22 jeux créés par les lycéens de Montmorillon
Suite aux interventions de Thomas Favrelière dans les lycées Bouloux, Moulin et Mortier de Montmorillon (Voir notre édition du vendredi 6 février), un temps collectif a été organisé au lycée agricole pour jouer avec les créations des élèves.
C'est ce qu'on appelle une sortie de résidence pour Thomas Favrelière. Ces derniers mois, l'auteur de jeux a passé 2 jours dans chacune les quatre classes des lycées Jean-Marie Bouloux, Raoul Mortier et Jean Moulin pour initier les élèves à la création de jeux de société. Il s'agissait, le mercredi 1er avril, de montrer l'ampleur du travail à tous les élèves, les professeurs et les personnels de direction. "On peut voir que les élèves se sont vraiment emparés de l'idée. Il y a des jeux très différents autour de la thématique choisie qui était Montmorillon. On voit tout l'intérêt de ce modèle de résidence dans la créativité des élèves" souligne Nathalie Schimel, référente jeunesse du Conseil régional Nouvelle-Aquitaine qui finance le projet dans le cadre du dispositif "Actions éducatives".
Déverrouiller les imaginaires
Reine-Marie Waszak, conseillère régionale de Nouvelle-Aquitaine, élue du territoire Sud-Vienne et par ailleurs présidente du Conseil d'administration du lycée Jean-Marie Bouloux confirme: "L'ouverture culturelle fait partie de l'action éducative, complémentaire des enseignements. Ce type de projet permet en outre la collaboration des trois lycées de Montmorillon et c'est aussi une bonne chose".
Au lycée agricole, deux classes de terminale participaient à l'évènement dans deux filières : Gestion des milieux naturels et de la faune (GMNF) et Conduite et gestion d'une entreprise hippique (CGEH). Philippe Munilla est l'enseignement d'éducation culturelle. " Cela a été un travail très intéressant. La résidence a été l'occasion de faire jouer les élèves pour comprendre les mécaniques de jeux et déverrouiller leurs imaginaires en quelque sorte. Il y a une dimension créative et artistique et un travail sur les stratégies qui peuvent très bien être transposés dans les problématiques professionnelles. Nous avons eu aussi des temps de découverte de Montmorillon dans des "dérives hasardeuse et poétique" où il s'agissait de leur faire regarder et explorer des endroits de la ville qu'ils ne connaissent pas forcément ".
Monbiorillon et Monogascar
Parmi les 11 jeux conçus par les élèves du lycée agricole, il y a le Monbiorillon de Thomas, Gabin, Théo, Adrien et Gabriel en terminale GMNF. Il s'agit de piocher des cartes des espèces de faune et de flore (la bruyère, le héron, la carpe ou le triton marbré) et les positionner sur la carte "milieux" que le sort nous a attribuée: la forêt, le bocage, la prairie, la lande ou le plan d'eau. " Il y a des cartes "malus" comme la sécheresse qui peuvent freiner les joueurs. Mais on peut aussi acheter des cartes "espèces" aux autres joueurs. Ces cartes valent des points et c'est celui qui en a mis le plus qui gagne" explique Thomas. Et face à d'autres élèves, le jeu devient une occasion pour les sensibiliser à la faune et la flore présente sur le territoire. Avec le Monogascar, on s'éloigne un peu de Montmorillon. "L'année dernière, un groupe avait travaillé sur la problématique de l'eau à Madagascar, avec des animations, notamment à travers un jeu de société. qu'ils ont pu poursuivre même s'il n'était pas dans le thème de Montmorillon" indique Philippe Munilla. Ainsi, Matthieu, Antonin et Célestin ont pu finaliser leur jeu qui s'inspire du Monopoly avec un plateau et des cases "culture", "nourriture", "eau", à la place des rues. "L'objectif est d'augmenter le nombre de villageois mais pour ça il faut plus de nourriture et d'eau" explique Matthieu. Des puits peuvent alors rapporter de l'eau, comme l'aide humanitaire qui se gagne quand on parvient à s'arrêter sur la case des éléments bénéfiques. À l'inverse, les cartes "obstacles", comme la sécheresse font perdre de l'eau et donc des habitants. "Ce n'est pas un jeu où on joue les uns contre les autres. Au contraire, les joueurs doivent collaborer pour augmenter le nombre d'habitants" complète le lycéen qui convient que cet exercice lui a permis de prendre la parole devant un public. Notamment quand les trois lycéens sont intervenus devant des élèves de primaire de Montmorillon pour tester leur jeu mais surtout les sensibiliser à la problématique de l'eau.