Sécheresse : l'agriculture accuse le coup
Hervé Lapie, secrétaire général de la FNSEA, était en Charente le 12 août. Il a rencontré les responsables agricoles locaux. Le manque de fourrage et la perte de rendements dans toutes les productions dus à la sécheresse intense, accablent une agriculture en péril.
Il est à peine dix heures dans la cour de la ferme des frères Château, à Rivières. La température avoisine déjà les 30 degrés. Depuis mai, les épisodes de canicule successifs ont porté de nombreux coups à l'élevage naisseur/engraisseur de 110 vaches vêlantes. "En année normale, nous sommes autonomes à 99 %, indique Dominique Château, qui a rejoint son frère dans le Gaec en 2008. Mais cette année, nous accusons une perte de 40 % de paille. Habituellement, on en vend ; là, on va devoir en acheter ! La fertilité risque également d'être menacée, alors que l'an dernier, on a déjà été touché par la FCO, avec 15 % des vaches qui n'ont pas vêlé". L'éleveur a été obligé d'acheter 10 hectares de maïs irrigué sur pied et a dû sacrifier 20 hectares de maïs habituellement battus et vendus en grain. En céréales, "l'année est minable.