La CR86 lève (provisoirement ?) le camp
Après 4 jours d'occupation et de blocage de Poitiers sud et Châtellerault Nord, mais aussi d'autres actions dans la Vienne, et surtout une nuit très tendue avec les forces de l'ordre, la Coordination Rurale de la Vienne a interrompu ses actions vendredi dernier.
Pour François Turpeau, la mobilisation de la CR86 de la semaine dernière était "historique" à la fois dans la durée mais aussi en raison du nombre d'agriculteurs qui se sont mobilisés. "On a eu 200 personnes à Poitiers sud le mardi soir, 150 le mercredi soir et près de 250 le mercredi soir" se félicite le président de la Coordination Rurale de la Vienne. Ce dernier soir, après une action avec les jeunes du lycée de Venours à la DDT (lire ci-dessous), puis à la Préfecture, les agriculteurs ont dans la nuit rejoint Poitiers Nord et Chasseneuil-du-Poitou, pour bloquer l'accès à l'autoroute. "Un peu après minuit, la centaine d'agriculteurs a été gazée, encerclée et menacée par un véhicule blindé de type "Centaure". Cette provocation a poussé nos collègues à bout" raconte François Turpeau.
De son côté, le Préfet explique qu'un engin a "délibérément dégradé deux véhicules de l'escadron avec présence à bord des militaires de la gendarmerie". Serge Boulanger a déposé une plainte pour violences volontaires envers des personnes dépositaires de l'autorité publique. Et d'ajouter que s'il "comprend la colère du monde agricole", il ne peut "accepter les actes de violence et de dégradation".
Face à la fatigue de ses troupes mobilisées depuis plusieurs jours, mais aussi à la pression qui montait, la Coordination Rurale de la Vienne a décidé dès le vendredi matin d'interrompre son action. "On a préféré arrêter avant qu'il n'y ait des blessés". Et surtout faire une pause. "Mais les problèmes restent entiers, et on n'exclut pas d'autres actions" prévient l'agriculteur. Durant le week-end, plusieurs bâchages de radar ont d'ailleurs eu lieu, ainsi que le dépôt des messages sur des banderoles, notamment à proximité de permanences de députés. "La situation reste compliquée pour les agriculteurs. Économiquement, la situation n'est absolument pas réglée, et le sujet économique reste important dans la Vienne". Sur la DNC, l'agriculteur redit son opposition à l'abattage total et se dit inquiet de l'arrivée du printemps, pendant lequel le nombre de mouches (qui diffusent le virus) devrait augmenter.