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Ces projets qui en appellent aux financements citoyens

La finance participative, c'est l'occasion pour les habitants d'un territoire de soutenir des projets qui auront un impact local. Exemple avec la Conserverie du moulin, connue pour ses bocaux de produits locaux et qui se lance dans le saucisson, ou de Bibaz avec sa boîte alimentaire réutilisable.

En anglais, le "crowdfunding", la finance participative est aujourd'hui largement utilisé par les porteurs de projets. Les avantages ? communiquer sur son projet et impliquer les habitants de son territoire et, parfois, éviter l'étape du prêt bancaire. C'est ce que souhaite notamment Axel Patissous avec son projet de Séchoir du Poitou. En 2021, il a d'abord créé La Conserverie du Poitou et, depuis, l'activité de confection de bocaux de produits locaux se développe bien. Il a même dû embaucher un apprenti en septembre dernier pour répondre à la demande. Celle des magasins (GMS, épiceries fines et magasins spécialisés bio) mais aussi des producteurs qui conservent ainsi, et revendent, leurs excédents de productions. " J'achète leurs produits pour mes produits estampillés Conserverie du moulin" mais je propose aussi de la prestation de service, c'est à peu près 60% de mon activité. C'est l'opportunité pour les producteurs de se diversifier " explique Axel Patissous.

La fierté de participer à impact local

Le séchoir à saucisson et chorizo, il y pense depuis le début de son aventure entrepreneuriale. Le bâtiment qu'il a investi, une ancienne usine à fromages à Usseau, possède un hâloir qu'il compte bien restaurer, avec l'aide des citoyens, dans le cadre du financement participatif lancé sur jadopteunprojet.com. 8000€ lui seront nécessaires pour proposer, dans quelques semaines, des saucissons et chorizo du Poitou. Sacré fierté, sans doute, de participer à un projet qui met en valeur à la fois nos produits et un savoir-faire artisanal, loin des produits industriels pas très bons pour la santé. " Le saucisson, c'est salé et gras. Il faut donc le consommer avec modération de toute façon. Mais moi, ce que je veux, c'est un saucisson et un chorizo sans les produits encore plus mauvais pour la santé comme le nitrite et les conservateurs que les industriels ajoutent pour réduire le temps de séchage. Ici ce sera entre 3 et 4 semaines pour des saucissons de 200 à 250g " précise Axel Patissous qui promet en plus de produire une gamme de béret. Des saucissons en forme de steak haché, sans boyau, qui seront séchés sur les claies à fromages, clin d'œil au hâloir d'antan. Il reste à Axel Patissous un peu plus de 30 jours de financement participatif pour atteindre son objectif.

Aider à changer les choses

30 jours, c'est à peu près le temps qu'il reste à Vincent Musset et son entreprise Bibaz pour réunir 25 000€. Une somme rondelette mais la société porte un projet industriel d'ampleur : fabriquer un panier à frites qui rejoindrait la boîte à burger réutilisable, déjà conçue depuis la création de Bibaz en février 2023. La boîte s'appelle "la Bibaz" et le panier à frites est baptisé "Bazket". L'impact est évident : proposer un snacking 0 déchet. D'autant que ses produits sont faciles à monter et à laver et qu'ils sont solides. Pratiques aussi puisqu'ils s'emboîtent parfaitement. Personnalisables, ils s'adaptent aux couleurs et logos des entreprises car les professionnels sont en effet clairement visés: de la boulangerie aux parcs d'attractions en passant par les restaurants et autres guinguettes, les festivals ou évènements associatifs et bien sûr des food-trucks. La matière est biosourcée et végétale. La Bibaz est injectée dans une entreprise des Deux-Sèvres et, pour la Bazket, un peu plus loin mais toujours en France. " Je ne sortirais jamais des frontières. Il faut être cohérent " affirme Vincent Musset qui doit pour l'instant combattre les "mauvaises habitudes " du jetable. " On me dit qu'on a toujours fait comme ça. Que c'est pratique et pas cher, jeté en moins de 10 minutes et qui ne coûte rien si ce n'est à produire et à recycler. Mais ça, on n'y pense pas car le professionnel ne gère pas cette partie. L'usage unique paraît simple et le réemploi est vu comme une contrainte. Il faut aller à l'encontre de cela et plutôt démontrer aux entreprises, d'abord qu'il y a des solutions de fidélisations grâce à la Bibaz, ensuite qu'elle est rapidement économique et qu'en terme d'image pour son entreprise c'est forcément positif " détaille Vincent Musset. Avec 15 000€, il lance la production de la Bazket et le pallier de 5000€ supplémentaires financera la recherche et le développement de la boîte à pizza réutilisable. Encore 5000€ et c'est un produit novateur de plus! Comme chaque fois, les contreparties sont alléchantes tout comme celles imaginées par Axel Patissous.

Et inutile d'attendre le dernier moment pour apporter sa contribution car si le premier pallier n'est pas atteint, aucune somme n'est débloquée.

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