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Il largue des trichogrammes par drone

Informaticien et pilote d'aéronef, Olivier Courandière a créé l'entreprise "Drone Performances". Basé à Vouillé, il propose de très nombreuses prestations aux particuliers, entreprises, mais aussi aux agriculteurs. 

Il fait 1m50 d'envergure, pèse 13 kg et peut en transporter 5 de plus. Le drone d'Olivier Courandière est bien loin des engins utilisés pour le loisir. Cet habitant de Vouillé a d'ailleurs dû suivre une formation spécifique pour pouvoir le piloter. Les premières prestations qu'il a proposées lorsqu'il a créé son entreprise (Drone Performances ) sont le nettoyage de toitures, de bardages, de panneaux photovoltaïques, ou de prises de vues aériennes. "Le drone devient un porte-outil. Pour le démoussage, le produit reste au sol, et j'installe une rampe de pulvérisation, à laquelle le drone est relié avec un tuyau". Le professionnel a récemment épandu de la peinture à la chaux sur des serres agricoles dans le département, afin de les blanchir. Et l'agriculture, justement, est un sujet sur lequel Olivier Courandière se penche très sérieusement. "Je propose de larguer des trichogrammes par drone". Si dans la Vienne, ces micro-hyménoptères dont les femelles pondent dans les œufs de pyrale, qui font parfois des ravages dans le maïs, sont souvent appliqués à la main, dans certains secteurs, comme dans la Drome, le largage par drone est bien plus fréquent.

Faciliter d'application

"Les trichogrammes sont dans des billes en cellulose ou en amidon. Chaque bille contient 7 générations, afin de permettre un déploiement progressif." Installées dans un réservoir sous le drone, ces billes sont larguées par le drone (qui fonctionne en automatique, après avoir programmé la parcelle et les éventuels obstacles) avec la densité souhaitée par l'agriculteur. Pour l'agriculteur, la seule chose à faire, c'est d'acheter les trichogrammes.  "Il faut 7 minutes pour couvrir 2 hectares" détaille le professionnel. Niveau timing, c'est dès les premiers vols de pyrale qu'il faut intervenir. "L'efficacité est généralement satisfaisante. Celle-ci peut être réduite lorsque la parcelle est fortement enherbée, si les conditions climatiques sont fortement variables, si la dose de trichogrammes est trop faible ou si la pression de pyrale est particulière élevée" détaille Arvalis. Après le largage, le professionnel peut éditer un rapport qui indique le nombre de billes larguées, mais aussi s'il y a des "trous". À noter que ce largage peut aussi être utilisé pour la vigne ou le buis, et d'autres solutions de biocontrôle. "En fait, on peut larguer tout ce qui est solide. L'avantage, c'est la rapidité, éviter le tassement de sols, et surtout, pas de temps d'intervention pour l'agriculteur". Olivier Courandière réfléchit aussi à développer une prestation de détection des adventices, grâce à des photos prises par le drone. "Je ne peux pas encore le faire, car cela nécessite du matériel que je n'ai pas. Mais je travaille sur le sujet, et je me suis rapproché des Cuma". 

Enfin, autre intervention étonnante: le pilote de drone propose également de détruire les nids de frelon asiatique, grâce à un lanceur de billes (semblables à celles utilisées pour le paint ball). Le recours à un drone permet évidemment une intervention en toute sécurité. Des interventions qu'il réalise dans la Vienne, mais aussi les départements limitrophes. 

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