500 sessions de formation suspendues en région
La semaine dernière, la Région avait réuni les organismes de formation et acteur de l'emploi et de la formation professionnelle, à Poitiers. Objectif : trouver des solutions pour s'adapter à la disparition de 58 millions d'euros prévus par l'État dans son pacte régional d'investissement dans les compétences.
Parmi les compétences obligatoires des Régions, il y a notamment la formation professionnelle. C'est dans ce cadre qu'un pacte régional d'investissement dans les compétences (PRIC) avait été signé en 2024, et qui prévoyait les engagements financiers de la Région et de l'État jusqu'en 2027. La Région s'était engagée à financer 142 millions d'euros chaque année. L'État, de son côté, devait financer 80 millions d'euros en 2024 et 2025 ; puis 65 millions d'euros en 2026 et 58 millions d'euros en 2027. Sauf que ce n'est pas ce qui s'est passé. En 2026, au lieu des 65 millions d'euros, l'État finance finalement que 44 millions d'euros. "Et le 22 juillet, nous avons appris qu'en 2027, l'enveloppe disparaissait complètement" regrette Karine Desroses, vice-présidente de la Région, en charge de la formation professionnelle et de l'apprentissage. Un coup de massue que l'élue regrette d'autant plus que les chiffres du chômage progressent actuellement. Dès cette annonce, la Région a donc décidé de geler 500 sessions de formations, ce qui représente autour de 5 000 stagiaires. "On va devoir faire des choix" regrette l'élue, qui explique que ce sont les formations qui concernent des métiers en tension qui vont être conservées. "Notre priorité va être l'employabilité, tout de suite". Si l'agriculture et la défense font partie de ces filières, le BTP, le transport ou le sport pourraient le plus pâtir de la situation. "Nous travaillons évidemment avec France Travail, qui pourrait reprendre des sessions, et nous essayons de privilégier les formations qui n'ont pas d'équivalent dans les CFA". Pour se concerter avec les têtes de réseau (chambres consulaires, MFR ou Greta), plusieurs réunions se sont tenues à Poitiers, Limoges et Bordeaux.
La situation pourrait aussi fragiliser financièrement ces structures, qui vont voir leur activité baisser. "On savait faire avant le Pric, on va donc essayer de trouver une autre façon de fonctionner" lance, optimiste, Karine Desroses.