Le Grand Off de la BD se lance avec 200 événements
Pas de FIBD à la fin du mois mais un "Grand Off" avec plus de 200 événements pour célébrer la bande dessinée.
Le Grand Off s'impose comme une nouvelle grande fête de la bande dessinée à Angoulême, pensée comme une "constellation de off" gratuite, ouverte à toutes et tous et étalée sur près de 200 événements dans plus d'une soixantaine de lieux, le dernier week-end de janvier.
Né de la volonté de "ne pas laisser tomber ce dernier week-end de janvier", le Grand Off entend "préserver l'impact économique et culturel du rendez-vous BD pour la ville et ses acteurs, malgré l'annulation de l'édition officielle", explique Émilie Athimon, coordinatrice de la webradio Zai-Zai. Anthony Dugenest, auteur et éditeur, rappelle que ce off "historique" a été élargi pour proposer une programmation beaucoup plus vaste, répartie sur plus de 150 à près de 200 initiatives, portées par plus de 70 organisateurs dans toute la ville. Autre marqueur fort, l'événement est entièrement gratuit et en accès libre pendant quatre jours, avec seulement quelques jauges nécessitant une inscription.
Le Grand Off repose sur une occupation très large de la ville : "musées, tiers-lieux, librairies, cafés, studios, lieux culturels habituels du Off mais aussi nouveaux espaces comme l'Espace Franquin, le Musée d'Angoulême ou les Studios Paradis", énumère Delphine Rieux, éditrice. Elle insiste sur l'absence de hiérarchie entre petits lieux et grands espaces : tous bénéficient de la même visibilité dans les outils de communication, avec l'idée d'une empreinte BD diffuse dans toute la ville plutôt que dans quelques pôles dominants. Parcours urbains, enquêtes, affiches alternatives et présences dans la rue doivent compléter les expositions et rencontres pour encourager la déambulation.
Grosse programmation en peu de temps
La programmation est structurée autour de la présence d'auteurs et autrices en dédicaces, tables rondes, rencontres, ateliers, visites commentées et expositions, avec plusieurs collectifs et maisons d'édition mobilisés. Un organisateur estime que plus de 500 auteurs et autrices pourraient être présents sur l'ensemble du Grand Off, dont plus de 200 rien que sur le "village éditeur" installé aux Studios Paradis sur environ 1 800 m² de stands. L'événement fait aussi la part belle au spectacle vivant à travers des concerts dessinés, des contes ou des performances et à des créations d'expositions montées en un temps record, parfois spécialement conçues pour cette édition "parenthèse". Les organisateurs du Grand Off ont également réussi à structurer une offre renforcée pour les scolaires, avec des parcours et ateliers dédiés du jeudi et du vendredi, coordonnés avec les conseillers pédagogiques de l'Éducation nationale. Une organisatrice évoque par exemple 29 actions pour les écoles autour d'une maison d'édition, des journées complètes d'ateliers en classe entière ou demi-classe, des visites d'expositions et des temps forts dans des lieux comme la Cité, le Vaisseau Moebius, l'Espace Franquin, le Pavillon Unesco, des MJC ou cafés associatifs.
Une charte à respecter
Le Grand Off se dote d'une charte fondatrice, que tout organisateur utilisant le logo doit avoir signée, avec des valeurs affichées autour de la rémunération des auteurs, de l'inclusivité et d'un fonctionnement plus horizontal du festival. L'identité graphique générique, confiée notamment à l'autrice Julie Gore et au Studio Bureau, se décline en une galerie de personnages (auteurs, lectrices et lecteurs, figures animales) destinée à apparaître sur les supports du Grand Off et sur les affiches alternatives créées par les participants. Le site Internet détaille le programme heure par heure, avec des filtres par catégories, des infos pratiques. Des comptes Facebook et Instagram viennent compléter la communication et à la mise à jour permanente du programme. Cette logique prolonge l'esprit de la charte, avec un off pensé "à l'envers" d'autres organisations, où chaque projet est placé au même niveau de valorisation, loin de toute notion d'élite ou de "temps forts" officiels. Le budget annoncé tourne autour d'environ 1 à 1,25 million d'euros pour la programmation. Sur ce total, la plus grosse part provient des financements publics (État, Région, Département, GrandAngoulême, Ville d'Angoulême). Les organisateurs du Grand Off précisent que la municipalité, n'est jamais intervenue dans la programmation ni dans la communication de l'événement.