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Aviculture
Des économies grâce à l’air extrait

A l’occasion de la construction de son 3e poulailler, Fabrice Baraton a opté pour un nouveau dispositif de récupération de chaleur : l’Earny de chez Big Dutchman qui doit lui permettre d’économiser 50% sur sa facture de chauffage. Une première en France.

Le coût de l’échangeur s’élève à 40 000 € HT. Il est éligible aux subventions accordées dans le cadre du PPE. L’investissement global du poulailler s’élève à 180€ HT/m² échangeur compris.
Le coût de l’échangeur s’élève à 40 000 € HT. Il est éligible aux subventions accordées dans le cadre du PPE. L’investissement global du poulailler s’élève à 180€ HT/m² échangeur compris.
© G. K.
L’aviculture n’est pas une inconnue à La Chevaucherie située à La Chapelle-Baton. Claude, le père de Fabrice, s’est installé en 1965 avec un poulailler de 500 m² qui accueillait 5000 poulets par bande. Ce bâtiment était chauffé avec des éleveuses fonctionnant au fuel qui coûtait 0,12 F le litre à l’époque. « Ce n’était pas cher et on n’hésitait pas à chauffer », se remémore Claude. En 1991, Fabrice rejoint son père sur l’exploitation en construisant un poulailler de 1200 m² de type Louisiane, un poulailler clair préconisé par son intégrateur, le groupe Doux, de Chantonnay (85). Un deuxième, identique, suivra en 1996. En 2010 se pose alors la question du renouvellement des 500 m² qui, après quarante-cinq ans de bons et loyaux services, ne répond plus aux normes actuelles de production . C’est à l’occasion d’un voyage en Allemagne en février 2010, organisé par le groupe Doux, que Fabrice Baraton découvre un nouveau concept de poulailler. Les Allemands, qui développent leur filière avicole, préconisent des poulaillers de grande superficie  (de 2000 à 2500 m²) avec des largeurs de 20 à 25 m et un sol bétonné. La ventilation est de type longitudinale avec des entrées d’air sur chaque long pan et une extraction sur un pignon. Certains poulaillers sont également équipés d’un récupérateur de chaleur, l’Earny de chez Big Dutchman qui permet, en recyclant l’air vicié, d’économiser jusqu’à 50% de chauffage selon le constructeur. Séduit, Fabrice Baraton a retenu le principe pour son nouveau poulailler. Cela donne au final un poulailler, coque Dugue,  de 1500 m² en de 15 m de large avec un sol en béton fibré et isolé. La ventilation longitudinale comprend 11 extracteurs (8 de 40 000 m3/h, 2 de 20 000 m3/h et 1 de 8 000 m3/h). Le chauffage  se fait par deux canons progressifs Konstel de chez Systel  complété par l’échangeur de chaleur Earny. Ce dernier se présente sous la forme d’un caisson de 5,75 m de long sur 2,30 m de large pour une hauteur de 2,40 m qui est placé  à l’extérieur sur une dalle bétonnée à mi-longueur du poulailler. Ce caisson est divisé en trois compartiments. Un qui reçoit l’air vicié extrait du poulailler dans lequel il est filtré pour le débarrasser de toutes ses impuretés. Les huit filtres sont nettoyés automatiquement par de l’air comprimé produit par un compresseur installé dans le compartiment central. Ce dispositif évite à l’éleveur d’avoir à nettoyer régulièrement les filtres pour éviter leur encrassement. Il n’intervient ainsi qu’en fin de bande en les passant au laveur haute pression. L’air propre arrive ensuite dans le 3e compartiment où il passe à travers les grilles d’un échangeur en aluminium cannelé. C’est là que se produit la récupération des calories de l’air extrait qui viennent se mélanger avec l’air frais entrant qui se trouve ainsi préchauffé. Celui-ci est ensuite  diffusé dans le poulailler par une gaine orientée parallèlement à la paroi afin de créer une diffusion la plus homogène possible dans le bâtiment. Le débit d’air  disponible est de 25 000 m3/h, ce qui permet d’assurer la ventilation du poulailler uniquement par l’échangeur pendant les quinze premiers jours d’élevage soit durant  près de la moitié de la bande en poulet export. L’échangeur dispose de son propre boîtier de régulation qui fonctionne indépendamment du boîtier du poulailler. Pour l’entretien  lors du vide sanitaire, il suffit de laver l’ensemble au laveur haute pression afin d’évacuer notamment les poussières qui se sont accumulées au niveau du compartiment de filtration. 

Une meilleure ambiance
Outre l’économie de  chauffage escomptée il faut également signaler l’amélioration de l’ambiance dans le bâtiment qui est liée à l’abaissement de l’hygrométrie. La litière se tient mieux à la condition toutefois d’en mettre très peu (0,5kg /m² serait suffisant au lieu de 5 kg/m² normalement). Le sol du poulailler étant bétonné, une couche importante de paille favoriserait la formation d’une zone humide au niveau du béton. Au contraire, avec peu de paille, les poulets grattent plus facilement la litière facilitant ainsi son aération. Des habitudes à changer donc, Fabrice Baraton se posant toutefois la question de savoir comment faire pour ne mettre que 750 kg de paille dans 1500 m².Le poulailler de Fabrice est certes le premier équipé de ce type d’échangeur en France  mais il a fait ses preuves en Allemagne, aux Pays-Bas ainsi qu’en Angleterre. Les relevés de consommation de gaz réalisés dans ces trois pays confirment les économies de 50 % en période hivernale annoncées par Big Dutchman. Le nouveau poulailler disposant d’une cuve de gaz spécifique, il sera aisé de faire des mesures ainsi que des comparaisons avec les deux autres poulaillers du site. Rendez-vous est pris au printemps prochain pour établir un premier bilan.
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