Aller au contenu principal

Ovins
Anticiper le déficit fourrager

Le déficit fourrager que ce soit en foin, en ensilage d’herbe ou en pâturage de printemps atteint 25 à 40% selon les secteurs géographiques. Cela oblige la majorité des éleveurs à anticiper un manque de fourrages qui pourrait se ressentir dès le début de l’année prochaine.

Le déficit fourrager conduit les éleveurs à revoir leur programme d’alimentation.
Le déficit fourrager conduit les éleveurs à revoir leur programme d’alimentation.
© S. L.

La pluviométrie inespérée de fin juillet et début août offre, contre toute attente, de fortes opportunités de pâturage que ce soit sur les prairies ou sur les cultures intermédiaires implantées (colza, avoine brésilienne…). Ces disponibilités fourragères vont permettre de limiter les prélèvements sur les stocks. Il faut réserver les parcelles de meilleure qualité aux brebis ayant les plus forts besoins (fin de gestation, lactation, gestation, agnelles de renouvellement, réformes).  Des parcelles de colza fourrager peuvent être utilisées pour des agneaux à l’engraissement en limitant leur temps d’accès à la pâture et en leur offrant de la paille à volonté pour « éponger » sur une autre parcelle. Toutefois, il faut garder à l’esprit que cette herbe estivale reste de moindre qualité par rapport à une pousse de printemps.


Profiter de l’herbe pour les lactations d’automne
Si les disponibilités en herbe sont très importantes à l’automne, une autre solution peut être de mettre en place des lactations à l’herbe. Cette technique, auparavant très répandue et ayant progressivement disparu, consiste à sortir en journée les brebis avec leurs agneaux nés il y a 8 voire 10 jours sur des prairies de bonne qualité ou sur de jeunes ray-grass. Elle permet d’économiser de 25 à 50 kg de concentrés par couple mère-agneaux,  ainsi que du fourrage. Cependant, cette technique reste gourmande en main-d’œuvre et il convient de mettre des nourrisseurs sur les aires de vie pour que les agneaux s’habituent au concentré. Enfin, il faut disposer  de parcelles proches des bâtiments ou bien bénéficier d’abris légers sur les parcelles de prairies. Pour  limiter les consommations globales de fourrages et de concentrés, sur les premiers lots de contre-saison, il peut être intéressant d’échographier les brebis pour limiter les distributions de fourrage destinées aux brebis vides. La tonte des agneaux en retard de croissance peut relancer celle-ci et limiter leur consommation de fourrage et de concentrés.


Intégrer la paille
Dans les situations les plus critiques, la paille peut être intégrée dans les rations. Pour les animaux à faibles besoins comme les brebis récemment sevrées et celles à l’entretien auxquelles on réserve les parcelles de moins bonne qualité, elle sera distribuée à volonté avec peu de concentrés. Pour les agneaux à l’engraissement en bâtiments, l’utilisation de paille modifie très peu les performances, elle peut donc être utilisée à la place des fourrages habituels. Pour des brebis en fin de gestation et en lactation, l’utilisation de paille reste possible, mais les quantités de concentrés utilisées pour équilibrer les rations seront à revoir très largement à la hausse et leur distribution devra être réalisée en deux apports journaliers pour éviter les risques d’acidose. Dans des exploitations équipées d’une mélangeuse, il sera plus facile d’intégrer une part de paille dans la ration habituelle des brebis en fin de gestation ou en lactation. En conclusion, pour se préparer à un manque de fourrage en hiver, il est donc important d’exploiter au mieux les opportunités offertes par la météo. Dans certains cas, il sera possible de faire pâturer jusqu’en hiver les jeunes ray-grass implantés en août. Il sera également possible de préserver les stocks de fourrages en intégrant de la paille dans la ration des animaux, en particulier ceux à faibles besoins. Pour des animaux à plus forts besoins, l’utilisation de la paille, même si elle reste possible, induira une forte augmentation de leur consommation des concentrés et pourra altérer leurs performances techniques.

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout Caracterres.

Les plus lus

Emmanuelle et Pierre Hay restent solidaires et déterminés face à la situation.
Réserves: une famille sous pression
Depuis plusieurs mois, le quotidien de Pierre Hay, mais aussi celui de son épouse et de leur enfant, est rythmé par des attaques…
Les Deux-Sèvres en vigilance crues

Météo-France émet une vigilance crues pour les Deux-Sèvres, du mardi 10 février à 16h, jusqu'au 11 février à…

Après "Au nom de la Terre" et "La promesse verte", Édouard Bergeon, ici à Poitiers lundi dernier, sort "Rural" le 4 mars.
Un film "Rural", pour réconcilier agris et urbains
Dans quelques jours, Édouard Bergeon sort un nouveau long métrage qui évoque l'agriculture. "Rural" est un portrait de Jérôme…
C'est un T.Rex qui s'invite désormais sur le grand écran du pavillon Omnimax.
Le plein de nouveautés au Futuroscope
Après sa pause hivernale, le Futuroscope vient de rouvrir ses portes. Quatre nouveautés sont prévues en 2026, dont deux qui sont…
Les demandes de transport solidaire en Civraisien en Poitou ont augmenté de 40 %. Le Cif-SP est toujours en recherche de soutien financier et de nouveaux chauffeurs pour pérenniser le dispositif.
Mobilité rurale : des solutions en marche

Vivre en milieu rural, c'est souvent être un peu loin de tout. Pour garder ses habitants, le sud Vienne a déjà mis en place…

Damien et Latetitia Berthomier ont reçu le 1er prix des pratiques agroécologiques dans la catégorie "Prairies et parcours". LPO86
23 médailles pour la Vienne au Sia

À l'issue du Salon de l'agriculture, les producteurs de…

Publicité