MSA Poitou : la crise agricole et les femmes en débat
Dans le contexte de crise agricole importante débutée dès l'année dernière, l'AG de la MSA Poitou a évidemment permis de se pencher sur les difficultés qui en découlent. Mais aussi sur la santé au féminin dans le monde agricole.
Dans le contexte de crise agricole importante débutée dès l'année dernière, l'AG de la MSA Poitou a évidemment permis de se pencher sur les difficultés qui en découlent. Mais aussi sur la santé au féminin dans le monde agricole.
Alors qu'en 2025 la MSA, au niveau national, a constaté 650 signalements du réseau Sentinelles par mois, elle est aussi bien consciente que la situation ne s'est pas améliorée ces derniers mois. "2026 apporte des tempêtes, des épisodes de pluie, un conflit au Moyen Orient, la tuberculose bovine.... Tout ceci nourrit une colère que la MSA comprend" expliquait Francis Serpaud, premier vice-président de la CCMSA, lors de l'assemblée générale de la MSA Poitou, qui se tenait le jeudi 30 avril au lycée agricole de Venours. "Cette colère est légitime, mais la MSA n'est pas la cause des difficultés. Au contraire, elle peut être un amortisseur". Une remarque qui fait écho aux propos de Jean-Marie Gautier, président de la MSA Poitou qui, dans son rapport moral, évoquait les manifestations durant lesquelles la structure a été prise pour cible. "Des mouvements de colère ont surgi partout et nos deux départements n'ont pas été épargnés". L'agriculteur des Deux-Sèvres se satisfait en revanche des discussions qui ont suivi et qui ont permis d'expliquer les cotisations mais aussi présenter les droits des ressortissants. "Si notre régime social est chahuté, c'est probablement plus par méconnaissance que par dogmatisme. Nous devons donc redonner de la visibilité à notre régime social : dans nos écoles, au sein des entreprises, dans les réunions d'agriculteurs". Dans ce contexte, la MSA doit donc jouer les équilibristes : chercher des économies à réaliser, tout en maintenant une offre de services et de proximité. L'annonce lors de l'AG de l'éventuelle fermeture de l'agence de Savigné a donc suscité des réactions. "Pour moi, un immeuble, des bureaux vides, ce n'est pas un service" a assuré Jean-Marie Gautier. Le président de la caisse Poitou est également revenu sur la négociation de la convention d'objectif et de gestion, qui au national propose la suppression de 900 personnes. "Ce scénario présenté est tout simplement déraisonnable".
Prendre en compte les femmes
Parmi les thématiques traitées lors de l'assemblée générale, un large retour a également été fait sur une initiative portée par la MSA Poitou et Grand Châtellerault : la Maison Lisa. Ce lieu d'information et de soutien pour les aidants a ouvert en octobre dernier et a été créé dans la continuité du travail engagé depuis 2016 avec Grand Châtellerault. "L'idée était de trouver un lieu unique pour écouter, orienter et soutenir les proches aidants" explique Chantal Dehalle, élue MSA dans le collège 2 et présidente de MSA Services. "40% des aidants de personnes Alzheimer décèdent avant la personne aidée" ajoute Laure Tissot, vice-président de France Alzheimer, pour montrer l'intérêt de se pencher sur le sujet des aidants.
Et alors que 73% des proches aidants sont des femmes, l'assemblée générale s'est aussi penchée sur la santé de celles qui sont dans le monde agricole (même si elles ne représentant actuellement que 25% de ressortissants MSA non salariés et 38% de salariés). Un jeu de questions-réponses proposé sur le sujet a permis de présenter des statistiques et données médicales parfois surprenantes, et qui cassent quelques idées reçues. Comme le fait que même si les filles expriment plus facilement leurs émotions que les hommes, 28% des adolescentes présentent des symptômes dépressifs (contre 15% chez les garçons du même âge); que si les femmes vivent plus longtemps que les hommes, elles sont aussi souvent en moins bonne santé; ou que les femmes du régime agricole sont globalement en meilleure santé que celles des autres régimes, mais qu'elles sont aussi surreprésentées dans certaines pathologies, comme l'insuffisance cardiaque, le cancer de la peau, Parkinson ou le diabète; ou encore que l'infarctus féminin est moins détectable chez les femmes. "Moralité, prenons soin des femmes"! a conclu Marie-Dominique Autexier, responsable de la cellule dédiée à la prévention et aux territoires, au sein de la MSA Poitou.