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Ça coince sur les MAEC

Les fonds alloués aux MAEC pour la campagne 2023 sont loin de couvrir les engagements des agriculteurs sur ces mesures agroenvironnementales.

Éleveur à Nueil-les-Aubiers, Étienne Marolleau demande un abaissement des plafonds des aides MAEC, pour bénéficier à un plus grand nombre d'exploitations.
© E. Marolleau

" Je déplore le manque de soutien des pouvoirs publics auprès de nos éleveurs, et notamment ceux exprimant leurs souhaits de transition agroécologique et climatique ". La phrase de Jean-Marc Renaudeau, le président de la chambre d'agriculture des Deux-Sèvres, ponctue le courrier reçu le 13 décembre par Étienne Marolleau, éleveur bovin viande et ovin à Nueil-les-Aubiers, lui signifiant le refus de sa MAEC zones intermédiaires et par ricochet, de la MAEC haies et mares.

Un manque à gagner de 12 000 €

Engagé depuis deux ans dans une mesure de maintien des prairies, qu'il comptait poursuivre avec ces MAEC, l'agriculteur oscille entre colère et désarroi. " J'ai orienté mon système vers la transition environnementale, notamment avec une réduction des IFT qui a diminué la productivité de mes cultures. Lors du montage du dossier, mes pratiques étaient éligibles aux critères demandés. À partir du moment où je réponds aux critères, je ne comprends pas que l'aide me soit refusée ". Le trentenaire voit ainsi s'échapper la perspective d'une aide annuelle de 10 000 € pour la MAEC zones intermédiaires, et de 2 000 € pour la MAEC haies.

Lire aussi : MAEC : "50 à 80 % des demandes seront refusées"

Prioriser les dossiers

Proposées par le plan stratégique national (PSN), les mesures agroenvironnementales et climatiques ont connu un plébiscite sous-estimé par l'État, autorité de gestion du programme.

Les MAEC sont financées à 80 % par des fonds européens (Feader) gérés par l'État et à 20 % par des cofinancements nationaux (État et Agences de l'eau).

" Les estimations issues de l'ensemble des diagnostics agro-environnementaux réalisés sur l'ex Poitou-Charentes s'élèvent à ce jour à un besoin de financement de 50 617 165 €, détaille le courrier. L'État reste malheureusement bloqué sur une enveloppe de 23 millions d'euros (M€), malgré nos multiples alertes et démarches politiques depuis plus d'un an pour obtenir un financement à la hauteur des besoins du terrain ".

Les exploitations dont le dossier sera refusé devront trouver des moyens pour compenser cette perte sèche et les effets souhaités seraient inversés avec une diminution des surfaces de prairies et un recours plus important aux produits phytosanitaires, prédit Étienne Marolleau.

Ainsi, selon le courrier de la chambre d'agriculture, " l'État impose d'activer une grille de priorisation [des dossiers] ", ce qui irrite d'autant plus Étienne Marolleau. " Certains agriculteurs obtiennent l'aide, d'autres non. Cela crée des distorsions difficiles à vivre dans les campagnes, y compris pour ceux dont le dossier a été accepté ".

Une rallonge mieux répartie ?

Mobilisé auprès du ministère de l'agriculture en décembre (et dès le 18 octobre à Bressuire) contre l'insuffisance des fonds alloués aux MAEC, le réseau Civam se félicite de l'annonce d'une enveloppe supplémentaire accordée le 19 décembre (donc postérieure aux courriers de refus reçus par les agriculteurs). La rallonge nationale de 150 M€ pour la campagne 2023 est octroyée sur les budgets de l'Agence de l'eau et du ministère de l'agriculture.

Le Civam du Haut-Bocage, co-animateur du dispositif, en partenariat avec la chambre d'agriculture 79 et l'Établissement public territorial du bassin de la Sèvre Nantaise (EPTB), estimait que moins de 60 % des demandes de MAEC pouvaient être honorées avec le précédent budget.

" Nous ne savons pas pour le moment quelle va être la portée de cette enveloppe complémentaire, commente François Marquis, animateur du Civam du Haut-Bocage. Il fait attendre de savoir comment vont être ventilés les fonds ". Le réseau d'animation agroécologique avait en effet porté la doléance d'une meilleure répartition des enveloppes (plafonds révisés à la baisse), afin d'intégrer un plus grand nombre de fermes dans le dispositif.

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