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Ces cafés associatifs qui remettent la convivialité au coeur des villages

Dans certaines petites communes, les commerces ont tous baissé le rideau. Souvent, c'est le bar qui a fermé le dernier. Sous le statut associatif, une poignée d'habitants ont décidé d'ouvrir des lieux où les habitants peuvent se retrouver. Exemple à Saint-Léomer avec l'initiative d'habitants, et à Arçay, celle d'une famille.

À Saint-Léomer, c'est Daniel Gauthier, le président du comité des fêtes qui ouvre les portes du bar associatif. Au départ, c'était un local de dépôt du matériel municipal. Et lorsque la boulangerie (le dernier commerce) ferme, il y a un an et demi, le comité des fêtes veut en faire un lieu d'animations. Et de dépôt de pains en premier lieu. " La boulangerie Guénot de Montmorillon nous livre les mardis et samedis, du pain mais aussi des pains au chocolat et des croissants. C'est sur commande. Nous en avons une cinquantaine pour une commune de moins de 180 habitants. De toute façon, sinon, il faut aller à La Trimouille ou Montmorillon. Et puis ce sont des moments où les habitants ne viennent pas chercher que du pain. Ils se rencontrent, ils discutent. C'est le cœur du village pendant quelques heures. Il n'y a plus ce genre d'endroit ici maintenant. Alors qu'il y a des années, il y avait même deux bars " détaille Daniel Gauthier pour expliquer la demande forte de la population. La municipalité l'avait bien compris et a d'ailleurs investi près de 80 000 € dans les travaux du local.

Manque de bénévoles

À partir du printemps et pendant tout l'été, le bar est ouvert les vendredis et samedis à partir de 16h. Un food-truck débarque même avec ses burgers, le samedi. Il suffit de quelques tables et chaises pour animer le cœur de ce petit bourg du Montmorillonnais. Et ce bar associatif c'est aussi le cœur d'évènements organisés par le comité des fêtes : une soirée Beaujolais "où on a dû aller dans la salle des fêtes parce qu'on était très nombreux" se souvient Daniel Gauthier. Mais aussi la marche, en avril ou encore la fête du village, le dernier dimanche de juillet. Sans oublier la fête du camp militaire, le dernier dimanche d'août. Seul hic, et pas des moindres, pour faire vivre les lieux, il faut des bénévoles. "Nous manquons de volontaires. Rien que pour le dépôt de pain, il faut trois personnes. Mais ça devient de plus en plus compliqué alors qu'on est sûrs que quand ce service disparaîtra, cela va manquer à beaucoup d'habitants" souligne Daniel Gauthier, d'ailleurs sur le départ de la présidence du comité des fêtes.

Saveurs thaïlandaises à Arcay

Plus au nord, à côté de Loudun, la commune d'Arçay (355 habitants) n'a pas beaucoup plus de commerces. "Il y a quelques années, il y avait un tabac, une station-service, une épicerie et même une boîte de nuit" sourit Vimala Marsault, installée avec son mari et ses trois enfants dans l'ancien bar du village, juste devant le chemin de fer où plus aucun train ne passe. Deux des trois enfants ont quitté le nid familial et Héléna suit des études de graphiste. Avec sa fille et son mari Stéphane, Vimala fait donc revivre le bar, sous la forme associative. " Ce statut nous engage moins financièrement. Il nous évite de devoir acheter une licence et nous avions de toute façon la volonté de plutôt créer un lieu de vie et de convivialité " explique Héléna Marsault. C'est un peu le rêve de la mère de famille. "J'avais envie d'avoir un commerce pour rencontrer des gens, créer des liens. Et j'adore faire la cuisine " explique Vamila Marsault, qui, une fois par mois organise avec son mari et sa fille, et ses autres enfants s'ils sont de passage, un évènement. Ce samedi 30 mars, c'est soirée "années 80" avec des planches apéritives à déguster sur place. Tous les habitants d'Arçay et des alentours sont les bienvenues. Mais il faut être adhérent, à raison de 5 € pour une semaine, 15 € pour 3 mois ou 25 € l'année, par foyer. L'association en compte une soixantaine, qui reçoivent, chaque mois une newsletter sur les évènements passés et à venir. Depuis le début de l'année, il y a eu le tournoi de belote et le dîner de la Saint-Valentin. Et après la soirée de samedi, le dîner de la fête de l'eau est prévu début mai puis la fête des voisins et de la musique (celle de 2023 avait réuni 150 personnes) et il y aura même une soirée spéciale pour l'ouverture des Jeux Olympiques. Mais ce que Vamila Marsault aime par-dessus tout, c'est de faire découvrir la cuisine et les traditions de son pays d'origine : la Thaïlande. " Chez nous, les habitants vivent beaucoup dehors. Tout le monde se connaît dans les villages. Ici, il y a plus de méfiance et c'est parfois un peu tristounet. Le bar c'est pour créer l'ambiance conviviale que nous avons en Thaïlande " souligne celle qui se plaît à organiser, une fois par an, autour de novembre, le dîner Loi Krathong, du nom d'une fête locale. Elle prépare alors un buffet de mets thaïlandais. Et toutes les semaines, elle propose des plats traiteurs, à réserver 24 heures à l'avance, pour les vendredis et samedi, midi et soir. Les initiatives de la famille Marsault ne s'arrêtent pas au café. Une bibliothèque associative vient de naître dans les locaux de l'ancienne école et réunit une petite dizaine de bénévoles. En projet : une épicerie solidaire qui n'oubliera pas les producteurs locaux.

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