Île-de-France : la passion de la sélection
La Ferme s'invite accueille cette année le Concours national de la race ovine Île-de-France. Organisée tous les deux ans, c'est le rendez-vous incontournable de la génétique de la race. " Le concours va rassembler une quinzaine d'éleveurs et environ 175 animaux", détaille Philippe Berger (que l'on retrouve à la Une de ce supplément), éleveur lui-même d'île de France à Nieuil-l'Espoir, et en charge du pôle ovin de la Ferme s'invite avec Vincent Bossis. Les producteurs viendront du Puy-de-Dôme, de l'Allier, de l'Oise, de Côte-d'Or, de l'Aisne, de l'Ain, de Charente-Maritime, et de la Vienne. La compétition verra passer sur le ring des sections femelles, jeunes mâles, et béliers adultes. Le jugement sera effectué par Iskender Daban Nesat, président de l'OS de la race en Turquie, aux côtés d'un éleveur français. Considérée comme la première race bouchère, en race lourde, l'Île-de-France présente plusieurs qualités, liste Philippe Berger, comme le dessaisonnement naturel, sa forte prolificité et ses bonnes aptitudes maternelles. Les débouchés de la génétique Île-de-France sont présents à plusieurs niveaux : très demandés, les béliers Île-de-France sont particulièrement recherchés dans des régions du sud de la France pour pratiquer des croisements sur les brebis de montagne, comme les Mérinos d'Arles, explique Philippe Berger. "Ce croisement apporte du gabarit et une excellente conformation aux agneaux". Sauf contraintes sanitaires liées aux épizooties comme ces dernières années la FCO, la MHE, l'éleveur assure que le marché mondial est très demandeur d'animaux vivants (béliers et agnelles), comme de paillettes de semence. Les échanges se font notamment en direction de la Turquie, la Bulgarie, la Hongrie, le Pakistan et des pays d'Afrique. Philippe Berger connaît bien ces marchés. Cet éleveur sélectionneur passionné travaille pour obtenir des reproducteurs (et des agnelles) à partir des meilleurs sujets du troupeau, permettant d'alimenter la station d'évaluation, tout en participant au schéma génétique de la race. Fidèle aux standards morphologiques de la race, l'agriculteur porte une attention particulière au phénotype des animaux (laine sur le chanfrein et la crinière, élimination des plis excessifs dans le cou pour faciliter la tonte...). L'alimentation, pour les brebis conduites en bergerie, est aussi surveillée de près. Elle est composée de fourrages de haute qualité récoltés précocement (enrubannage de graminées et trèfle incarnat), "et pour combler des périodes déficitaires comme cette année, de l'ensilage de maïs, et pour complémenter, un mélange céréalier orge, blé, maïs, avec minéraux".