Contre les mouches, une lutte sans relâche
"Une larve tuée en mars, c'est un million de mouches en moins l'été !" affirment les spécialistes de la Musca domestica. Pour ne pas se laisser envahir aux beaux jours, la lutte commence bien en amont et doit perdurer jusqu'à la fin de saison.
"Une larve tuée en mars, c'est un million de mouches en moins l'été !" affirment les spécialistes de la Musca domestica. Pour ne pas se laisser envahir aux beaux jours, la lutte commence bien en amont et doit perdurer jusqu'à la fin de saison.
Les élevages de chèvre sont particulièrement exposés à l'invasion des mouches et, pour ne pas se laisser déborder, la stratégie de lutte doit démarrer tôt et terminer tard.
"Fermés et assez peu ventilés, les bâtiments caprins offrent des conditions de reproduction et de prolifération idéales", résume Cindy Pawlowski, qui intervient sur le terrain pour la société Lodigroup et sa gamme de produits désinsectisation.
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En mars, quel que soit le temps
Hibernées depuis l'automne au stade de pupe (coque marron), les premières mouches naissent et sont actives dès le début du printemps. "C'est à ce moment que la maîtrise de la population de l'été se joue", insiste Cindy Pawlowski, qui préconise les premiers traitements en mars, quel que soit le temps.
"Les mouches recherchent un milieu humide avec de la matière organique pour pondre", précise-t-elle. Les solutions larvicides sont à appliquer sur la litière bordant les murs des parcs, autour des poteaux, sous les abreuvoirs, ou toute zone non piétinée par les animaux. Le rythme de renouvellement dépend de la rémanence du produit (6 à 8 semaines).
"Il est important de poursuivre l'application du larvicide jusqu'en octobre, afin d'éviter les dernières pontes et limiter le réservoir de l'année suivante", insiste la commerciale.
Des solutions complémentaires
La lutte contre les mouches adultes s'étend également de mars à l'automne, sous plusieurs formes. Les insecticides liquides constituent le moyen d'élimination des adultes le plus efficace.
Ils sont à pulvériser sur le bas des murs (jusqu'à une hauteur d'1,5 m), les tubulaires et l'aire d'attente de la salle de traite (vérifier que le produit est applicable en présence des animaux). Le renouvellement sera là encore fonction de la rémanence du produit.
Ces traitements peuvent être complétés par des dispositifs insecticides ciblés. À l'intérieur du bâtiment, des petites plaques blanches ou jaunes badigeonnées d'attractif (à un endroit inaccessible des animaux > 1,5 m de hauteur) peuvent être placées aux endroits où sont concentrées les mouches (mur côté sud ou derrière les vitres).
Des rouleaux englués, des kits diffuseur avec pyrèthre naturel, des appâts sous forme de granulés, des sacs à mouches sont également disponibles pour la lutte complémentaire.
En extérieur, la pose de pièges permet d'attirer les mouches en dehors du bâtiment et limite leurs déplacements vers le voisinage. Compter quatre pièges à disposer au soleil (sud ou ouest) pour un bâtiment de 1 000 m2.
Pour rappel, le port des équipements de protection individuelle (EPI) est requis pour la manipulation des produits insecticides.
Deux tiers en moins
L'hygiène du bâtiment doit être rigoureuse. "La sortie régulière du fumier permet de casser le cycle de reproduction des insectes (d'une durée très variable selon les températures) et déconcentrer les mouches à l'intérieur", conseille Cindy Pawlowski.
Bien balayer la salle de traite afin d'éliminer le maximum de matière organique, laver la laiterie et éliminer tout lait résiduel limitent par ailleurs l'attrait pour les insectes.
"L'éradication complète n'est pas possible, mais le respect du protocole complet permet d'abaisser la population des mouches de 70 %", estime la spécialiste.
Un cycle de reproduction de 8 à 51 jours
La mouche domestique, que l'on trouve dans les maisons et bâtiments d'élevage, fait partie des mouches suceuses, celles dont la trompe est molle, par opposition aux mouches piqueuses, dont la trompe est dure pour percer le cuir et aspirer le sang.
Une mouche pond entre 600 et 2 000 œufs durant sa vie, selon une publication du GDS de la Creuse. Ses larves se développent dans les matières organiques en décomposition.
La durée du cycle de la mouche domestique, de la ponte jusqu'au stade adulte, est variable : de 8 à 51 jours, en fonction des températures. À 20 °C, le cycle aboutit en trois semaines, à 30 °C, c'est moitié moins.
"Les mouches peuvent véhiculer des virus, des bactéries et transmettre l'agent de la kérato-conjonctivite infectieuse (l'œil blanc), des mammites…" insiste la note du GDS.