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Mobilisés sur la dermatose nodulaire, mais pas seulement...

À l'appel de la Coordination rurale 16, des agriculteurs se sont mobilisés pour des actions de blocage dans plusieurs communes de Charente et particulièrement à Angoulême en plein contexte de dermatose nodulaire. L'occasion aussi de faire entendre les autres revendications.

Plus de 3 000 bovins ont été abattus depuis le mois de juin en France pour endiguer la dermatose nodulaire contagieuse (DNC). De nombreux agriculteurs contestent la stratégie gouvernementale de lutte contre cette maladie très contagieuse. "Notre revendication, c'est l'arrêt immédiat de l'abattage total des troupeaux dès qu'il y a un cas de dermatose. Le deuxième point, c'est qu'on a établi un protocole. La Coordination nationale a proposé un protocole raisonnable, c'est-à-dire vacciner, dans les plus brefs délais, l'ensemble des cheptels bovins en France. Il y a à peu près 15 millions d'animaux. On part de la zone initialement infectée et, progressivement, on vaccine tous les animaux dans un délai très rapide. Aujourd'hui, la ministre a dit : On va vacciner, on a vacciné un million d'animaux. C'est bien, un million, mais il en reste 14 millions. Et elle ne nous a toujours pas donné la perspective d'arrêter de supprimer l'ensemble des élevages dès qu'il y a un seul animal malade", a détaillé le président de la CR16, Frank Olivier, ce lundi.

Dans les rangs des manifestants, tous ne sont pas syndiqués à la Coordination. On trouve aussi bien des paysans de la Confédération paysanne que des sympathisants. Et même parmi les agriculteurs présents, il n'y a pas que des éleveurs. "S'il y a tant de monde aujourd'hui, c'est que toute l'agriculture sent bien qu'elle est en train de mourir." Il assure qu'"en France, pour la première fois, on n'a plus d'exportations rémunératrices et le chiffre d'affaires de la Ferme France a chuté de 50 %", une situation qu'il juge " inacceptable."

La manifestation s'est poursuivie à la tombée de la nuit. À 20 heures, les tracteurs étaient stationnés près du rond-point de Girac. Pas de bouchon, mais les agriculteurs filtrent le passage des voitures. Ils ont ensuite investi la N10 en déversant des pneus à partir de 20 h 30. Les forces de l'ordre ont sécurisé le trafic en aménageant une déviation à hauteur de Saint-Yrieix.

C'était surtout l'occasion de mettre en avant les autres dossiers qui touche l'agriculture française. Frank Olivier dénonce la disparition de nombreux outils de production : "On perd des molécules, on ne peut plus produire certaines cultures en France puisqu'on nous retire des molécules sans arrêt." Et d'en profiter pour mettre un coup de canif aux écologistes, "on a une écologie punitive aujourd'hui. On va trop vite et trop loin. On ne peut plus stocker de l'eau alors qu'on va au-devant de sécheresses".

PAC, Mercosur et faillites

Le syndicaliste revient aussi sur l'évolution de la PAC, qui devait " soi-disant soutenir l'agriculture via des aides compensatrices lorsque les prix passaient sous le prix de revient. Depuis 1992, jamais les aides PAC n'ont été augmentées avec l'inflation. On a perdu la moitié des volumes et demain, on nous annonce qu'on va encore perdre 25 % des aides PAC. C'est inadmissible ", proteste-t-il.

Il fustige enfin les accords commerciaux internationaux : "Les accords du Mercosur vont nous amener des produits qu'on ne veut pas voir en France, produits avec des molécules qu'on a supprimées il y a 40 ans." En Charente, prévient-il, "les collègues qui annoncent avoir perdu 50 000 à 150 000 euros, c'est tous les jours." Et de craindre une hausse brutale des faillites et des arrêts d'activité, avant de conclure : "Si on ne sauve pas l'agriculture, un pays qui n'a plus d'agriculture est un pays mort."

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