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AOP : "Sans dérogation, c'est l'arrêt de mort pour nos élevages"

Le 20 juillet, le syndicat des laiteries Charentes-Poitou a annoncé la décision de son conseil d'administration de demander un "assouplissement temporaire" du cahier des charges AOP à l'Inao, en raison de la sécheresse extrême qui laisse les fermes sans solution face au manque de fourrages.

"La priorité essentielle est de nourrir, et même de sauver les cheptels".

Face à l'ampleur de la catastrophe de cet été caniculaire sans une goutte de pluie, Christophe Limoges, président du syndicat des laiteries Charentes-Poitou (organisme de défense et de gestion du beurre AOP) et éleveur à Pamplie, n'y va pas par quatre chemins. 

Lire aussi : AOP Charentes-Poitou: les éleveurs à l'heure du choix

"Personne ne peut nier ce qu'il se passe, cette sécheresse extrême"

Le syndicat s'est résolu à demander à l'Inao une modification temporaire du cahier des charges du beurre Charentes-Poitou, les fourrages venant déjà à manquer alors que la campagne de maïs, ultra-précoce, est désastreuse.

"Dans mes parcelles, je suis à 2-3 t de MS, avec zéro amidon, et j'ensile autour du 20 juillet, en Gâtine ! Personne ne peut nier la catastrophe en cours", s'exclame le représentant de la filière laitière AOP.

Origine, part de maïs, fourrages : souplesse requise

La structure demande une dérogation de 18 mois minimum sur les exigences du cahier des charges revu en 2020 (voir encadré en fin d'article) : "Il faut le temps de voir si les récoltes de l'année prochaine permettront de se refaire", pointe Christophe Limoges. 

Le communiqué du syndicat évoque trois mesures demandées à l'Inao, qui bouleversent le cadre strict du cahier des charges AOP : ouvrir à la France entière la provenance des sources de cellulose et d'énergie des rations, réduire la part de maïs minimum obligatoire, et le recours, "sans limite de quantité, de l'ensemble des productions disponibles sur le territoire pour nourrir les animaux". 

Sur les données chiffrées de ces mesures, Christophe Limoges répond : "Une expertise technique est en cours pour les définir. Il fallait faire la demande à L'Inao le plus vite possible au vu de la situation".

Une réponse est espérée très rapidement, septembre au plus tard. "Cette dérogation est absolument vitale et nécessaire. Il nous faut au moins une orientation de l'Inao, sinon c'est l'arrêt de mort pour nos élevages laitiers", continue l'éleveur. 

À noter, la demande de dérogation ne concerne pas les substances interdites dans le cahier des charges AOP, qui demeurent inchangées : OGM, huiles, urée et dérivés.

Et demain ? 

Déjà abordée lors de l'AG du syndicat des laiteries, la question d'une évolution du cahier des charges se pose plus que jamais.

"Une année avec ces phénomènes météo d'une rare ampleur, cela va forcément mettre un coup d'accélérateur à cette réflexion", présage, en conclusion, Christophe Limoges.

 

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