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Caprins : De bons revenus 2018 freinés par la hausse des charges

En 2018, les quarante élevages caprins du réseau Inosys ont réussi à maintenir leur marge par chèvre et aux 1 000 l grâce à une amélioration du rendement laitier et une hausse du prix du lait. Mais l’augmentation des charges fait baisser le revenu par UMO de 3 800 euros.

© Anjou agricole

Comme tous les ans, le réseau Inosys produit des indicateurs en caprins sur 40 élevages de Nouvelle-Aquitaine, Vendée et Maine-et-Loire. En 2018, ces fermes de référence ont dégagé en moyenne 28 400 € de revenu disponible par unité de main-d’œuvre exploitant. C’est 3 800 € de moins qu’en 2017. La hausse des charges et l’excédent brut d’exploitation (EBE) qui se dégrade pour quatre ou cinq systèmes sont les principales causes de cette baisse.
En 2018, seul le système caprin spécialisé améliore son EBE et en profite pour réinvestir, d’où une augmentation des annuités qui fait baisser son revenu. Pour les caprins et cultures de vente, l’EBE s’est dégradé de 17 %, reflet des difficultés rencontrées sur les cultures de printemps.

Malgré la sécheresse, la canicule estivale et la faible qualité des fourrages 2018, on note une amélioration du rendement laitier (+22 litres/chèvre en moyenne sur les 40 élevages du réseau) par rapport à 2017. Cependant, le coût alimentaire augmente de près de 25 %. Ce lait supplémentaire a ainsi été obtenu par plus d’aliments achetés. Le prix du lait a progressé de 7 €/1 000 l grâce à l’amélioration de la composition du lait, le prix de base restant stable. Au final, les éleveurs du réseau ont réussi à maintenir leurs marges à la chèvre et aux 1 000 l (respectivement 411 € et 462 €).

Deux stratégies pour avoir une bonne marge

Contrairement à l’année 2017, le coût de production de l’ensemble des livreurs est en hausse (+14 €/1 000 l). Ce sont principalement les charges de mécanisation et d’alimentation qui augmentent, deux postes fortement dépendants de la volatilité des cours. La rémunération moyenne de l’atelier caprin, toujours bien orientée, en pâtit légèrement, et passe de 2,5 à 2,4 Smic/UMO exploitant.

Bien que les structures des groupes d’éleveurs soient les mêmes, on observe deux stratégies bien distinctes. Alors que les éleveurs du groupe aux meilleures marges brutes par chèvre misent sur le litrage, ceux du groupe « ¼ supérieur marge brute/1 000 l » travaillent plutôt sur les économies alimentaires et la qualité des fourrages. « Ce tableau montre une chose importante : produire avec 500 g/l de concentrés est tout à fait possible » souligne Bernard Poupin, responsable caprin à Seenovia.

Marge de progression sur le prix en bio

Au même titre que les mixtes, les élevages caprins bio sont des systèmes récents, qui ne sont pas encore en rythme de croisière. Bien que le produit de leur atelier caprin soit plus important que celui des conventionnels (+271 €/1 000 l), ce n’est pas encore suffisant pour couvrir l’ensemble de leurs coûts de production de 1 160 €/1 000 l. Alors que les éleveurs conventionnels du réseau peuvent en moyenne se rémunérer 2,4 Smic brut, les bio plafonnent à 1,5 Smic brut.

L’amélioration de la productivité du travail est une des marges de manœuvre des éleveurs bio. Aujourd’hui à 90 000 l/UMO caprin, ils pourraient viser 120 000 l/UMO caprin. Toutefois, certains estiment que leur productivité actuelle est déjà à son optimum. Dans ces conditions, il faudrait une augmentation du prix du lait pour améliorer leur revenu, ce qui est en cours.

Une baisse des résultats prévue pour 2019

Lorsqu’on intègre les hypothèses de hausse de l’Ipampa (+2,4 % en 2018) et du prix du lait (+1,5 % en 2018) dans l’outil de simulation de l’Idele, on obtient une légère baisse du nombre de Smic brut par UMO exploitant (-0,1). Cette estimation a été réalisée avec une production par chèvre identique à 2018. Sur certaines zones, il faudra probablement inclure l’incidence de fourrages de faible qualité et une baisse de litrage pour les troupeaux.

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