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"Une mobilisation collective est nécessaire"

Face aux difficultés de la ferme Vienne depuis plusieurs années, aggravées par les conditions climatiques de l'été, le Préfet a multiplié les rencontres avec les organisations professionnelles agricoles. Il détaille l'application locale du plan Casi et la mobilisation collective qui se met en place.

Charles Guisti a détaillé le plan Casi, mais aussi la cellule d'experts qui se met en place.
Charles Guisti a détaillé le plan Casi, mais aussi la cellule d'experts qui se met en place.
© Elisabeth Hersand

Une perte de 45 % de matière sèche dans les prairies, des baisses de rendements de plus de 50 % dans certains secteurs. Clairement, "l'été a été compliqué pour toutes les filières", comme le souligne Charles Guisti. Le Préfet de la Vienne sait aussi que "les résultats économiques de la ferme Vienne ne sont pas bons depuis deux ou trois ans." Une répétition des difficultés dont les OPA voient chaque jour les conséquences, et qu'elles ont exprimées lors d'une rencontre avec le représentant de l'État, lundi dernier. "L'idée, c'est de se coordonner" explique-t-il. Et d'évoquer la cellule Réagir, la MSA, Solidarité Paysans, qui vont intégrer, avec les banques, les coopératives, les centres de gestion et d'autres OPA une "cellule d'experts", amenée à se réunir régulièrement. Une session extraordinaire de la chambre d'agriculture était d'ailleurs organisée ce vendredi 11 septembre. "Une mobilisation collective est nécessaire" assure-t-il en insistant sur l'importance de gérer l'urgence, mais aussi de préparer l'avenir. "Nous devons donner des perspectives. Les conférences de la souveraineté alimentaire vont nous aider. Nous savons par exemple qu'il y a besoin de produire plus d'œufs, ou de protéagineux".

Question d'eau aussi

Le sujet de l'eau va également très vite revenir. "Un été comme celui qu'on vient de connaître est une incitation à se dire que créer des réserves n'est pas forcément à écarter".

Si le Préfet insiste sur la nécessité de "trouver une solution adaptée pour tous les acteurs", il ajoute que la pluviométrie annuelle n'a pas baissé ces 40 dernières années, mais que les périodes de sécheresses succèdent à celles de trop fortes pluies. "L'enjeu, c'est de garder cette eau, pour les différents usages, comme l'agriculture ou éteindre les incendies. Dans la Vienne, nous avons des nappes, et on peut le faire avec les zones humides, les haies, mais aussi le stockage artificiel".

Casi

Au sein du plan Casi, un fond de réarmement de 235 millions d'euros est prévu. Jeudi après midi, la répartition par région (faite selon plusieurs critères : exposition aux canicules, importance de l'élevage, présence de zones intermédiaires...) a été annoncée. La Nouvelle-Aquitaine se voit attribuer 33 millions d'euros, et c'est la somme de 2,3 millions d'euros qui a été fléchée pour la Vienne. Charles Guisti évoque pour la Vienne des aides directes à la trésorerie, ou à l'achat de fourrage. 

Les réactions dans la Vienne

Les réactions dans la Vienne sont loin d'être très enthousiastes. Philippe Tabarin estime que les annonces "sont très insuffisantes pour répondre à la gravité de la situation" et compare le plan de soutien à une "opération de communication". Le président de la chambre d'agriculture explique notamment que près de la moitié du milliard correspond à l'ISN, une "dépense qui relève de la mission normale de l'État". Pierre-Elie Simmonet, président de la FNSEA de la Vienne estime lui aussi le plan très insuffisant. "Ça montre que l'État n'a pas les moyens de nous soutenir, ni la volonté". L'agriculteur estime qu'il faudrait verser l'équivalent de 3 aides Pac pour sortir les agriculteurs de la situation. François Turpeau, président de la CR86 estime qu'il n'y a "rien de véritablement nouveau dans ces annonces. Ces mesures sont connues, déjà mises en œuvre ou prolongent des dispositifs existants." L'agriculteur plaide pour "une vision et un véritable projet économique. Le gouvernement doit changer de cap. L'agriculture française a besoin de stratégie, d'ambition et d'un projet d'avenir." Benjamin Aucher, président des Jeunes Agriculteurs de la Vienne estime que le plan "ne répond pas à la problématique sécheresse, ni à celles qui plombaient l'agriculture avant." L'agriculteur estime que le gouvernement a "fait du neuf avec du vieux. On nous annonce de gros chiffres, mais dans le détail, on voit qu'il n'y a pas beaucoup de choses nouvelles". Béatrice Marin, porte-parole de la Confédération Paysanne 86, exprime de son côté une grande méfiance quant à la répartition de l'enveloppe de ce plan. "Ma crainte c'est que ce ne soit pas forcément fléché vers ceux qui nourrissent aujourd'hui le territoire, mais que ça soit destiné aux productions d'export en priorité." 

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