Se former pour entreprendre en agriculture paysanne
La formation " Entreprendre en agriculture paysanne " s'adresse en priorité aux personnes qui ne viennent pas du milieu agricole. Sur onze mois, elle combine immersion en ferme, journées collectives et construction d'un projet personnalisé.
Mise en place par l'Association pour le développement de l'emploi agricole et rural (Adear), la formation certifiante Entreprendre en Agriculture Paysanne est financée par la Région Nouvelle-Aquitaine. Majoritairement pratique, elle s'adresse aux personnes voulant s'installer avec un projet en agriculture paysanne. "Les Cafés Installation sont souvent la première porte d'entrée pour les porteurs de projet. Ce sont des temps courts, entre deux et quatre heures, qui permettent d'échanger sur une thématique et d'identifier les questions à approfondir ensuite dans un accompagnement", explique Amandine Cochard, animatrice de l'Adear.
Consolider son projet
L'objectif est à la fois de consolider le projet techniquement, économiquement et socialement, mais aussi de vérifier que le porteur de projet est prêt à se lancer. "Si vous hésitez encore entre plusieurs orientations très différentes, ce n'est peut-être pas le bon moment pour entrer dans cette formation. Elle représente un investissement important : onze mois, avec des stages dans une à trois fermes et une à deux productions. En revanche, si vous avez déjà testé une production, si vous savez qu'elle vous plaît et que vous voulez confirmer votre choix, la formation est pertinente" note Amandine Cochard. "La formation EAP permet de suivre une production sur un cycle complet et de voir tout ce qu'elle implique. Cela peut conforter un projet ou, au contraire, conduire à le réorienter."
Une formation certifiante qui répond aux interrogations.
L'EAP repose sur trois piliers. Le stage représente environ 70 % du temps, étalé sur 11 mois à 60, sur une à trois fermes situées dans un rayon de 50 kilomètres autour du futur territoire d'installation. "Les stagiaires sont encouragés à choisir une ferme principale, avec un tuteur, puis une ou deux fermes secondaires pour explorer une production ou un mode de commercialisation complémentaire", explique Amandine Cochard.
C'est un engagement sur un temps long qui demande d'être disponible et suivi.
"Un stage court ne montre souvent qu'une partie du métier. En maraîchage, par exemple, un stage estival permet de voir les récoltes, mais pas nécessairement la préparation des cultures, la gestion hivernale, la commercialisation ou l'organisation annuelle de la ferme. La répartition du temps se construit avec les paysans qui vous accueillent. Cela peut être, par exemple, quatre jours par semaine sur la ferme principale et une journée sur une autre ferme. Cela peut aussi prendre la forme de deux semaines intensives sur une ferme secondaire, à un moment précis du cycle de production, si cela correspond mieux au projet."
La formation collective à Saint-Maixent-l'École (79) s'étale sur 24 jours. Elle se déroule généralement sur deux jours consécutifs chaque mois. " Ces journées traitent de tout ce qui ne relève pas directement de la technique : construction du projet, étude de marché, commercialisation, choix du statut, aspects administratifs, fiscaux et juridiques. Le logement sur place est pris en charge. Même pour les personnes habitant à proximité, nous encourageons la présence, car les soirées partagées renforcent la cohésion du groupe", détaille Amandine Cochard.
Enfin, chaque stagiaire dispose de cinq heures par semaine dédiées à son projet. "Vous n'êtes pas alors sur la ferme : vous pouvez rencontrer un maire, chercher du foncier, contacter des structures, travailler sur votre dossier ou rencontrer des acteurs locaux", reprend l'animatrice.
Là encore, l'Adear appuie sur la nécessité du futur paysan de ne pas s'isoler et de travailler ses réseaux, autant pour ses débouchés que pour la solidarité entre paysans.
Pour participer à cette formation certifiante, "il faut être inscrit à France Travail, car cela conditionne le financement régional. La formation représente 35 heures par semaine pendant onze mois. Il faut aussi être véhiculé, disposer d'un ordinateur et être autonome dans l'organisation de son travail."
Les inscriptions sont ouvertes depuis le 15 octobre, pour un début des sessions de formation en janvier.
Des profils atypiques
Pendant cette session, trois porteurs de projets ont participé au Café Installation. Nicolas, ancien salarié du secteur associatif, s'intéresse au maraîchage. "Je pratique en autodidacte sur une parcelle de deux hectares mise à disposition près de chez moi." Il hésite encore entre une activité à temps partiel et une installation plus affirmée, et voit dans l'EAP un moyen de mesurer la réalité économique du métier.