le 14 décembre 1917. 

« Devant faire face à une situation militaire difficile, il réorganise les forces alliées, rétablissant la confiance et la discipline dans ses rangs », relate le site gouvernemental Chemins de mémoire.

 Son action pendant le début de l'année 1918 enclenche la dynamique qui poussera quelques mois plus tard la Bulgarie à devenir le premier des « Empires centraux » à capituler.

Éphémère ministre de la Guerre

Mais entretemps, Adolphe Guillaumat a été rappelé en France où la situation, à la fin du printemps 1918, est loin d'être brillante. L'Allemagne, qui a conclut la paix avec la Russie communiste, concentre toutes ses forces à l'Ouest et se retrouve à quelques dizaines de kilomètres de Paris. Le général Guillaumat est alors nommé « gouverneur et commandant du camp retranché de Paris », un poste stratégique pour organiser la défense de la capitale. Fort heureusement, les Allemands sont une nouvelle fois vaincus sur la Marne ; à la tête de la Vème armée, Adolphe Guillaumat participe ensuite aux dernières offensives menant à l'armistice du 11 novembre 1918.

Après le conflit, il continue d'évoluer dans les hautes sphères de l'armée. Il est lui-même ministre de la Guerre dans l'un des éphémères gouvernements d'Aristide Briand, du 23 juin au 17 juillet 1926. Un poste qu'occupera l'un de ses deux fils, Pierre Guillaumat, dans le gouvernement de Charles de Gaulle entre 1958 et 1960 (avant d'être, par la suite, le premier président du pétrolier Elf). Au sein de ce gouvernement Briand, Adolphe Guillaumat siège avec un autre charentais-maritime, le maire de Saintes et sénateur Fernand Chapsal. Il fait partie des voix alertant sur le réarmement de l'Allemagne, prédiction dont il aura le temps de discerner la pertinence puisqu'il meurt à Nantes pendant l'offensive allemande, le 18 mai 1940. Depuis 1947, ses cendres reposent à l'hôtel des Invalides.

 

Pour en savoir plus : https://www.cheminsdememoire.gouv.fr/fr/adolphe-guillaumat

 

Les Poilus de Saint-Georges-des-Coteaux à l'honneur

Du 19 novembre au 6 décembre, l'association Généalogie Entraide et Astuces (GEA17) présentera à la médiathèque de Saint-Georges-des-Coteaux « Souviens-toi de nous », exposition qui est le résultat de ses recherches sur les Poilus de la commune. Le travail mené pendant un an aura permis de mettre en lumière les 266 Saint-Georgeais mobilisés, dont 47 morts pour la France.

Plus d'informations : https://agglo-saintes.fr/evenement/exposition-souviens-toi-de-nous/

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