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Chasse
Agriculteurs et chasseurs : de nombreux intérêts communs

A quelques jours de l’ouverture de la chasse, Guy Guédon, le président de la fédération départementale des chasseurs exprime sa priorité. Celle d’œuvrer afin que le territoire rural soit géré dans le respect de l’intérêt de chacun de ses usagers : agriculteurs, pêcheurs, randonneurs, chasseurs.

Guy Guédon (à droite), président de la fédération départementale de la chasse a succèdé à Yves Giraud.
Guy Guédon (à droite), président de la fédération départementale de la chasse a succèdé à Yves Giraud.
© DR

Le 12 septembre à 8 heures (*), la grande majorité des 14 500 chasseurs que compte le département foulera la campagne. Comment se présente la saison de chasse 2010-2011? 

Guy Guédon : Cette année les populations de lièvres s’annoncent à un niveau intéressant pour les chasseurs. Une bonne nouvelle. 

Malgré des conditions climatiques favorables, les perdreaux risquent forts quant à eux, d’être peu nombreux. Nous avons du mal à protéger cette espèce de ses prédateurs. Nous devons poursuivre les efforts.

Pour les amateurs de faisans, la saison se présente bien. Les populations sauvages s’installent grâce aux efforts des chasseurs et au soutien des agriculteurs qui concèdent l’accès à leur terrain, pour l’installation des aménagements de type agrainoir ou abreuvoir. 

 

Chaque année on parle des dates d’ouverture et de fermeture de la chasse un peu comme si en dehors de cette période hivernale, le fusil rangé, plus rien n’occupait les chasseurs. A vous entendre parler de gestion des populations des prédateurs, d’aménagements également, il semble que ce ne soit pas tout à fait le cas ? 

Effectivement. On a d’abord traqué le gibier qui naturellement se développait dans les campagnes. Est venue ensuite la politique des lâchers. Depuis une bonne dizaine d’années, nous sommes persuadés que cette pratique n’est pas la solution. Toute l’année, les chasseurs avec l’aide des agriculteurs travaillent à l’amélioration des habitats, au développement d’une nourriture abondante, à la régulation des espèces aussi. Ces actions doivent ramener dans nos campagnes des densités de populations de petits gibiers agréables pour nous chasseurs, mais également pour l’ensemble de la société. Tout le monde, à l’unanimité, nous dit qu’il est plaisant de pouvoir observer à l’occasion d’une balade, des lièvres ou des oiseaux. 

 

Vous évoquez à plusieurs reprises le monde agricole. De votre point de vue, agriculteurs et chasseurs avancent sur le même chemin ? 

Oui. Nous avons de nombreux intérêts communs. C’est ensemble, dans la concertation et le respect, comme c’est le cas en Deux-Sèvres, que nous tendons à satisfaire les besoins des uns et des autres. 

Les chasseurs ont besoin de l’engagement de la profession agricole pour améliorer via la multiplication de couverts adaptés, d’habitats et de nourriture disponible. En soutenant financièrement les agriculteurs qui décident d’implanter des haies ou des couverts de type jachère faune sauvage ou jachère fleurie, nous incitons l’organisation d’un milieu favorable au développement des populations des petits gibiers. 

Parallèlement, les chasseurs viennent en aide aux agriculteurs sur la question de la gestion des espèces nuisibles. Les plans de chasse sont actés après concertation. En début d’année 2010 par exemple, ensemble, agriculteurs et chasseurs ont obtenu un élargissement de la période de destruction. La demande conjointe à été reçu par la préfète lors de la commission départementale de la chasse et de la faune sauvage. 

 

Les dégâts aux cultures sont un sujet qui parfois divise agriculteurs et chasseurs. Comment appréhender ce dossier pour maintenir le bon état d’esprit qui anime aujourd’hui les deux familles en Deux-Sèvres ? 

Nous indemnisons les dégâts dans la mesure du possible. Chaque année, les dégâts occasionnés par les sangliers coûtent, en Deux-Sèvres, 135 000 à 140 000 euros aux chasseurs. Ce budget est ponctionné sur les cotisations prélevées lors de l’achat du permis de chasser. De gros efforts sont faits pour compenser économiquement les pertes. Nous travaillons également à la mise en place de dispositifs de protections, grillages ou répulsifs, que nous financerons. Par l’anticipation nous espérons réduire le montant de la facture. Dans cette lutte nous avons besoin des exploitants agricoles. Tout le monde y gagnera. Les agriculteurs notamment parce que le fruit de leur travail est mieux protégé. 

 

Vous avez l’air très attaché au développement des populations de petits gibiers. Pourquoi ? 

Parce que c’est l’avenir de la chasse populaire et donc le moyen d’accrocher des jeunes qui ne peuvent accéder aux chasses privées. Chaque année 250 permis de chasse sont décrochés. C’est à peine assez pour compenser le nombre de chasseurs qui raccrochent. Séduire les jeunes générations est une priorité. 

 

(*) A l’exception de la commune de Niort. L’ouverture y est fixée au 26 septembre, 8 heures. 

Les dates d’ouverture

Ouverture générale de la chasse à tir du 12 septembre 2010 à 8 heures au 28 février 2011 pour tout le département des Deux-Sèvres à l’exception de la commune de Niort. Sur ce territoire l’ouverture aura lieu le 26 septembre à 8 heures. Ici la période de chasse s’arrêtera à la même date que sur le reste du département. 

Pour la chasse à cor et à cri, ouverture le 15 septembre 2010 fermeture le 31 mars 2011 ; pour la chasse sous terre, ouverture le 15 septembre 2010 et fermeture le 15 janvier 2011. Toutefois la chasse sous terre du blaireau bénéficiera d’une réouverture à partir du 15 mai 2011, la chasse au vol ouvrira quant à elle le 12 septembre 2010 pour fermer le 28 février 2011. 

Attention, cas particulier des espèces suivantes : 

- lièvre, ouverture le 26 septembre et fermeture le 12 décembre ;

- perdrix grise et rouge, du 12 septembre au 11 novembre ;

- faisan, du 12 septembre au 16 janvier 2011. 

- gibier d’eau et oiseaux de passage, les modalités d’ouverture sont fixées par arrêté ministériel.

- sanglier, du 15 août 2010 au 28 février 2011. 

- chevreuil, cerf, daim, du 12 septembre au 28 février. 

Attention dans chacune de ces dernières catégories, certaines communes sont concernées par des dates qui leur sont propres. Consulter les dates sur : http://www.chasse-79.com/Campagne-2006-2007.html


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