Un anniversaire rural et local
Le samedi 2 avril 1966, le tout premier Vienne Rurale arrivait dans les boîtes aux lettres des agriculteurs de la Vienne. Le journal souffle donc cette année son 60e anniversaire, et c'est cette semaine le 3000e numéro qui parait. Deux événements qui valaient bien une réception.
Le samedi 2 avril 1966, le tout premier Vienne Rurale arrivait dans les boîtes aux lettres des agriculteurs de la Vienne. Le journal souffle donc cette année son 60e anniversaire, et c'est cette semaine le 3000e numéro qui parait. Deux événements qui valaient bien une réception.
Impossible quand on s'appelle la Vienne Rurale de fêter son anniversaire ailleurs que sur une exploitation agricole ! Et puisque la Baie des Champs (de l'emblématique Mimi Debien), est située à quelques centaines de mètres du journal, et surtout qu'elle dispose d'une salle de réception flambant neuve, c'est à Sèvres-Anxaumont que la structure invitait vendredi dernier ses actionnaires, mais aussi les organisations professionnelles agricoles, les annonceurs, élus et lecteurs. L'occasion pour Gérard Seguin, PDG de Centre Ouest Éditions (qui édite la Vienne Rurale, la Vie Charentaise et Terres de Cognac), de retracer l'histoire du journal et ses évolutions, mais aussi de souligner l'ancrage local et l'implication des actionnaires et OPA de la Vienne. "Les fondations étaient solides, le modèle s'est bonifié avec le temps, l'avenir s'écrira avec ceux qui respecteront l'esprit de fondateurs". Et d'évoquer aussi l'avenir "qui va se dessiner peut-être à l'échelon régional, et sûrement en format numérique pour capter l'intérêt des nouvelles générations".
Parmi les invités, il y avait notamment Jean-Pierre Raffarin, car son papa, Jean Raffarin, faisait partie des fondateurs du journal. "La Vienne Rurale, c'est un élément important de promotion du département. C'est un monument, un peu le Notre-Dame de l'agriculture" explique l'ancien Premier Ministre, qui rappelle que le département a dans son histoire eu dans ses rangs l'élite de l'agriculture. "La Vienne Rurale, c'est un peu mon journal de chevet" a lancé Alain Pichon, président du Conseil départemental, mais aussi agriculteur (désormais à la retraite). "Mon grand-père, mon père le lisaient, comme moi. C'est important que nos territoires soient racontés par des gens qui vivent ici. Le journal reste d'actualité, 60 ans plus tard. La Vienne rurale raconte les gens d'ici".
Une implantation en ruralité également racontée par Marie-Jeanne Bellamy. "Mes grands-parents recevaient le journal, et je l'ai découvert quand j'ai commencé à lire, il y a 55 ans" se souvient la sénatrice de la Vienne. "L'ouverture au monde hors agricole que vous proposez est importante." L'élue du nord de la Vienne explique aussi lire attentivement les sujets qui évoquent les difficultés des agriculteurs, afin de pouvoir réagir. Nicolas Turquois, député et agriculteur dit avoir toujours vu le journal dans sa maison natale. "Je suis un lecteur assidu, mais je ne le lis que le lundi, après papa". Un journal "qui fait partie de la famille" et qu'il a vu évoluer. "C'est un journal local qui a du sens. Je lis en priorité des informations du territoire". Si Pascal Lecamp n'est pas issu du monde agricole, c'est par le comice de Civray qu'il a découvert à la fois l'univers agricole, mais aussi le journal. Le député explique suivre l'actualité agricole par le journal. "Dans le cadre de la loi d'urgence agricole (NDLR: dont il était le rapporteur), j'ai demandé à ce que la Vienne Rurale soit intégrée dans la revue de presse de l'assemblée nationale. Et elle y est toujours".
Pour Jean-Pierre Raffarin, la "Vienne Rurale représente une partie importante de la société, la ruralité. Le journal propose de l'actualité où l'humain est respecté. Le vivre ensemble, c'est la Vienne Rurale !"
→Fidèle lecteur, depuis 1966 !
Quand la première édition de la Vienne Rurale est sortie, Yves Gargouil était déjà installé sur la ferme familiale de Charroux, avec son papa. "Ça nous avait marqués, car ça correspondait complètement à ce qu'on attendait !". Et même s'il est à la retraite (depuis 2002), il assure être toujours "un fidèle lecteur. C'est important, pour me tenir au courant, à la fois de ce qui se passe dans l'agriculture, mais pas seulement. Le journal parle beaucoup de ce qui se passe dans le monde rural, et c'est aussi pour ça que ça continue de m'intéresser".
Aux côtés de agriculteurs depuis 60 ans
Dès 1946, au lendemain de la Seconde guerre mondiale, " La Vienne agricole " avait été créé par les syndicats agricoles. En 1966 (il y a donc 60 ans), les organisations professionnelles agricoles se réunissent ensuite pour créer " La Vienne Rurale " qui remplace de fait " La Vienne agricole " et devient un hebdomadaire distribué chaque samedi (puis le jeudi, et désormais, le vendredi) à des milliers d'agriculteurs. L'idée des fondateurs (en passant de " agricole " à " rurale ") est d'élargir l'audience du journal et d'informer l'ensemble des acteurs du monde rural, au-delà des exploitants agricoles.
Les fondateurs de La Vienne Rurale sont au nombre de 8 : Crédit agricole, Chambre d'agriculture, MSA, Groupama, GDS, FDSEA, JA, Fédération des Coopératives agricoles (présidée par Jean Raffarin).
→"Relation de Confiance"
Pierre-Yves Bouvier a été président de la chambre d'agriculture de la Vienne de 2011 à 2013. À 80 ans, il se souvient de la Vienne Rurale comme d'un "vecteur d'informations agricoles et de proximité" essentiel pour le département. "Le journal était entré dans toutes les fermes. Il faisait déjà partie du patrimoine politico-rural. Nous avions une relation de confiance avec le journal. C'était un véritable partenaire, grâce auquel on a aussi pu organiser des débats sur les sujets d'actualité agricole du moment".
La Vienne Rurale aura pour directeurs successifs : MM. Ischer, Lévezac, Blanchard (entre autres) jusqu'à l'arrivée en 1994 de Gérard Seguin, premier professionnel de la presse à prendre la direction du journal. Les responsables professionnels agricoles de premier plan se nomment alors Louis Gorry (président de la MSA et conseiller régional après avoir présidé la FDSEA 86) et Pierre Rocher, le président de la Chambre d'agriculture.
Dès 1986, La Vienne Rurale avait fait partie des fondateurs du groupe Réussir, qui allait devenir le premier groupe de presse agricole du pays avec une cinquantaine d'hebdomadaires départementaux et 7 revues spécialisées, et dont le journal est toujours actionnaire.
À partir de 1995, une organisation (type GIE) se met en place au niveau du Poitou-Charentes (1 hebdo par département), le journal se professionnalise avec les techniques modernes de mise en page et l'arrivée de journalistes. Xavier Roche-Bayard, Bruno Delion, Jean-Sébastien Thomas, Marie-Laure Laucournet, puis plus récemment Élisabeth Hersand, Guillaume de Werbier, Marine Nauleau.
En 2010, sous la houlette des présidents de Chambre d'agriculture Pierre Rocher (86) et Alain Lebret (16), Gérard Seguin et ses actionnaires créent le groupe Centre-Ouest Editions qui réunit dans une SAS les hebdomadaires La Vienne Rurale et La Vie Charentaise (hebdo), ainsi que Terres de Cognac (bimestriel) journaux du département voisin de la Charente. Le groupe emploie une douzaine de salariés et réalise 1,5 M€ de CA. Un rapprochement qui a permis de "mutualiser" certains postes (voir le détail des équipes dans la légende la photo ci-dessus). Si chaque journal dispose d'une rédaction implantée dans son département, les abonnements sont par exemple gérés à Angoulême, ou la comptabilité à Mignaloux-Beauvoir.
Au début des années 2010, en prolongement de l'idée d'ouverture des fondateurs, la CCI et la CMA entrent au capital de la SAS, et le journal s'inscrit alors dans la catégorie de la " Presse d'Information Politique et Générale ". Les agriculteurs abonnés sont aussi de plus en plus ouverts sur leur environnement, et ils y trouvent non seulement des informations techniques et économiques utiles à l'évolution de leur exploitation mais aussi tout un éventail d'informations sur la vie de leur département.
Même si son lectorat reste majoritairement composé des agriculteurs de la Vienne, la Vienne Rurale (2 500 exemplaires aujourd'hui) reste une référence de la presse écrite départementale. L'hebdomadaire demeure une valeur sûre d'une presse écrite " papier " de plus en plus challengée par les supports dématérialisés et autres réseaux sociaux, mais n'est évidemment pas absent d'internet (lire en encadré).
Véritable baromètre du monde agricole et rural, habilitée à publier les Annonces Légales, donnant chaque semaine des informations sur la vie politique, économique et sociale de la Vienne, La Vienne Rurale demeure, 60 ans après sa création, un rendez-vous incontournable de la fin de semaine pour les acteurs économiques du département.
Chaque semaine, les journalistes sillonnent les routes du département pour aller à la rencontre d'agriculteurs, de chefs d'entreprise, d'artisans, d'OPA, d'élus ou de particuliers qui ont des initiatives intéressantes, qui vivent des expériences compliquées. L'idée est évidemment d'être au plus proche de ces acteurs de la vie locale, pour y trouver des témoignages, des informations qui vont permettre aux lecteurs de mieux connaître leur territoire, de mieux y travailler et de mieux vivre et agir dans la Vienne. Le siège du journal est situé à l'Agropole (après avoir longtemps été avenue de la Libération, à Poitiers où se trouvait également le siège de la Fédération Régionale des Coopératives), ce qui permet aussi aux journalistes de côtoyer les différents organismes agricoles, au quotidien.
→Un journal "transversal"
Marie-Jo Brothier, de Linazay, a découvert la Vienne Rurale en 1983, et y est aujourd'hui encore abonnée, alors que l'heure de la retraite agricole a sonné. "J'ai beaucoup aimé le virage pris par la Vienne Rurale sur la ruralité. Cette transversalité, c'est une ouverture intéressante et importante pour le monde agricole, qui ne doit pas rester isolé sur son territoire. L'artisanat, la culture, ça m'intéresse !" L'ancienne agricultrice souligne aussi les rencontres "avec la rédaction, et l'équipe, au Comice et dans le Civraisien".
Réception 100% locale
Pour régaler les convives, ce sont évidemment uniquement des produits locaux qui ont été servis. Chiffonnade de charcuteries, fromage et légumes fournis par la Baie des Champs à Sèvres-Anxaumont; fouées de Fouées sur place, à Monts-sur-Guesnes; broyé du Poitou de Goulibeur à Potiers; glaces de la ferme de Blas'lait à Blaslay; Pomiac de la maison Gargouil à Charroux; jus de pomme des Jardins de la Frolle; vins du Domaine de la Tour Beaumont à Beaumont-Saint-Cyr; café de lupin du Gaec du Moulin de Chaume à Champagné-Saint-Hilaire. Et pour permettre aux invités de garder un souvenir de la journée, l'Atelier des détails, de Saint-Julien-l'Ars, avait installé sa caravane photobooth, qui permettait de repartir avec sa photo à la Une du journal. À noter également la présence de la nôtre imprimeur, la Nouvelle République, à Tours, qui avait rapporté les journaux du jour et quelques goodies. Merci à tous ces producteurs, qui ne sont évidemment qu'un très maigre échantillon des nombreuses productions locales, souvent détaillées dans nos colonnes !