Les jeunes se joignent au mouvement
Originaire des Deux-Sèvres et fille d'éleveurs de canards gras, Marie-Alice Sarrazin entend bien rejoindre dans deux ou trois ans l'exploitation familiale. C'est la raison pour laquelle cette élève du lycée agricole de Venours a participé à la mobilisation organisée par d'autres jeunes de l'établissement, jeudi 18 décembre. "Je veux défendre mes collègues qui font face à la DNC, et défendre le métier d'agriculteurs aussi". À quelques mètres d'elle, Emma Cornu a le même âge, mais n'est pas élève au lycée. "Je suis fille et sœur de salariés agricoles, et je trouve ça important de venir soutenir la profession". Le matin, ils étaient près de 150, élèves de la 3e au BTS, ainsi que plusieurs enseignants, à réaliser un barrage filtrant devant leur établissement. Et l'après-midi, une centaine d'élèves de Venours ont rejoint la DDT, à Poitiers. "Je suis né dans un tracteur" lance Mehdi Barillot quand on lui demande si la situation actuelle de l'agriculture ne le décourage pas de s'installer. Élève en BTS ACSE, c'est lui qui est à l'origine de la mobilisation. "Il faut que ça bouge !" lance le jeune homme qui dénonce à la fois la gestion de la DNC et la signature du traité du Mercosur. "C'est un métier de passion, mais les conditions de travail sont vraiment difficiles. On doit montrer qu'on est mobilisés !". Après avoir déversé plusieurs bennes devant l'administration, les jeunes, encadrés par la Coordination Rurale de la Vienne, ont rejoint le centre-ville, où une rencontre avec le Préfet était organisée. Mehdi Barillot s'y est rendu avec 3 autres élèves, ainsi que François Turpeau et Philippe Tabarin. S'il se félicite de ce rendez-vous, l'élève avoue ne pas avoir obtenu " de réponse directe, car à son échelle, le Préfet ne peut rien faire. On attend désormais des réponses".