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Agrocampus de Saintonge
Des graines pour l'espace

À Saintes, le lycée agricole du Petit Chadignac est l'un des quatre établissements français multipliant des graines pour l'expérience ChlorISS qui sera menée au printemps par l'astronaute Sophie Adenot et des jeunes de tout le pays.

En filière horticole, on a généralement les pieds sur terre, voire dans la terre. Pourtant, c'est bien vers les étoiles que se tourne le travail mené depuis quelques semaines au sein du lycée du Petit Chadignac. L'établissement saintais joue un rôle-clé dans le projet « ChlorISS », initiative pédagogique portée par le CNES (Centre national d'études spatiales), Sorbonne Université et les ministère de l'Éducation, de la Recherche et de l'Agriculture : il est l'un des quatre lycées agricoles retenus pour effectuer la multiplication de semences d'arabette des dames (voir ci-dessous) qui seront livrées à 4500 établissements scolaires de France... et à l'astronaute Sophie Adenot dont le départ en direction de la Station spatiale internationale (ISS) a eu lieu vendredi 13 février au matin. 

Le projet s'inspire de précédents menés lors des voyages de Thomas Pesquet, où des expériences simultanées étaient menées sur Terre et dans l'ISS afin d'observer les effets de la gravité et de la lumière sur des organismes. 

Outre l'arabette des dames, une autre brassicacée, le mizuna, sera observée ; la germination et la croissance des deux plantes seront mesurées avec attention. Les élèves du Petit Chadignac ne participeront pas à cette phase du projet, qui se déroulera à la fin du printemps ; leur travail se situe en amont et a débuté dès la fin 2025, lorsque le lycée a reçu les premières graines.

Préparation, tuteurage et récolte

Si le projet est suivi par beaucoup de jeunes de l'établissement, c'est à la classe de 1ère Production horticole que sont revenues les étapes cruciales à réaliser, à commencer par la préparation des 400 pots. « La plante a des racines trop fragiles pour du gros terreau », explique Lorenzo. Il a donc fallu préparer un lit de semences sur du terreau passé par un tamis de 0,5 mm, au-dessus d'une couche à 2,5 mm. « Au début de l'expérience, le terreau était trop humide », complète Tom. « Il n'arrivait pas à passer dans le tamis, et nous avons dû attendre quelques semaines. » « Nous avons ensuite mis 6 graines par pot pour être sûrs d'en avoir assez », ajoute Amélie.

Après la germination et le début du développement, « nous avons fait de l'éclaircissage, puis de la division. Nous avons pu avoir deux ou trois plants par pot. »

Il a fallu ensuite assurer le développement de la plante dans de bonnes conditions. Lucas s'est ainsi essayé au tuteurage de l'arabette des dames, une opération délicate en raison de la fragilité de ce matériel végétal. « J'ai pris des tuteurs en bois et mis des agrafes, puis utilisé des fils de laine pour éviter que la plante ne casse sous le poids de ses siliques. » Une fois parvenus à maturité, ceux-ci doivent être récoltés en perdant le moins de graines possible : chaque silique (l'objectif est que la plante en contienne une vingtaine) contient 30 à 50 graines. L'opération demande donc une précision chirurgicale. « Nous avons repéré les siliques bien jaunes, nous les avons coupées avec des ciseaux et prises avec une pince à épiler », détaille Esteban. Avant les vacances de février, des sacs à pain ont été placés sur les plantes « pour récupérer les siliques et qu'on en perde le moins possible », indique Prune. Chaque graine est précieuse : les lycéens doivent en livrer 300 000, qui seront ensuite dispatchées à partir du mois de mars dans les établissements scolaires. Celles destinées à Sophie Adenot lui seront livrées par cargo spatial en avril, avec le matériel spécifique qui lui permettra de mener l'expérience en apesanteur.

Donner une meilleure image de l'horticulture

C'est donc à un véritable travail de pépiniéristes que se sont livrés les élèves du lycée. « C'est un processus comprenant beaucoup d'expérimentations », souligne Alice Garcia, enseignante en production horticole qui encadre les jeunes avec ses collègues Quentin Havet et Christophe Pinson. Les tâches réalisées permettent également d'effectuer des exercices pratiques, par exemple en étudiant au microscope les graines pour les comparer à celles d'autres espèces. « Ces matériels, ils les utilisent en temps normal pour leurs observations de la faune et de la flore », pointe Laurence Guerry, technicienne de laboratoire du Petit Chadignac qui suit le projet ChlorISS au quotidien. « Au niveau biologie, nous sommes bien équipés ! »

Un atout que souhaite mettre en avant Jean-Pierre Rabeyrin, proviseur du lycée depuis l'automne dernier.

« Ce projet est complètement en phase avec notre filière horticole. Nous espérons qu'il contribuera à donner une meilleure image de la formation et de l'activité professionnelle liés à l'horticulture, et suscitera des vocations pour nos filières professionnelles et scientifiques. »

Les travaux menés pour ChlorISS seront d'ailleurs mis en avant parmi d'autres lors de la « Graine Party », une « semaine de la graine » organisée par les élèves du lycée dans le cadre de leur enseignement socio-éducatif, en amont des portes ouvertes du 14 mars. « Nous aurons un stand 'graines de l'espace' pour expliquer le projet », promet Loanne. De quoi mettre des étoiles plein les yeux des futurs élèves.

 

Pour en savoir plus : https://cnes.fr/education/chloriss

 

L'arabette des dames, support d'expérimentation végétal

Avec ses fines tiges vertes et ses très petites fleurs blanches, l'arabette des dames (Arabidopsis thaliana) est une plante plutôt discrète. Ses fines siliques, d'à peine plus d'un centimètre, la rattachent au genre des brassicacées, comme ses cousines choux ou colzas. Rien de très impressionnant à première vue, et pourtant : " c'est une plante étudiée depuis longtemps par les scientifiques ", explique Laurence Guerry. " Elle a un petit génome qui est bien connu, et un cycle rapide, de 6 à 8 semaines de graine à graine. " Ses conditions optimales de croissance (température de 22 °C, 16 h d'éclairage quotidien) sont faciles à recréer au sein de l'établissement, et ses graines, très petites - on peut en faire tenir 4 dans 1 mm2 ! - sont aisément stockables. En somme, l'arabette des dames est un sujet idéal pour les expériences scientifiques.

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