Aller au contenu principal

Après la sécheresse, ajuster l'alimentation et les effectifs

Face au manque de fourrage, les éleveurs devront anticiper et trouver un compromis entre l'achat d'une partie des fourrages, la baisse de production laitière et la réduction des effectifs.

Face au déficit fourrager, l'ajustement de la ration et du troupeau doit s'anticiper. Plus les mesures sont prises tôt, moins elles seront douloureuses.
Face au déficit fourrager, l'ajustement de la ration et du troupeau doit s'anticiper. Plus les mesures sont prises tôt, moins elles seront douloureuses.
© Damien Hardy / Idele

Après la sécheresse et le déficit fourrager associé, l'enjeu est de rapidement mesurer ce qui reste disponible et d'adapter les besoins du troupeau. Pour Julien Jurquet, du service productions laitières de l'Institut de l'élevage, la première étape consiste à établir un bilan fourrager aussi précis que possible, afin d'éviter de découvrir trop tard que les stocks ne permettront pas de tenir jusqu'au retour de la pousse.

Compter les ressources et les convives à table

" Le bilan fourrager va permettre de savoir ce qu'on a à donner à manger aux animaux ", rappelle Julien Jurquet. Après cette sécheresse historique qui a grillé la France, l'exercice mérite d'être particulièrement rigoureux. Il faut évaluer les stocks réellement disponibles en comptant les bottes et cubant les silos mais aussi en analysant les taux de matière sèche que l'on ne connaît pas bien suite à cette météo inédite. " Après avoir évalué les fourrages disponibles, il faut compter les convives à table ", complète Julien Jurquet. Tous les animaux présents sur l'exploitation doivent être pris en compte, avec leurs besoins respectifs.

Trouver du fourrage à l'extérieur

Lorsque le déficit reste modéré, on peut chercher à acheter des fourrages à l'extérieur, notamment de la paille ou du maïs auprès de céréaliers. Mais, avec cette sécheresse généralisée, les fourrages disponibles sont aussi rares que coûteux. Autres pistes : chercher des coproduits des industries agroalimentaires ou exploiter au maximum les ressources susceptibles de repousser rapidement avec des précipitations. Les prairies mais aussi le colza fourrager ou le raygrass italien peuvent encore produire du fourrage en fin d'automne ou en début d'hiver.

Réduire le nombre de bouches à nourrir

Si le bilan fourrager révèle un déficit plus important, il faut se poser la question de voir des animaux dont on peut se passer ", explique Julien Jurquet. La première cible est constituée par les vaches en fin de lactation prévues pour la réforme. On pourra aussi se séparer des génisses non essentielles ou qui constituaient une marge de sécurité. " Une génisse laitière consomme cinq à sept tonnes de matière sèche de la naissance au vêlage, calcule l'expert de l'Institut de l'élevage. Ce n'est pas négligeable. " La décision de se séparer de génisses n'est cependant pas anodine puisque cela fera vieillir davantage le troupeau.

Réduire la production et anticiper au maximum

" Quand le manque de fourrage devient important, il faut abandonner l'idée de produire autant de lait que l'année d'avant ", estime Julien Jurquet. Mieux vaut alors ajuster les objectifs de production que de mettre en péril l'alimentation de tout le troupeau. La distribution du fourrage à volonté doit alors laisser la place à un rationnement plus serré et les éleveurs ont tout intérêt à peser régulièrement les quantités distribuées.

Dans les situations les plus tendues, la décapitalisation constitue une solution exceptionnelle de dernier recours. Face à cette pénurie préoccupante de fourrage, Julien Jurquet insiste sur l'anticipation. Plus les décisions sont prises tôt, plus les possibilités sont nombreuses et moins les mesures sont brutales. À l'inverse, attendre que les stocks soient presque épuisés réduit fortement la marge de manœuvre de l'éleveur.

Damien Hardy

Idele

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout Caracterres.

Les plus lus

Lundi, une partie des bénévoles était sur le site, notamment pour l'installation de l'électricité.
Les JA s'installent à Saint-Martin-la-Pallu

Organiser une Fête de la Terre, c'est évidemment un grand défi pour les jeunes agriculteurs d'un canton. Ceux de Neuville ne s…

Mélanie Gourmaud et Pierre-Elie Simonnet sont décidés à mettre en place des actions tout au long de l'année pour défendre le revenu des agriculteurs.
Un "nouveau cap" pour la FNSEA de la Vienne
Après la démission d'une partie de son bureau en juin, la FNSEA de la Vienne s'est réunie la semaine dernière en assemblée…
Le festival La Petite Parenthèse se tiendra le samedi 22 août.
Une petite parenthèse, le temps d'un festival

Installé à Persac, le projet porté par Pierre-Vincent Gibaud, avec sa soeur Marie, et deux autres associés, se définit comme…

Une trentaine de Jeunes agriculteurs seront aux fourneaux et au service (photo de l'édition 2025).
Des repas 100 % locaux sur le site

Pas de fête de la Terre sans lien avec les assiettes ! Cette année, il sera possible de manger sur le site à trois…

Romain Migeon est coureur cycliste et vient d'ouvrir son atelier de réparation et entretien de cycles.
Sur les vélos, mais aussi aux réparations
Passionné de vélo depuis tout petit, Romain Migeon collectionne les titres, y compris au national. Désormais intégré dans une…
Les aides publiques, comme l'Aide au maintien, sont perçues comme une juste reconnaissance de l'AB pour la préservation de la biodiversité et de la qualité de l'eau potable.
Les agriculteurs bio interpellent le préfet
Réunis sur l'exploitation laitière de Christophe Ouvrard à Thurageau, les adhérents de Vienne Agrobio ont exposé la semaine…
Publicité