Mécanisation
Crédit d'impôts mécanisation collective : bonne nouvelle pour les Cuma, les EDT s'insurgent
Le recours au 49.3 pour faire voter le budget 2026 a eu un impact positif sur le réseau des Cuma, avec la validation du crédit d'impôt mécanisation collective, qui pourra être obtenu dès lors que les exploitants dépasseront 6 666 € de factures annuelles.
Pour Marine Boyer, la présidente de la FnCuma, " ce crédit d'impôt est un premier pas permettant de réorienter la fiscalité agricole au service d'une mécanisation plus responsable" alors qu'à l'heure actuelle, moins de 10 % du parc matériel agricole est mutualisé. Avec ce type d'aides, le réseau espère faire monter cette proportion à 30 % d'ici 2050.
Ce crédit s'élèvera à 7,5 % du total de ces dépenses, avec un minimum de 500 € et un plafond fixé à 3 000 € (soit une facture de 40 000 € max).
"On est content mais pas euphorique non plus, nuance Olivier Marquis, le président de la FdCuma 79, car il ne s'agit pour le moment que d'un décret et on attend le cadre de son application. Il existait jusqu'à présent des leviers de suramortissement mais ils étaient très compliqués à remplir et dissuasifs, alors qu'il y avait des exonérations sur les achats de matériel. C'est un bon signal envoyé aux utilisateurs, et cela vient conforter leur choix".
"Une distorsion de concurrence"
Selon Philippe Largeau, le président de la FnEDT et entrepreneur dans la Vienne, cette mesure pourrait "déstabiliser un système agricole fondé sur la complémentarité et la diversité".
S'il convient que la France a des charges de mécanisation très élevées, il ne pense pas que ce crédit d'impôt, qui cible uniquement le recours aux Cuma, soit satisfaisant.
"C'est une distorsion de concurrence", estime-t-il, car le recours à une EDT est, selon lui, une façon pour un agriculteur de ne pas investir dans de l'équipement. Il redoute des baisses de chiffre d'affaires pour les entreprises du secteur.