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Asalée veut continuer d'exister

Comme dans toute la France, des médecins et infirmiers de la Vienne manifestaient récemment pour affirmer leur soutien à l'association Asalée alors que son devenir était examiné par le tribunal des activités économiques.

Infirmiers et infirmières de l'association Asalées manifestaient le fin mars devant la préfecture de Poitiers et rejoints par des patients et des médecins adhérents.
Infirmiers et infirmières de l'association Asalées manifestaient le fin mars devant la préfecture de Poitiers et rejoints par des patients et des médecins adhérents.
© Marine Nauleau

Asalée pour Action de santé libérale en équipe. L'association a été créée en 2004 sous l'impulsion d'un médecin généraliste qui croyait dans la collaboration avec les infirmiers. C'était alors dans le cadre du suivi d'un patient diabétique. "L'éducation thérapeutique mise en œuvre a clairement porté ses fruits et l'association Asalée compte aujourd'hui en France plus de 2000 infirmiers et 9000 médecins " explique Cécile Chauvet, infirmière Asalée à Valdivienne et Neuville-de-Poitou. Elle met en avant le travail de proximité et de transversalité qu'elle opère auprès du patient et avec le médecin. "Nous avons le temps d'accompagner le patient au-delà de la pathologie. Cela passe par l'alimentation, l'activité physique, parfois le sevrage tabagique. C'est un ensemble et nous sommes aussi des relais sur le territoire". Une proximité et un temps d'accompagnement plus grands qui permettent aux infirmiers Asalée d'initier parfois des actions à l'instar d'un atelier gym pour des malades de Parkinson. Des patients étaient d'ailleurs présents lors de la manifestation à Poitiers, fin mars. Isabelle est venue de Lavoux. "J'étais en burn-out et mon médecin m'a parlé du dispositif Asalée. L'infirmière m'a apporté écoute et conseil dans la bienveillance et c'était très complémentaire avec mon médecin. Pour moi, elle a été d'une grande aide dans la reprise de la confiance en moi". Rémi, un patient de Poitiers confirme. "L'infirmière vient selon nos besoins. C'est un grand soutient et la disparition du dispositif m'inquiète".

Des compétences reconnues

Dans la Vienne, 200 médecins et 36 infirmiers dont 3 en pratiques avancées (IPA) travaillent sous l'égide de l'association Asalée. "Nous sommes salariés de l'association. Généralement nous avons un bureau au sein du cabinet du médecin adhérent qui signe une convention avec l'association et nous avons des réunions très régulières pour parler du suivi des patients. On a des compétences et ici elles sont reconnues par les médecins. Mais on est surtout moins dans la technique du soin que dans l'accompagnement et le relationnel" retient Marie-Alix Rouillat, infirmière Asalée au sein du cabinet de Franck Giraud à Poitiers. Ce dernier n'avait d'ailleurs pas non plus manqué le rendez-vous de la manifestation devant la Préfecture de Poitiers pour signifier son soutien. " Je suis venu soutenir la qualité et la valeur ajoutée de l'association. Ensemble, on soigne un patient, pas une maladie. Et d'ailleurs, les qualités du dispositif ont toujours été validée par la Cnam qui veut désormais mettre la main sur le réseau. Ce qu'on craint c'est qu'un changement de gouvernance pourrait impliquer des objectifs, des quotas et des exigences de rentabilité. Ce qui ferait perdre tout le sens et l'intérêt de la méthode Asalée qui renforce une prise en charge ".

Le tribunal des activités économiques qui siégeait ce même jour a statué pour un redressement judiciaire pour une période de 6 mois. Un soulagement pour les infirmiers. Cette décision signifiait la poursuite des activités de l'association et le déblocage des salaires qui n'avaient pas été versés depuis fin février.

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